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La délocalisation de l?entrepôt de fertilisants de la société IFL décriée

27 août 2005, 00:00

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Le projet de transfert des opérations d?Island Fertilizers Ltd (IFL) vers un entrepôt situé à 700 mètres des locaux actuels, à Roche-Bois, suscite l?émoi d?une organisation du nom de Environmental Justice National Forum (EJNF). Cette dernière s?oppose en effet à la demande de permis d?Environmental Impact Assessment (EIA) de l?usine de fertilisants. Raison invoquée : ce projet «aura certainement un effet contraire sur le sanctuaire d?oiseaux au ruisseau de Terre-Rouge», ainsi que sur la sécurité des habitants de Roche-Bois. De son côté, IFL assure qu?elle n?utilisera l?entrepôt que pour un procédé des plus sûrs, qui n?affecterait ni la nature, ni les habitants de la région.

L?EJNF, qui se réclame d?être un « réseau d?amis de l?environnement», pour reprendre l?expression d?un de ses membres, le syndicaliste Reaz Chuttoo, a écrit au ministre de l?Environnement, Anil Bachoo. Ce courrier conteste «l?approbation d?un certificat EIA à IFL». Reaz Chuttoo décrit l?entrepôt, qui stockerait 11 000 tonnes de fertilisants, comme un danger potentiel pouvant entraîner «décomposition chimique et incendies». Le managing director de la société visée, Arnaud Leclézio, rejette cette idée d?emblée. «Le mélange mécanique de granules secs et stables» qui aurait lieu dans l?entrepôt serait une méthode éprouvée et sans effets seconds.

«Nous utilisons l?urée, le phosphate d?ammonium et le chlorure de potassium. Ces produits ne sont pas inflammables, ne se décomposent pas, n?émettent pas de gaz toxiques et n?explosent pas! Le chlorure de potassium est même utilisé dans les extincteurs d?incendie», précise Arnaud Leclézio.

«Le projet existant d?IFL a un certificat EIA, ce qui prouve que la procédure est environment-friendly. Tout ce que l?entreprise va faire sera de se replacer 700 mètres plus loin », renchérit Vassen Kauppaymuthoo, directeur de la firme de consultants Delphinium, qui a compilé le rapport EIA de l?entreprise. Le deuxième point évoqué par EJNF dans sa lettre est le suivant : «Aucun contingency plan n?a été soumis à votre ministère pour l?évacuation des déchets chimiques, dans l?éventualité d?une situation catastrophique. Les déchets iront directement dans l?estuaire de Terre-Rouge.»

Reaz Chuttoo, qui a travaillé 15 ans à la Mauritius Chemical & Fertilizer Industry (MCFI), dit avoir mobilisé une vingtaine de Rocheboisiens «influents» contre le projet. Apparemment, il n?hésiterait pas non plus à «descendre dans la rue».

<B>Proximité des habitations</B>

Pour sa part, Arnaud Leclézio, ne comprend pas l?agitation de l?EJNF autour de la ré-localisation de son entreprise. Il explique que le processus de mélange des granules ne permet pas de gaspillage. «Nous n?utilisons aucun liquide. Les rebuts (1 % de la production) sont balayés, mis en sac et vendus à Rs 2000 par tonne, au lieu de Rs10 000. Rien n?est jeté.» Il dit ne pas comprendre non plus à quelle « situationcatastrophique» l?EJNF pourrait faire allusion.

L?EJNF argue pourtant que, vu sa la proximité de la zone résidentielle, «n?importe quelle situation catastrophique aura un impact direct sur la santé et la sécurité de ses habitants». Arnaud Leclézio souligne que l?actuel entrepôt au BPML Freeport Services pourrait en fait se trouver plus près de Roche-Bois que celui qui pourrait le remplacer.

Si Reaz Chuttoo, qui demande de rencontrer Anil Bachoo, se dit «optimiste», Arnaud Leclézio insiste sur le fait que la ré-localisation «ne changera pas grand-chose».

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