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Questions à…
Areff Salauroo : «Il y a une fragilisation de l’emploi et de la carrière»
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Areff Salauroo : «Il y a une fragilisation de l’emploi et de la carrière»
Areff Salauroo, président de l’Association of Human Resource Professionals of Mauritius et CEO de La Sentinelle.
Alors que le projet d’un congé de maternité porté à un an fait débat, Areff Salauroo, président de l’Association of Human Resource Professionals of Mauritius et CEO de La Sentinelle, livre un regard lucide sur ses implications.
Comment les entreprises se préparent-elles à gérer l’absence d’une employée pendant un an ?
Il y a une confusion et une appréhension au sein des entreprises. C’est un fait indéniable : il y a un manque de skilled workers. Une année de congé maternité compliquera davantage le problème. Il va falloir employer une personne supplémentaire pour remplacer l’employée en congé de maternité. Cela augmentera le coût de production et d’opération. Autrement dit, cela se traduira par une baisse de productivité et de compétitivité.
Beaucoup de futures mères craignent qu’un congé aussi long puisse fragiliser leur emploi ou freiner leur évolution professionnelle. Ce risque est-il fondé et quel message souhaitez-vous leur adresser ?
Cette crainte est légitime. Il y a d’abord une fragilisation de l’emploi, et également de la carrière. Le risque est réel. Une communication honnête avec l’employeur, autour d’un arrangement qui n’affectera pas le travail, est toujours possible. Il y a là un risque que la carrière des femmes soit freinée. Il y a également un risque d’accentuation des inégalités salariales à l’embauche, allant jusqu’à l’octroi de contrats à durée déterminée à certaines personnes.
Pensez-vous que cette mesure représente avant tout un coût pour les entreprises ou un investissement à long terme en faveur de la rétention des talents et du bien-être des employés ?
Cela représente définitivement un coût additionnel pour l’entreprise. La réalité économique pousse les entreprises à contrôler les coûts, améliorer la productivité et affermir leur compétitivité. La réalisation des objectifs stratégiques de l’entreprise ne peut pas, et ne pourra jamais, attendre. Les investisseurs exigent des résultats, et le plus vite possible. La rétention des talents et le bienêtre des employés ont toujours été des priorités pour les directeurs des ressources humaines, mais cela doit s’accompagner de productivité.
Les PME, qui disposent souvent de ressources plus limitées, risquent-elles d’être davantage affectées que les grandes entreprises ? Quel accompagnement serait nécessaire pour elles ?
Les PME auront davantage de difficultés, et elles seront les premières à proposer des contrats à durée déterminée. Plus encore, une personne en arrêt de travail perd en compétence, car les outils de travail évoluent très rapidement. Il y aura également un impact sur la retraite, car la période sans salaire signifiera aussi l’absence de cotisation au plan de pension, et parfois au plan médical. Tout cela signifie qu’au lieu d’améliorer la santé de l’employée qui attend un bébé, cette proposition pourrait devenir une source d’angoisse.
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