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Italie, un air de déjà vu

15 juin 2004, 20:00

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Promis, juré, on ne vous parle plus de l?extraordinaire performance de Zinedine Zidane contre l?Angleterre. Vous avez raison, il est sans doute l?heure de passer à autre chose. Les matches défilent et, quelque part, France-Angleterre appartient déjà au passé. Encore que marquer deux buts dans les arrêts de jeu d?un match aussi intense, aussi passionnant, ça mérite de faire la une des gazettes de sports pour encore quelques années.

Mais, avant de tourner pour de bon la page Zidane, on ne peut résister à la tentative de rendre public le résultat d?un sondage publié par Yahoo. Accrochez-vous, les chiffres qui suivent sont décapants : A 15 heures, hier, sur 23 463 votants, 2 695, soit 11 %, considèrent que ce qu?a réussi le capitaine de l?équipe de France dimanche soir, est ?le double miracle d?un Dieu vivant?. C?est dire que le football fait perdre la raison à certains. La majorité, heureusement, préfère garder les pieds sur terre. Ils sont en effet 12 334 internautes, soit 53 %, à considérer que ce que Zidane a réalisé contre l?Angleterre ?est digne du meilleur joueur de la planète foot??

Allez, on va tenir notre promesse. Parlons d?autre chose que Zidane. Parlons, par exemple, de l?équipe d?Italie. Fidèle à sa réputation et à ses habitudes, la Squadra Azzurra est encore une fois passée à côté de sa grande rentrée dans un tournoi majeur. C?était lundi, face à une équipe danoise généreuse et déroutante qui, eu égard notamment à une première mi-temps de haute facture, méritait somme toute mieux que le 0-0 qui est venu sanctionner ce débat.

Il existe deux façons d?analyser les choses, dépendant dans quel camp l?on se trouve. Les puristes vous diront sans doute que l?Italie a une tête à claque cette année. Et on peut les comprendre. Giovanni Trapattoni a en effet beau clamer sur tous les toits qu?il s?est débarrassé de l?encombrant catenaccio que lui a légué le vieux Enzo Bearzot, on a du mal à croire qu?il a vraiment transformé sa sélection en une machine à marquer des buts. Dominée en première période, peu séduisante en seconde, l?Italie n?a pas marqué les esprits. Totti ? Del Piero ? Vieri ? Ils ne s?aiment pas et ça se sent. Par moments, il fallait les chercher au microscope? A la place, on a plutôt vu Poulsen, Rommedahl et Tommasson.

Cela est d?autant plus inquiétant pour la légendaire Squadra qu?elle s?est inutilement mis la pression. Vendredi, en effet, elle devra consommer suédois. Et, sur ce qu?on a vu lundi, le menu est plutôt indigeste, vous en conviendrez.

Mais il n?y a pas que l?avis des puristes qui compte. Ceux qui connaissent bien l?Italie vous diront que ce 0-0 a un air de déjà vu. Remember 1982, l?année de la dernière conquête mondiale de la Squadra... en Espagne. Tête de série d?un groupe 1 qui comprenait trois petites nations du football, la Pologne, le Pérou et un Caméroun qui, à l?époque, était à ses premiers balbutiements sur la scène internationale, l?Italie de Zoff, Cabrini, Scirea, Gentile, Collovati, Tardelli, Bettega, Conti, Vierchowod, Pruzzo et Rossi avait concédé trois piteux matches nuls, 0-0 à chaque fois s?il vous plaît. Déchaînée, la presse transalpine avait tiré à boulets rouges sur le pauvre Bearzot. A l?arrivée, l?Italie avait été championne du monde après avoir battu au passage, en deuxième instance, l?Argentine, le Brésil et surtout, en finale, l?Allemagne.

Alors, de grâce, par respect envers l?histoire du football, n?éliminez pas trop vite la Squadra dans vos conversations de salon.

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