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La réforme en œuvre
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, dit anticiper un retour de la confiance dans l’économie à partir de l’année prochaine. Ce regain d’optimisme devra maintenant se traduire en de nouveaux investissements qui soient capables de générer une croissance forte et durable.
La clé de ce scénario souhaité reste la volonté du gouvernement de mener à bon port son projet de réforme économique. Les investisseurs fondent beaucoup d’espoir sur les signaux pro-business envoyés par les autorités au cours de l’année.
La restructuration est enclenchée mais le gouvernement a mis beaucoup de temps pour relancer la machinerie économique. Les réformes ont réellement démarré avec la présentation du budget en juin de cette année. Les tergiversations au sein de l’équipe dirigeante sur l’orientation économique ont fait perdre pratiquement une année alors que l’économie était aux urgences.
Les mesures budgétaires ont provoqué la rupture sur plusieurs plans et ont ouvert la voie à d’autres réformes plus fondamentales. Le fisc a connu une refonte drastique. Le cadre réglementaire pour démarrer et développer les affaires a été largement assoupli. Le pays se présente aujourd’hui comme une plate-forme plus ouverte aux affaires, transparente et prévisible aux investisseurs locaux et étrangers.
Des changements structurels frapperont bientôt les lois du travail. Le marché de l’emploi a besoin de la flexibilité nécessaire pour s’adapter à temps aux changements dans les conditions économiques et dans la structure même du modèle de croissance.
La restructuration a pour objectif de créer un climat favorable à l’investissement, à une croissance forte et durable, à la création d’emplois et à la génération de devises étrangères dans le pays. Le gouvernement doit au plus vite renverser la vapeur sur ces quatre tableaux.
Le retour au plein-emploi reste un défi majeur. Les industries traditionnelles telles le textile-habillement et encore moins le sucre ne pourront plus embaucher en grand nombre. Il faut compter beaucoup sur les nouveaux pôles d’activités comme le “seafood hub” et les “business process outsourcing” (BPO) pour créer de nouveaux jobs.
Les entreprises du BPO recrutent beaucoup de jeunes ces temps-ci et devraient retrouver leur vitesse de croisière l’année prochaine. Les activités liées au “seafood” pourront, elles, contribuer à résorber le chômage dans les faubourgs maritimes de Port-Louis, notamment.
Les nombreux sites d’“integrated resort schemes” et d’hôtels qui démarrent l’année prochaine vont créer de nouvelles opportunités d’embauche dans la construction.
Une croissance forte et durable dépend d’une économie robuste, résiliente aux chocs et diversifiée. Seules des réformes fondamentales pourront favoriser l’émergence de ce nouveau modèle de développement. Il est impératif que les dirigeants maintiennent le cap de la restructuration et résistent aux pressions politiques pour faire marche arrière sur les changements vitaux.
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