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Chaleur record

Les stades de Coupe du monde tiendront-ils face au climat ?

19 juillet 2026, 11:14

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Les stades de Coupe du monde tiendront-ils face au climat ?

La finale de la Coupe du monde 2026 oppose ce soir l'Espagne à l'Argentine au MetLife Stadium, à East Rutherford, New Jersey, avec une température attendue autour de 28 °C – soit deux degrés au-dessus du seuil à partir duquel la FIFPRO, l'organisation mondiale représentant les footballeurs professionnels, recommande de renforcer les mesures de refroidissement.

Ce match final se jouera pourtant dans des conditions nettement plus clémentes que la majorité des rencontres du tournoi. Selon une analyse de Reuters, plus d'un quart des matches se sont déroulés sous une chaleur jugée dangereuse : 27 rencontres ont dépassé les 28 °C sur l'indice Wet Bulb Globe, qui combine température de l'air et humidité et correspond au seuil au-delà duquel la FIFPRO préconise un report ou un décalage horaire des matches. Le tournoi s'est tenu au cœur d'une série de vagues de chaleur ayant porté les températures mondiales à 1,39 °C au-dessus des niveaux préindustriels, les États-Unis ayant eux-mêmes connu des pics à 40 °C ces dernières semaines. Cette situation illustre les limites des infrastructures sportives actuelles face à un climat qui se réchauffe.

Mark Sait, directeur général du cabinet de conseil environnemental SaveMoneyCutCarbon, résume la situation en observant qu'un stade peut rester en activité sans pour autant fonctionner de façon optimale, et qu'entre des joueurs nécessitant une protection accrue et des spectateurs déjà éprouvés par la chaleur, les marges de manœuvre se réduisent rapidement.

La climatisation, une fausse bonne solution

Le sujet de la climatisation agite aussi l'Europe, après l'annonce, le mois dernier, de 10 000 décès supplémentaires liés aux températures extrêmes. D'après les scientifiques du réseau World Weather Attribution, de tels niveaux de chaleur auraient été quasiment impossibles sans le changement climatique. Les défenseurs de l'environnement redoutent néanmoins une généralisation de la climatisation, qui alimente le phénomène d'îlot de chaleur urbain – l'air chaud étant emmagasiné par le béton et l'asphalte avant d'être relâché dans l'atmosphère, ce qui accroît encore les besoins en refroidissement. Les fluides frigorigènes utilisés dans ces systèmes libèrent par ailleurs des gaz à effet de serre dont l'impact sur le réchauffement dépasse largement celui du dioxyde de carbone.

Pour Mark Sait, la climatisation ne doit intervenir qu'en dernier recours, sous peine d'alourdir la pression sur les réseaux énergétiques et les coûts d'exploitation des sites ; il plaide d'abord pour une réduction du gaspillage énergétique des bâtiments avant toute extension du refroidissement. Il recommande aux gestionnaires de stades d'engager un «réaménagement énergétique» de leurs infrastructures, en optimisant les systèmes de chauffage et de ventilation existants, complété par un éclairage plus efficace, des équipements économes en eau, et un suivi régulier des résultats obtenus.

Des solutions moins coûteuses que la reconstruction

Rénover thermiquement un stade revient bien moins cher, et pèse bien moins sur l'environnement, que de démolir puis reconstruire. Parmi les pistes envisagées figurent les «toits frais», recouverts de peintures blanches ou réfléchissantes limitant l'absorption de chaleur. Une étude de 2024 menée par l'UCL et l'université d'Exeter a estimé qu'un déploiement généralisé de ce type de toiture à Londres aurait pu faire baisser la température de la ville d'environ 0,8 °C pendant la canicule de 2018.

Les vitrages à contrôle solaire représentent une autre option : ils réfléchissent la chaleur infrarouge tout en laissant passer la lumière naturelle, ce qui permettrait de rafraîchir les stades sans assombrir les pelouses ni gêner la visibilité. Selon Mark Sait, une rénovation énergétique bien conduite doit précéder tout recours à la climatisation, car elle permet de réduire les gaspillages, de limiter les coûts et d'offrir des espaces plus sûrs aux joueurs, au personnel et aux supporters.

Faut-il repenser le calendrier des matches ?

Face à cette chaleur extrême, certains réclament que la FIFA déplace les rencontres vers des sites plus frais ou les programme en soirée. Mark Sait estime que la FIFA et les pays hôtes doivent désormais intégrer la dimension climatique dans le choix des stades et des horaires, l'heure d'un match relevant selon lui autant de la sécurité que de la diffusion télévisée. Il précise toutefois que l'ajustement des horaires ne suffit pas à lui seul, et que la rénovation des infrastructures reste indispensable pour donner aux organisateurs une réelle marge de manœuvre.

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