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La formation relancée

23 avril 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Le décalage entre les emplois disponibles et les compétences des demandeurs d?emplois a toujours été un casse-tête. Mais il n?est pas une fatalité. Des initiatives récentes vont favoriser le rapprochement entre entreprises et jeunes à la recherche d?un emploi en lien avec leur formation.

D?abord, il y a la création, par l??Empowerment Programme?, d?une plate-forme qui permet le contact direct entre employeurs et demandeurs d?emploi. Il s?agit du ?Job Fair? qui a attiré, pour sa première édition, 25 000 personnes avides d?informations sur le monde du travail. Mieux informés, les jeunes sauront s?orienter vers les formations qui correspondent à leurs attentes et aux besoins du marché.

Ensuite, il faut saluer les projets du secteur privé dans le domaine de l?enseignement supérieur privé. La DCDM Business School annonce la création de ce qu?elle appelle la troisième université de Maurice, le Charles Telfair Institute. Pour sa part, le Ramnath Jeetah Trust inaugure le 10 mai prochain, à la Cybercité, l?Eastern University.

A un moment où l?université de Maurice, accusée de gestion approximative, d?orientations douteuses ou de mauvaise compréhension de sa mission, est en difficulté, la décision du secteur privé de répondre aux besoins du pays en termes de formation supérieure est très positive. Heureusement que l?Etat ne tient plus à son monopole dans l?enseignement supérieur.

Le privé est d?autant mieux accueilli que les perspectives d?avenir de l?université de Maurice restent sombres sur le plan financier. Avec une dotation budgétaire de moins de Rs 250 millions par an, ce n?est pas de sitôt que cette institution en aura fini avec ses ennuis. De plus, elle a les mains liées car aucun gouvernement n?aura le courage de lui permettre de réclamer des frais de scolarité. Cette institution, au bord de l?asphyxie, aura à se contenter des droits d?inscription symboliques qui sont prélevés une fois l?an pour suppléer aux faibles subventions d?Etat.

Les établissements d?enseignement supérieur privé vont désengorger les structures universitaires largement dépassées. Il n?y a pas de place sur le campus de Réduit. L?université de Maurice ne compte que 6 600 étudiants alors que pratiquement tous les élèves issus du HSC rêvent d?y poursuivre leurs études.

Les difficultés de l?Etat pour maintenir une offre suffisante face à la demande d?accès sont insurmontables. Le secteur privé palliera ce manquement. Dans cinq ans, quand les trois phases du Charles Telfair Institute seront terminées, l?institution pourra accueillir jusqu?à 5 000 étudiants.

En outre, si le privé consent à investir Rs 520 millions dans le Charles Telfair Institute, ce n?est pas seulement parce que le marché de l?enseignement supérieur est porteur. C?est aussi parce que les entreprises savent qu?une université d?Etat, trop bureaucratique, met du temps pour adapter le contenu de ses formations aux évolutions du marché.

Il y a un engagement actif des jeunes, des hommes d?affaires et des autorités pour mettre l?accent sur la formation. Cette symbiose promet des résultats intéressants.

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