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La justice au CPE
La querelle du CPE, en voit-on réellement la fin ? Le gouvernement a-t-il vraiment mis la main sur la solution miracle ? Du plus profond de son être, le citoyen doit assurément le souhaiter. Il aura mesuré, par la bassesse des propos échangés pendant tout le temps qu?aura duré ce débat, la charge d?explosifs qui s?y cache ; il est las et surtout inquiet. Mais tout pressé d?en finir, ce citoyen-là doit quand même avoir comme un doute dans la tête.
Comment en effet croire que tout est fini quand la formule proposée aujourd?hui pour le ?grading? est, à peu de choses près, celle suggérée dans le cadre de la prise en compte des langues orientales pour le ?ranking?? il y a vingt ans. Pourquoi ce qui a toujours été rejeté ne le serait-il plus aujourd?hui? Le comité Parsuraman recommandait en 1986 la formule suivante pour le ?ranking? à partir de 1993 : ?English (30 %) +Mathematics (30%) + French (20%) + either EVS or Oriental Language / Cultures of Mauritius (20%), which ever of the two is higher?. Aujourd?hui, c?est le même principe qui dicte la hiérarchie et l?équilibre recherchés pour le formule du ?grading?.
L?on peut, face à la ?ressemblance? entre la formule du jour et celles d?hier, partir d?un rire cynique et se dire que dans cette comédie, nous sommes forcément loin du dénouement. Mais on gagnerait à être plus optimiste, à se dire qu?en somme, si l?on en revient à la même idée, c?est sans doute qu?il n?y en a pas de meilleure. Nous avons fait le tour de la question, mettons-y un point final. On devrait d?autant plus s?y résigner que ce déroulement en boucle montre que tout ce qui devait être étudié l?a été, que c?est de l?irrationnel désormais qui pourrait présider au débat.
La manière dont le gouvernement joue avec les mots indique bien que la question relève plus que du psychologique. En se montrant si insistant sur le fait que la formule consensuelle est celle ?du gouvernement?, Paul Bérenger cherche à l?évidence à éviter qu?on le taxe d?avoir privilégié tel groupe. Il s?agit de montrer que le gouvernement a été neutre et égalitaire. Cette précaution langagière ne dispense pas les décideurs de reconnaître l?apport, dans ce succès atteint aujourd'hui, de la Platefome pour la comptabilisation des langues orientales sans injustice.
Ces citoyens ont un premier mérite : en se mobilisant en plateforme, ils ont cherché à canaliser ce bouillonnement qui gagnait les esprits dans certains quartiers. Le gouvernement n?en était certes pas responsable mais sa proposition, bâclée, en était cause. C?est ce groupe-là et non le gouvernement qui a recherché un dialogue dépassionné. C?est lui qui a tendu la main à Suttyhudeo Tengur, main grossièrement refusée. C?est lui qui a montré au gouvernement comment il n?avait pas respecté son engagement pour un système ?juste?. La formule retenue, enfin, est fortement inspirée par une suggestion du groupe. Pour lui rendre justice, il faut peut-être citer sa brochure : ?Nous proposons que l?examen du CPE soit comptabilisé sur quatre matières : les trois matières principales ? anglais, français, maths ? et une meilleure matière subsidiaire. Ceux qui ne font pas de LO auront deux matières subsidiaires, ceux qui font LO en auront trois.?
Que la querelle s?arrête là, c?est le souhait de tous. Elle devrait. La formule a de quoi satisfaire les uns et les autres. Elle donne leur valeur aux langues orientales sans léser ceux qui ne les préparent pas. Cela ne fait pas de doute si Tengur, le plus virulent partisan de leur valorisation, est content, lui qui s?en était si violemment pris à la plateforme. Il est dommage que l?opposition n?adopte pas le même bon sens. Elle donne l?impression d?attendre ?son heure?, de rechercher une étincelle afin d?attiser le feu. Il faut espérer que si elle est revenue sur sa décision première de consacrer sa PNQ au CPE hier, c?est qu?elle a réfléchi à deux fois.
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