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La taxe immobilière mise à l?index
La National Residential Property Tax soulève un tollé. Et bien qu?il faille attendre le Finance Bill pour que les modalités de cette mesure budgétaire soient précisées, des voix déjà se sont élevées hier. C?était à la municipalité de Quatre-Bornes, lors d?une réunion d?un forum citoyen nouvellement constitué. Dharamdev Doorga, un ex-chief planner du ministère du Logement, y a donné son point de vue à la centaine de personnes présentes. Et a évoqué plusieurs zones d?ombre.
L?ex-haut cadre fait ressortir d?emblée que cette taxe exempte les terrains et autres bâtiments commerciaux. Cependant, les terrains vagues sont taxables, même s?il ne seront développés que dans dix ans ou plus. Ce qui, selon lui, n?est pas cohérent. Il ajoute qu?à Maurice, ?il y a un attachement à la propriété et souvent les familles achètent un terrain pour leurs enfants, qui l?utiliseront par la suite, pour construire leur maison?.
Pour aider à mieux comprendre cette taxe, il avance trois scénarios. Un propriétaire d?un terrain de 100 toises paiera Rs 10 par m2, soit Rs 3 800. S?il habite en région urbaine et qu?il paye une taxe municipale de Rs 800 (calculée sur la valeur de la résidence), cela constituera, selon Dharamdev Doorga, une hausse de 375 % sur les impôts.
Le propriétaire d?un terrain de 75 toises paiera, lui, Rs 2 850. Un citadin qui paye habituellement une taxe de Rs 650 aura à débourser Rs 2 200 de plus alors que celui qui possède 50 toises aura à payer Rs 1 900, soit Rs 1 400 de plus s?il paye une taxe municipale de Rs 500.
Concernant les terrains vagues, il prend l?exemple d?un individu qui recevrait une portion de terrain de 4200 m2, situé au bord d?une rivière et peu appropriée à un développement important. ?Comment cette personne pourra-t-elle payer Rs 42 000 annuellement ?? La qualité et la valeur des terrains devraient aussi compter, dit-il. ?Ce n?est pas possible, dit-il, d?appliquer un taux uniforme?. De même, il estime qu?il n?est pas équitable qu?une maison luxueuse sur 200 toises soit imposable au même taux qu?une maison modeste bâtie sur 200 toises. ?C?est discriminatoire.?
Dharamdev Doorga estime aussi que la taxe devra aussi tenir compte de la région. Selon lui, il n?est pas normal que des propriétaires de Grand-Baie paient le même taux que ceux des régions moins huppées.
Il s?interroge aussi sur certains aspects de cette proposition. Comment les autorités vont-elles calculer la taxe pour ceux qui habitent sur un terrain sur lequel se trouve leur magasin ou autre commerce ? De plus, quelqu?un qui a un arpent de terrain et qui se voit dans l?obligation de construire une résidence sur 10 perches, va-t-il être contraint à payer sur la totalité de son terrain ou uniquement sur la superficie de l?habitation ?
Gayan en faveur de la taxe rurale
Anil Gayan, l?organisateur du rassemblement d?hier, s?est dit favorable à la taxe rurale. ?Si quelqu?un a un château dans une région rurale, qu?il paie sur la valeur de sa propriété, pas sur la superficie du terrain. Souvent c?est au prix de grands sacrifices que nos parents ou nous-mêmes achetons ces terrains pour nos enfants.? A l?assistance qui souhaitait savoir ce qui adviendrait en cas de décès du propriétaire, Anil Gayan estime que c?est aux successeurs d?assurer le paiement de la taxe. Et en cas de désaccord et de non-paiement, une inscription peut être faite sur le terrain. Ce qui n?a pas manqué de susciter une certaine appréhension des personnes présentes.
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