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La stratégie d?Ashock Jugnauth

8 avril 2007, 00:00

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Ashock Jugnauth essaye depuis des mois de se hisser au rang des grands leaders politiques du pays. Mais le leader de l?Union nationale (UN) n?avait certainement pas envisagé que son élection de juillet 2005 allait être invalidée par la Cour suprême.

Bien que sonné par l?arrêt de la semaine dernière, il ne compte pas abandonner son siège de parlementaire et encore moins faire une croix sur sa carrière politique. C?est donc décidé, il va contester l?invalidation de son élection devant le Privy Council.

« J?ai pris la décision de faire appel au Privy Council et j?agis selon les dispositions légales et constitutionnelles du pays. Je souhaite que le gouvernement fasse, qu?à travers l?intervention du ministre de la Justice, cet appel soit entendu dans les meilleurs délais. Cela permettra de voir plus clair et nous serons fixés une fois pour toutes », explique Ashock Jugnauth.

<B>L?un des combats les plus rudes</B>

Dans une décision didactique et s?appuyant sur les précédents d?autres pays du Commonwealth, la Cour suprême avait, en effet, trouvé Ashock Jugnauth coupable de « bribery electoral ». Parce que, selon la cour, il s?était arrangé pour faire bénéficier les électeurs de sa circonscription d?un terrain pour un cimetière musulman et d?emplois au ministère de la Santé notamment, à la veille des élections de 2005.

Son entourage pense que c?est dans l?un des combats les plus rudes de sa carrière politique qu?Ashock Jugnauth s?engage. Obtenir que le Privy Council casse la décision de la Cour suprême apparaît, en effet, comme étant primordial pour le leader de l?UN. Il a donc passé ces derniers jours à constituer autour de lui une équipe de juristes provenant aussi bien de son parti que de celui du MMM.

Ce soutien des Mauves n?est pas anodin. En effet, même si le « worst case scenario » se met en place pour Ashock Jugnauth avec la confirmation de son invalidation, celui-ci compte reposer sa candidature dans le cadre d?une future partielle dans sa circonscription de Moka-Quartier-Militaire. Et il n?a d?ailleurs pas manqué d?annoncer que le leader du MMM, Paul Bérenger, lui a donné l?assurance de son soutien dans le cas d?une élection partielle. Fort de cette aide, le leader de l?UN croit fermement pouvoir reconquérir sa place de député s?il la perd.

Dans le courant de la semaine, Ashock Jugnauth avait envisagé un moment de ne pas faire appel. Et de se porter candidat à la partielle qui serait invariablement déclarée d?ici fin juin. Le coût d?une procédure devant le Privy Council pouvant vite dépasser largement celui du financement d?une campagne électorale partielle?

<B> « Lave son honneur » </B>

Mais il s?est ravisé, car ses hommes de loi semblent croire que le Privy Council pourrait trouver à redire sur la décision prononcée par les juges Paul Lam Shang Leen et Bushan Domah. La décision d?Ashock Jugnauth de se battre sur le front juridique ne plaît pas nécessairement à une aile de son parti qui favorisait plutôt une démission immédiate puis une candidature à la partielle qui s?ensuivrait. Mais c?est la voix de ceux qui désirent « qu?Ashock lave son honneur » qui a finalement été entendue.

En attendant de défendre ses positions devant les Law Lords britanniques, Ashock Jugnauth compte rencontrer le speaker de l?Assemblée nationale pour discuter de sa présence au sein de l?hémicycle. Le Parti travailliste réclame la démission du député de Moka-Quartier-Militaire. C?est donc le speaker, Kailash Purryag, qui lui indiquera s?il peut siéger à l?Assemblée pendant que le Privy Council instruit son appel ou pas.

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