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La vie des Soudanaises gâchée par l?excision

7 avril 2006, 00:00

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Ilham ne peut retenir ses larmes quand elle raconte l?histoire de sa soeur Eglal, six ans, qui a saigné à mort après son excision par une sage-femme soudanaise traditionnelle dans les années 1980.

Aujourd?hui encore, les petites Soudanaises sont victimes de cette ancienne tradition appelée par les organisations de défense des droits de l?Homme ?mutilation génitale?.

Le 6 décembre 2005, Inaam Abdel Wahab, 4 ans, décède des suites d?une infection sévère. Une autopsie menée par un médecin consciencieux révèle que la victime a été excisée.

Les visages d?Eglal et d?Inaam sont le symbole d?une campagne contre l?excision menée par des Soudanaises qui en ont elles-mêmes souffert. Ilham raconte que ses trois jeunes s?urs ont subi une excision collective. ?Cinq femmes ont cloué Eglal sur la table. Elle a saigné sans arrêt?, poursuit la jeune femme, âgée de neuf ans à l?époque.

Les trois fillettes ont subi la forme la plus sévère d?excision, où les organes sexuels externes sont coupés et l?ouverture vaginale est recousue.

Quelque 82 % des Soudanaises ont subi cette forme d?excision, alors qu?en général 90 % des femmes du pays sont excisées (sur une population de 40 millions de personnes), selon une étude du Fonds des Nations unies pour l?enfance (Unicef) de 2004. Les défenseurs des droits de la femme veulent l?interdiction de toutes les formes d?excision.

Selon eux, les excisions causent de nombreuses complications de santé. ?Nous avons le taux le plus élevé de décès pendant l?accouchement: 509 morts pour 100 000 cas?. ?Une femme excisée ne connaît jamais la satisfaction sexuelle totale?, ajoute-t-elle.

L?infibulation, qui consiste à recoudre l?ouverture vaginale pour ne laisser qu?un petit passage pour l?urine et les règles, cause de grandes douleurs aux femmes lors d?une relation sexuelle ou d?un accouchement.

Mais cela ne semble pas importuner les hommes de ce pays, l?un des 28 États africains où l?excision est pratiquée. ?De nombreux hommes pensent que rétrécir l?ouverture vaginale augmente leur propre plaisir sexuel?, explique l?activiste Thouraya Ibrahim, 34 ans. Pour d?autres, cette intervention protège les femmes des ?vices? sexuels en limitant leur désir. La loi soudanaise semble en régression sur la question. Une interdiction de l?infibulation remontant à 1946 avait été élargie en 1974 aux autres méthodes, mais elle n?a jamais été appliquée.

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