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L?absence du Media Trust jette un froid à la State House

6 janvier 2006, 00:00

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Officiellement ce n?est pas un boycott, mais cela y ressemble. Les représentants du Media Trust ont brillé par leur absence, hier, lors de la traditionnelle rencontre de début d?année entre les journalistes et le président de la République, sir Anerood Jugnauth.

Cette absence serait responsable de l?accueil ? ou du manque d?accueil ? réservé aux journalistes. En effet, ni le président, ni Lady Sarojini Jugnauth, n?étaient à l?entrée de la State House pour souhaiter la bienvenue comme à l?accoutumée.

Le président de la République s?est contenté de faire son apparition sur l?estrade pour lire un discours si bref qu?il a surpris l?assistance. De plus, il n?y a pas eu de discours du président du Media Trust comme c?est la tradition.

Interrogé, le président sortant, Finlay Salesse, explique son absence par des raisons professionnelles. ?J?ai alerté le secrétaire administratif du Media Trust, Beem Hosanee, qu?en cette date du 5 janvier, je ne serais pas disponible car je devais être à l?antenne de Radio One de 8 h 50 à 11 heures. Et le secrétaire administratif a averti la présidence que j?étais indisponible. J?entends parler de boycott mais la question ne se pose même pas.?

L?animateur de Radio One ajoute qu?il avait prié Beem Hosanee de demander aux deux vice-présidents du Media Trust, Henri Marimootoo et Harold Essoo de le remplacer. Ces deux derniers ont refusé pour diverses raisons.

Pour Henri Marimootoo, ?le Media Trust, uniquement créé uniquement pour assurer la formation des journalistes, n?a aucune autorité morale de s?exprimer au nom des journalistes?. Il ajoute que seule une association regroupant les directeurs de presse, les rédacteurs en chef et les journalistes aurait pu être le porte-parole de la presse auprès du gouvernement et des institutions.

?Techniquement dissous?

Henri Marimootoo dit avoir pris position, en tant que journaliste, pour dire que sir Anerood n?avait plus sa place au Réduit vu qu?il y avait été placé dans le cadre d?un accord électoral entre le Mouvement socialiste militant et le Mouvement militant mauricien qui ne sont plus au pouvoir. ?Malgré tout le respect que j?ai pour le président en tant que personne, je reste fidèle à ma position et je ne pouvais me rendre au Réduit.?

D?après Henri Marimootoo, les contraintes professionnelles de Finlay Salesse ne tiennent pas la route. ?Connaissant l?attachement du directeur de Radio One, Jean Claude de l?Estrac, au respect des institutions, je ne pense pas qu?il aurait refusé à Finlay Salesse une permission pour aller à la State House.?

Harold Essoo déclare, lui, qu?il n?a jamais été question qu?il fasse un discours à la place de Finlay Salesse. Il souligne qu?il ne fonctionne plus comme journaliste à la Mauritius Broadcasting Corporation et que le conseil d?administration du Media Trust est ?techniquement dissous depuis décembre dernier?.

Les procédures sont, en effet, enclenchées pour le renouvellement du conseil avec l?élection des quatre représentants de journalistes ce mardi. Mais jusqu?à ce que ce nouveau conseil soit nommé, les membres qui le composent actuellement continuent à en assumer la responsabilité.

LE DISCOURS DU PRESIDENT

Des moments difficiles à venir

■ Des moments difficiles nous attendent, a déclaré le président de la République, sir Anerood Jugnauth , lors de sa rencontre avec la presse hier. ?Le monde traverse des moments troublés et Maurice ne peut demeurer une exception à la règle.? Il se dit toutefois confiant que Maurice saura, en tant que nation, trouver la force nécessaire pour surmonter les difficultés à venir, si terribles soient-elles. Par ailleurs, sir Anerood a remercié la presse pour son fair-play lors des dernières élections générales. ?Ce faisant, vous avez contribué à assurer que la démocratie reste vivante.? L?année 2005, a-t-il ajouté, a été riche en événement avec l?arrivée d?un nouveau gouvernement au pouvoir et l?organisation des élections municipales et villageoises.

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