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L?école de demain : un débat pour agir

28 novembre 2005, 00:00

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Dans le cadre du débat national sur le ?Curriculum?, il serait utile de s?inspirer des réflexions faites en France sur l?avenir et le rôle de l?école et dont je présente les principaux éléments ci-dessous.

<B> Synthèses</B>

● L?école demeure le ciment de la société.. Tout en acceptant les différences physiques et intellectuelles, elle se doit de bâtir un socle commun éducatif développant des valeurs citoyennes et un socle commun instructif permettant d?entrer dans une vie professionnelle réellement choisie.

● L?école doit déplacer quelque peu son accent : non plus seulement transmettre le savoir, mais faire maîtriser le savoir fondamental aussi bien que certaines compétences et règles de comportement, leur apprendre à vivre ensemble avec l?aide des parents.

● L?école doit former le futur acteur économique pour construire son avenir et celui de notre société. L?école doit préparer à la vie active, adapter à un monde incertain, dominé par une économie difficilement contrôlable?et en phase avec les évolutions de la société. Elle doit aussi préparer les élèves à changer de métier tout au long de leur vie.

● La réussite scolaire ne peut résulter de l?action de l?école seule. Il faut construire un partenariat au service de la réussite de tous les élèves et une ouverture plus nette de l?école avec le monde économique et technique et aux parents en association et ce dans le respect mutuel.

● L?école ne doit pas être opaque, trop technique et trop l?affaire des experts avec des programmes difficiles, des horaires excessifs. L?école doit redevenir l?école de la Nation. Au niveau primaire, les programmes sont trop lourds, trop ambitieux par rapport à la réalité du terrain.

● L?ouverture des enseignants et de l?école vers les réalités sociales et économiques du monde du travail est une attente non seulement d?aide à l?orientation effective des enfants mais aussi d?une plus grande proximité culturelle et sociale entre les parents et l?école.

● La lutte contre la violence, la toxicomanie, l?abus d?alcool et les incivilités et la prise en charge des élèves en grande difficulté scolaire, la scolarisation des élèves handicapés sont de plus en plus nécessaires à l?école.

<B>Valeurs de la Nation et valeurs de l?école. </B>

● L?école n?a pas, en elle-même, des valeurs; c?est la Nation qui doit définir les valeurs à transmettre à l?école. Nous avons fait un grand pas vers l?égalité des chances comme un ascenseur social et l?équité à travers la gratuité de l?éducation et le transport public aussi bien que l?accès de tous mais nous n?avons pas bien défini les valeurs à transmettre aux élèves. En France, il y a consensus sur les valeurs suivantes : l?effort, la tolérance, la fraternité, l?esprit critique, la mixité sociale nécessaire pour la paix sociale, le respect de l?autre, savoir, savoir-faire, savoir-être, politesse, sens du devoir, le civisme, la citoyenneté, les valeurs morales, la liberté, l?identité nationale, la solidarité, la responsabilité, l?obligation d?instruction etc.

● Démocratisation et égalité des chances sont les deux défis majeurs. Le premier passe par l?accès de tous au savoir et par la formation de chacun en fonction de ses capacités et de ses rythmes. Le second pose la question de l?égalité devant le savoir et de la nécessité d?adaptation à la diversité des élèves, principalement pour les élèves en difficulté car on ne peut traiter de manière égale des personnes inégales.

● Vouloir faire faire à tout le monde la même chose c?est le contraire de l?égalité des chances. Donner l?égalité des chances aux élèves, c?est permettre à chacun de trouver et de suivre un parcours adapté à ses aptitudes, à ses besoins et à ses aspirations. L?équation égalité des chances = inégalité de traitement doit primer.

● Chaque enfant possède un talent, mais la hiérarchie actuelle des disciplines, leur poids horaire, ne lui permettent pas de le réaliser, de le valoriser.

● La surcharge des classes ( > 40 / classe) n?est pas propice pour gérer l?hétérogénéité des élèves.

● La scolarisation de l?enfant à l?age de 5 ans au niveau du primaire doit être reconsidérée car à cet âge ils sont considérés comme étant précoce.

● L?objectif d?un savoir encyclopédique est dépassé. La surcharge des programmes et l?empilement constant des matières à enseigner crée un risque car l?élève n?a plus le temps ni de comprendre ni de prendre plaisir à apprendre.

● Comme marque de la modernité, il faut stimuler les aptitudes à la création, au changement et à l?adaptation dans une vie sociale et professionnelle pleine d?aléas, à l?initiative et à l?innovation où l?esprit de découverte doit être encouragé fortement.

● Le constat est fréquent d?un décalage entre l?école et la société. Elle ne doit pas être imperméable à la société. On attend de l?école qu?elle prépare les enfants et adolescents à la société dans laquelle ils vont vivre dans 5 ou 10 ans. Il faut donc former mais pas formater.

<B>Le domaine pédagogique</B>

● L?importance d?organiser un dépistage et un traitement précoce des difficultés afin de réaliser des économies substantielles. Une pédagogie différenciée doit permettre à chacun de progresser à son rythme.

● L?élève qui ne lit pas deviendra un handicapé social.

● Une pédagogie différenciée est une démarche à développer. Cela doit permettre à chacun de progresser à son rythme en proposant à la fois soutien et approfondissement. Amener chacun au maximum de ses possibilités, valoriser chaque élève en le faisant exceller dans le domaine où il est le plus doué.

● L?évaluation à l?école est trop rigide, ne tenant pas suffisamment compte des efforts accomplis, des progrès réalisés et les compétences acquises. L?enseignant ne devrait plus être à la fois juge et partie : enseigner et juger l?élève à la fois. L?équité serait assurée si les évaluations étaient assurées par d?autres.

● Les élèves ont des journées de travail très chargées, très lourdes : 6 à 7 heures de l?école plus 1 ou 2 heures de leçons particulières suivies de 1 ou 2 heures de travail scolaire à la maison. C?est le rythme de l?adulte qui est pris en compte, pas celui de l?enfant. Il faut réaménager la journée des enfants à l?école afin de laisser de la place aux activités éducatives de détente : sports, théâtre, ateliers culturels divers, etc.

<B>En conclusion</B>

Sujets clés sur lesquelles il faut s?attarder au cours du débat national au M.G.I.

(1) Comment améliorer la qualité de vie des élèves à l?école et comment faire réussir les élèves.

(2) Quelles doivent être les missions de l?école à l?heure et pour les 10 ans à venir.

(3) Comment faire pour diminuer les disparités dans les collèges privés.

Finalement, ne faudrait-il pas organiser des débats nationaux séparément pour le secteur primaire, secondaire, tertiaire et professionnel ?

<B>Prem SADDUL</B>

Ancien directeur de M.I.E & conseiller technique au ministère de l?Éducation

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