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La vraie bataille
L?éducation est considérée par un grand nombre de citoyens comme la principale locomotive de la mobilité sociale. C?est pour cela qu?il faut débattre des questions fondamentales liées au système éducatif avec tout le sérieux qu?il mérite. Pourtant il semble que la décision d?un retour progressif au système honni de la ?rat race? au CPE est empreinte de légèreté.
Le PTr n?est pas tenu d?appliquer des mesures annoncées dans un élan électoraliste simplement parce qu?il entend respecter ses promesses. Il peut changer d?avis. Même le syndicaliste Suttyhudeo Tengur, ardent défenseur de l?élitisme, disait récemment que ?pour qu?un parti puisse survivre, il doit s?adapter. L?éducation est un domaine qui n?est pas statique. Les partis politiques sont appelés à corriger leur copie?. (?l?express?, 29 janvier 2005).
Le PTr doit revoir sa copie maintenant que les clameurs de la campagne sont en train de s?estomper. Le ministre de l?Education, Dharam Gokhool, ayant désormais accès aux documents officiels et analyses techniques des pédagogues de l?Etat, serait mal inspiré de s?accrocher à ses slogans électoraux. D?autant plus qu?il a admis que durant la campagne son parti a ?dû utiliser une argumentation disons très énergique?.
Le gouvernement envisagerait, pour la rentrée 2006, une mesure intérimaire, puis il s?attaquera à la réforme Obeegadoo l?année suivante. Il introduira alors le grade A+ à l?examen du CPE pour écrémer les candidats et ouvrir aux plus forts les portes des collèges prestigieux. Si le ministre évite d?utiliser le terme ?ranking? pour évoquer le nouveau procédé, ce n?est qu?une question de pure sémantique. Dans les faits, il prône le rétablissement du ?ranking?.
Certes, il n?y a pas de système plus juste que le classement par ordre de mérite pour sélectionner les élèves au cas où les collèges d?élite recruteraient à nouveau en ?Form I?. Si les ?star colleges? sont retransformés en ?Form1-V1 colleges?, le ministre n?aura pas d?autre option que le ?ranking?, déguisé ou pas.
La course vers la note A+ sera alors aussi intense que celle qui a broyé des générations entières de petits écoliers jusqu?en 2001. Si le gouvernement tient à ne pas renouveler la traumatisante expérience de l?ancien CPE, il ne doit pas remettre en cause le système des ?Form V1 colleges?.
De plus, il est faux d?arguer que le pays ne parviendra pas à former une élite avec une réforme qui a démocratisé l?accès à l?enseignement secondaire et réduit la pression sur le primaire. En vérité, la compétition a simplement été repoussée à l?âge de 16 ans, c?est-à-dire à l?entrée en ?Form VI?. Dans l?ancien système, on demandait à des gamins de 11 ans de franchir la haie et d?accéder aux collèges d?élite. Aujourd?hui, l?élitisme se pratique au secondaire plutôt qu?au primaire.
Notre pays s?est engagé depuis quelques années dans des réformes qui ont permis d?intégrer dans le système éducatif des jeunes qui, autrement, se seraient retrouvés dans la rue. En outre, le délicat problème de la comptabilisation des langues orientales a été réglé alors qu?il a enlisé le pays dans une situation dangereuse à plusieurs occasions dans le passé. Il serait plus productif, maintenant, de quitter les marécages des controverses pour réfléchir à la qualité de l?enseignement. Les élections étant derrière nous, il y a d?autres batailles à gagner.
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