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Join(t)-dre les deux bouts
J?avais décidé de ne rien écrire cette semaine. Non par flemme, mais parce que je n?avais rien à dire de spécial. Faut dire que l?actualité, en ce moment, c?est pas folichon. Donc, dans ces cas-là, je me tais. Ca, c?était jusqu?à ce quelqu?un, rencontré en fin de semaine, me lance en riant : « Vous êtes mon Subutex du dimanche matin ! » Ben, vl?a autre chose. Si je m?attendais à être promu du jour au lendemain au rang de substitut ! Et moi qui pensais être un produit original ? nocif peut-être ? et non pas un placebo? voyez où ça mène la vanité ! Voilà ce que c?est que de pondre des digressions pour le moins fumeuses ! Sauf que maintenant, je me retrouve avec un cas de conscience sur les bras ! Obligée d?écrire pour assurer à cette personne sa dose de fiel hebdomadaire, sous peine de manque !
Remarquez, ça doit être dans l?air. C?est qu?on parle beaucoup de gandia, ces temps-ci. Avec à la clé, l?éternelle question de la dépénalisation. Si l?on considère le gandia au même titre que la cigarette et l?alcool, alors il n?y a aucune raison pour qu?il soit interdit. D?autant plus lorsqu?on sait qu?il est consommé dans des lieux sacrés. Il fut même un temps où son importation était autorisée et sa vente réglementée ! Fermer les yeux sur cette réalité, ça s?appelle de l?hypocrisie. Et puis, jusqu?à preuve du contraire, la cigarette et l?alcool tuent dix fois plus que l?herbe prohibée. En toute légalité, eux.
Une fois de plus, il faut arrêter de se voiler la face. Des fumeurs de gandia, il y en aura toujours, et dans tous les milieux. Le fait qu?il soit interdit ne change rien à l?affaire. Parce qu?il s?agit avant tout d?un marché juteux, une véritable économie parallèle que les trafiquants ne sont pas vraiment prêts à laisser partir en fumée. Parce que tant qu?il y a de l?offre, il y a de la demande. Souvenez-vous du tollé qu?avait provoqué la fameuse « pénurie ». Alors, dans ces conditions, ne vaut-il mieux pas dépénaliser mais en réglementant ?
Sauf qu?on sait que l?interdit, et la loi, au sens de principe suprême, sont structurants pour une société. Ils sont là pour assurer la cohésion et protéger les faibles malgré eux. Une société où tout serait permis, signerait sa mort. On en a un avant-goût avec celles qui ont prôné le fameux slogan « il est interdit d?interdire ». Vingt ans plus tard, elles sont devenues des sociétés dépressives... Oups, vaut peut-être mieux que je m?arrête, avant de m?aventurer dans des théories fumantes à la substance stupéfiante !
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