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La Tour Koenig : carences de la loi
Treize mètres. La largeur d?une rue. C?est la distance qui sépare les appartements de la National Housing Development Company (NHDC) de l?usine de la Compagnie mauricienne de textile (CMT) à La Tour Koenig. Michel Reddi habite le bloc La Tourelle et fait partie des forces vives de la localité. Il affirme que «même quand l?usine marche bien, les fumées de la chaudière nous posent problème». Un officiel du ministère de l?Environnement confirme ses dires. «A chaque fois que nous avons testé les émissions de l?usine, elles étaient toujours conformes aux normes prescrites par la loi.» Il concède que les habitants ne sont pas pour autant épargnés. Le problème, explique-t-il, est légal. La loi ne fait pas mention d?une quelconque distance à respecter entre une construction résidentielle et une construction industrielle. «C?est une carence», admet-il. «On ne peut pas fermer l?usine car il y a des milliers de gens qui y gagnent leur vie. Mais on ne peut pas non plus évacuer les maisons.» Quand le projet de construction de maisons est lancé en 2003, la NHDC ne rencontre pas d?obstacle. «Nous avons eu l?aval de toutes les autorités concernées pour aller de l?avant», affirme Navin Thannoo, Technical Manager de la National Housing Development Company Ltd. Le projet remplit tous les critères demandés par la loi, notamment le Building Act et le Town and Country Act.
Inquiète devant la tournure des événements, la CMT organise une réunion. «Nous avons abordé toutes les conséquences que pouvait avoir une chaudière en termes de pollution de l?air ou de pollution sonore», soutient Coogen Naidu, Business Unit Leader de la CMT. «Nous avons pris soin par exemple d?installer la chaudière à l?arrière de l?usine pour épargner les maisons qui sont devant.» Mais il n?était pas question de faire obstacle au projet de construction de maisons : la CMT ne souhaitait pas «mettre un frein au développement social». Il ne comprend pas cependant que les propriétaires des maisons n?aient pas été alertés quant aux risques encourus. La CMT assume néanmoins ses responsabilités dans l?incident survenu dimanche, fait ressortir Coogen Naidu. Des réparations ont déjà été entreprises sur la chaudière.
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