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La détresse après le textile

6 juillet 2008, 00:00

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Quelques gâteaux piments, des pains frits et des beignets de pomme de terre attendent d?éventuels clients. Babita Dorah, 40 ans, ex-employée de l?usine Job Textiles Ltd, n?a pas attendu longtemps pour se remettre au travail. Depuis qu?elle et son mari ont été licenciés comme machinistes, après 15 ans de service le 10 juin dernier, ils ont dû parer au plus pressé. Il fallait trouver un moyen pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs deux enfants, encore étudiants.

« Pour nous, cela a été un double choc. Nous avons donné notre vie à l?usine et voilà que, du jour au lendemain, nous perdons tous les deux notre emploi. C?est très dur? », souligne Babita. Comme tant d?autres familles, les Dorah comptent chaque sou à la fin du mois, et bien que mari et femme travaillent, aucune extravagance ou dépense superflue ne leur sont permises. Les deux salaires servent essentiellement à « tire ration », payer les factures et rembourser un prêt obtenu pour financer les cours de cuisine de l?aîné de leurs enfants.

Emprunter à gauche et à droite</B>

Atmanand Dorah, l?époux de Babita, a, quant à lui, trouvé un poste de vigile dans une entreprise de sécurité. « Un job difficile, dit-il, peu habitué à travailler la nuit. Me ki pou fer, bizin travay? » À la fin du mois de juin, le couple a été contraint d?emprunter de l?argent à gauche et à droite pour payer ses dettes.

Les Rs 400 obtenues pour trois jours de travail ce mercredi 2 juillet, n?auront permis qu?à acheter quelques maigres provisions. « Nou pe bizin koup partou, manz la moitie vant. »

Un revers de fortune que personne n?attendait. Et pourtant, des licenciements, Atmanand en a connu une série. Il a cumulé des emplois à Camp-Benoît puis encore à Panda. Mais c?est la première fois que leur usine ferme en raison d?une faillite occasionnée par un détournement de fonds allégué.

« On aura tout vu », s?insurgent les époux. Le jour fatidique, raconte Babita, des gens sont venus vers 16 h 25 pour leur annoncer, que l?usine fermait boutique : « Sorti ! Sorti ! Pe ferme la. » Secoués, Babita et ses quelque 300 collègues n?ont eu que le temps d?éteindre les machines et de prendre leur sac avant de sortir, penauds.

Endetté jusqu?au cou</B>

Brinda et Vikash sont également dans la même situation. À 27 ans tous deux, l?épouse, ancienne Supervisor, et son mari, ex-coupeur, se sont connus à l?usine. Ils ne s?attendaient certainement pas à une telle « malchance ».Enceinte de sept mois, la jeune femme se morfond quand elle pense à l?avenir.

Elle se demande comment elle va pouvoir élever leur bébé qui va naître. « Si nous avions su, nous n?aurions pas envisagé d?agrandir la famille. C?est déjà difficile avec mon aîné qui a trois ans », soupire la jeune femme.

Endetté jusqu?au cou, le jeune couple s?est creusé les méninges pour trouver une solution. « Dans l?état où je suis, aucune entreprise ne voudra m?embaucher et c?est un peu normal », indique l?ancienne Supervisor de Job Textiles Ltd. Quant à Vikash, il refuse de travailler à nouveau dans une usine textile. « Il ne souhaite pas, pour le moment, réintégrer ce secteur. Mais s?il le voulait, il serait embauché, vu qu?il a plusieurs années d?expérience », ajoute Brinda. En attendant, Vikash essaie de grappiller quelques roupies en travaillant dans un atelier de métallurgie.

Job Textiles Ltd et Palmira ont été mises en liquidation, laissant 345 personnes sur le pavé. L?appel d?offres pour qu?un acquéreur reprenne ces usines s?achève le 8 juillet. « Ce n?est que le 10 juillet que nous saurons s?il y aura ou non un repreneur. Notre souhait, c?est qu?on réembauche les ouvriers avec leur temps de service. Sinon, il faudra compter sur la récupération des sommes détournées pour les compenser », explique Faizal Ally Beegun, de la Federation of Parastatal Bodies and other Unions.

Ce dernier déplore le fait que rien n?est prévu au niveau des aides sociales pour les jeunes licenciés. « Le National Savings Fund Act aide les licenciés qui ont 45 ans et plus. Mais les plus jeunes n?obtiennent rien. Le ministère du Travail est pourtant au courant de ce problème et avait évoqué la possibilité d?amender la loi. Mais on attend toujours? », poursuit le syndicaliste. Une bien longue attente?

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