Publicité

Jamais (ou presque) sans ma voiture

30 juin 2008, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Hey mamou, lake la li fer enn S sa». La remontrance est adressée à un «froder» histoire de ne pas se faire piquer sa place dans la file d?attente. Aucune indulgence. Même s?il est vrai qu?au milieu de toute cette foule venue s?acquitter de sa Road Tax à la National Transport Authority (NTA), à Cassis, il n?est pas aisé de s?y retrouver.

Pour venir au bout de «lake la» hier, il fallait bien deux bonnes heures. Deux heures d?attente sans trop pester. Deux heures d?attente qui ont permis à certains d?économiser quelques milliers de roupies. Car à partir d?aujourd?hui, la Road Tax connaît une majoration.

Pour les voitures privées et les 4x4 de plus de 2 250 cc, il faut compter Rs 5 000 d?augmentation. A la mi-journée, hier, Suresh Jeetun, était persuadé qu?il allait devoir débourser Rs 13 000. Quel ne fut pas son soulagement d?apprendre qu?il y échappait. Pour cette fois, ce sera toujours Rs 8 000 pour la vignette de son 2x4 qu?il utilise davantage pour son «ti biznes» que pour ses rares sorties familiales.

Ajoutez à cette «énorme augmentation», la hausse probable du prix du diesel, Suresh craint de ne plus avoir les moyens d?effectuer de longs trajets. «Comme je dois utiliser mon 2x4 pour transporter les marchandises que nous achetons pour rouler la cuisine de notre restaurant de Mont-Choisy, c?est sur les sorties familiales qu?il faudra faire des sacrifices.»

C?est donc en autobus que son épouse Vidya, femme au foyer, vaque à ses affaires. Ce moyen de transport, Balah Appadoo, l?a également adopté pour le trajet Rivière-du-Rempart-Cassis. Son van de 15 places pour lequel il était venu payer sa vignette, il ne l?utilise que pour son business de transport de marchandises. Au cas contraire, il ne se déplace qu?en autobus. Après tout, à 64 ans, il bénéficie du transport gratuit.

«A moins d?un mariage auquel je me rends avec mon épouse, je n?utilise pas mon van pour les sorties familiales. Cela revient à beaucoup trop cher.» Il estime l?aller-retour Rivière-du-Rempart-Cassis à Rs 200 alors qu?en prenant l?autobus, il ne débourse rien. Et si le diesel augmente encore, il roulera encore moins.

Rouler moins, Satish Rughoobur, habitant Providence, ne peut s?y résoudre. «Cela fait dix ans maintenant que je possède mon 2x4 et je m?y suis habitué.» C?est difficile, ajoute-t-il, de prendre l?autobus avec «tou bann bagaz» de ses deux enfants en bas âge. Et puisqu?il reçoit un «travelling grant» pour aller travailler au Casino de Maurice à Curepipe, pas question non plus de prendre l?autobus. «Si je ne recevais pas de travelling, j?aurais opté pour l?autobus car j?aurais eu à débourser de l?argent mais si je choisis de prendre l?autobus, je vais perdre mon travelling grant.»

Si le diesel augmente et cette fois, Satish Rughoobur est d?avis que «pena sape», il n?est pas pour autant sûr que son allocation augmentera. «Sur les quatre dernières augmentations, mon allocation n?a augmenté qu?une seule fois», précise-t-il. Malgré tout, Satish Rughoobur continuera à utiliser sa voiture. Un moyen de locomotion devenu pour lui une «nécessité» et non plus un «luxe».

Une nécessité pas si essentielle pour d?autres qui, avec la modernisation de la flotte d?autobus, hésitent moins à délaisser leur voiture au profit du transport en commun. La plupart des compagnies de transport ont d?ailleurs investi dans des autobus climatisés. Les cartes de paiements à puce, le park and ride et bientôt des autobus «next generation» pour la CNT. Les compagnies d?autobus veulent, en améliorant leur service actuel, attirer une nouvelle clientèle.

Publicité