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La BM en faveur d?une extension de l?AGOA

20 avril 2004, 20:00

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MAURICE vient d?avoir un allié de poids dans sa campagne de lobbying pour obtenir une dérogation lui permettant elle aussi d?importer des matières premières de pays tiers sous l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa). Il s?agit ni plus ni moins que de la Banque mondiale (BM).

Une récente étude publiée par deux économistes de la BM, Paul Brenton et Takako Ikezuki apporte de l?eau au moulin des autorités et de l?industrie locale. Ils soutiennent que les bénéfices de l?Agoa doivent être étendus, voire, accordés de manière permanente.

Ils estiment effectivement que le caractère temporaire de l?Agoa, même s?il est étendu, est une des principales contraintes à l?investissement dans l?Afrique sub-saharienne.

Les auteurs de l?étude se penchent également sur les règles d?origine plus strictes qui sont appliquées pour Maurice et l?Afrique du Sud. Ces règles plus strictes ? notamment la nécessité de produire notre fil ou de l?importer de la région ? est la principale raison pour laquelle les pays les moins avancés qui n?ont pas cette contrainte ont mieux bénéficié des provisions textiles de l?AGOA, soutiennent les économistes de la Banque mondiale.

Pourtant en 2002 le textile-habillement a représenté 90 % des exportations de Maurice vers le marché américain. De ce volume seulement 41 % a pu bénéficier d?un accès en hors taxes sous l?Agoa. Or pour Maurice comme pour la majorité des pays de la région, le principal bénéfice dérivé de l?Agoa provient de l?exportation de vêtements.

Mais lorsque les règles d?origine restrictives limitent les exportations de vêtements, c?est en fait le bénéfice réel de l?Agoa qui est ainsi limité, argue les économistes de la BM.

?Le problème avec ces règles d?origine plus restrictives n?est pas uniquement la contrainte qu?elles imposent sur l?approvisionnement en matières premières qui oblige les producteurs à se tourner vers des tissus et matières plus coûteux. Il est aussi le coût et les difficultés qu?elle représente par rapport aux règles plus libérales qui permet de s?approvisionner n?importe où dans le monde?, écrivent les auteurs de l?étude.

Ils se disent inquiets au sujet de spéculations à l?effet que les Etats-Unis auraient l?intention d?éliminer la dérogation sur les matières premières d?ici la fin de l?année. Une telle éventualité affecterait la capacité des pays concernés à diversifier leurs exportations.

A Maurice les autorités sont au contraire plutôt optimistes quand à l?extension de l?Agoa jusqu?à 2015. De même les chances seraient plutôt bonnes que la dérogation sur l?importation des matières premières soit étendue pour trois ans pour les pays les moins avancés. Quant à savoir si Maurice pourra enfin bénéficier de cette dérogation, c?est une autre paire de manches.

A l?Assemblée nationale hier, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, a déclaré que la version de l?Agoa III actuellement devant le Congrés américain ne contient effectivement pas de provision pour une dérogation pour Maurice. Il a néanmoins expliqué que le processus législatif américain implique la possibilité d?apporter des amendements et d?effectuer de nombreux changements à un texte de loi en cours de route. La stratégie est de laisser progresser l?Agoa III est d?y inclure une provision pour une dérogation en notre faveur au moment opportun. Le ministre Cuttaree sera à Washington la semaine prochaine pour apporter son soutien à l?effort de lobbying.

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