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Lalao : militaire, mais avant tout femme

30 juin 2004, 20:00

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Lalao Ramanitrarivo est l’une des deux premières Malgaches actuellement en formation à l’Académie militaire d’Antsirabe. Le sabre sur l’épaule, elle a participé à la parade militaire du 26 juin, jour du 44e anniversaire de l’indépendance de Madagascar.

“Le premier mois, on a perdu dix kilos. C’était la mise à l’épreuve. On a connu la faim, le froid, le manque de sommeil. On n’avait pas le droit de se servir du téléphone.” Une constatation. Sans états d’âme. Sauf pour la fierté de savoir qu’elle ouvre la voie.

Lalao Ramanitrarivo est l’une des deux premières Malgaches en formation à l’Académie militaire d’Antsirabe, dans le Nord de l’île. Elève officier du XIVe peloton de Formation militaire des cadres spécialistes, elle était sur la piste du stade Mahamasina lors de la parade du 26 juin, jour du 44e anniversaire de l’indépendance de Madagascar.

Sept mois. Sur ses petits doigts aux ongles portant des traces de nervosité, Lalao compte les jours. Depuis décembre, c’est la discipline militaire qui règle sa vie d’ophtalmologue -profession que l’aspirant officier exerce dans le civil. Avec Norotiana Andriantseheno, elles ont répondu à l’appel de candidatures de l’armée qui, faute de personnel, a pris la décision de recruter des médecins civils. A la sortie de l’académie, le mois prochain, les deux aspirantes seront nommées lieutenant avec une ancienneté leur permettant d’accéder au grade de capitaine.

<B>Le temps de la réflexion</B>

Toute droite sur sa chaise, elle prend le temps de réfléchir avant de livrer des morceaux choisis de sa vie. La présence amicale de deux commandants dans le petit salon où elle nous reçoit y est sans doute pour quelque chose. “J’ai choisi de faire de la médecine parce que c’est ce que voulaient mes parents.”

Etait-ce bien un choix ? “Je suis la septième d’une fratrie de 10 enfants et aucun de mes aînés ne voulait suivre cette voie-là.”

La discipline, Lalao la connaît bien. “Gamine, j’étais très réservée. A 7 ans, mes parents m’ont inscrite chez les scouts. A l’âge de 9 ans, j’allais camper et j’insistais pour monter ma tente toute seule.” En 1997, après avoir décroché son doctorat de médecine de l’université d’Antananarivo et quatre années de spécialisation à Bamako, au Mali, Lalao met sa science au service du centre hospitalier d’un quartier de la capitale.

“Pourquoi l’ophtalmologie ? Enfant, quand j’allais à l’église à Antsirabe, j’étais frappée par le nombre d’aveugles qui venaient chanter et ça m’a donné envie de les aider.”

Envolés les rêves d’entrer à polytechnique. La vie de promotionnaire ne laisse pas beaucoup de place aux illusions. “Si on n’avait pas été deux femmes sur les 34 élèves que compte ma promotion, je n’aurais peut-être pas tenu jusqu’au bout.”

Prochaine étape de la carrière de Lalao, qui, seulement au détour d’une phrase, glisse dans la conversation qu’elle a 42 ans, qu’elle est mère de deux garçons de 10 et de 15 ans et qu’elle n’a pas beaucoup de loisirs : l’agrégation. En 1999, elle avait obtenu une bourse de la francophonie pour présenter son projet de lutte contre la cécité, en collaboration avec le Lions Club International.

“Toutes les femmes que je rencontre me disent à quel point elles sont fières que deux d’entre elles intègrent l’armée. Une carrière universitaire me permettrait de partager ce que je sais et ouvrir la voie aux autres.”

<B>Madagascar-mozambique

Même désir d’unité africaine</B>

“Nous comptons sur le Mozambique pour soutenir la candidature de Madagascar qui souhaite intégrer la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC)”, à déclaré le président malgache Marc Ravalomanana lors de la “garden party” offerte samedi pour le 44e anniversaire de l’indépendance de la Grande Ile. Invité d’honneur aux célébrations : le président mozambicain Joaquim Chissano. Auparavant, le président malgache a affirmé qu’“aucun pays n’échappe aux problèmes causés par la hausse des prix des carburants”. Mais cette situation est passagère, dit-il. A l’heure du bilan de ses deux années au pouvoir, il souligne: “nous avons eu l’approbation de la Banque mondiale, de l’Union européenne et du FMI.” Le 26 juin a surtout été marquée par la parade militaire à Mahamasina. Le froid et les rafales n’ont pas empêché plus de 2 000 officiers de l’armée, de la police et de la gendarmerie de participer à la parade. Petites entorses au protocole: les officiers de la garde montée n’ont pas pu défiler car plusieurs chevaux ont refusé d’obéir. Affamé, l’un d’eux devait ruer furieusement, désarçonant son cavalier, avant de brouter obstinément l’herbe de la pelouse. Autre fou rire général quand les éléments d’une unité féminines ont défilé avec des casques défoncés par le vent violent qui soufflait sur le stade.

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