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International
Les internautes appelés à devenir producteurs
Voilà des années, que les labels alertent le public avec le même refrain : les plates-formes de téléchargement illégales sont en train de tuer l?industrie musicale. Pendant ce temps, les marchands de disques ont le moral en berne et les artistes triment pour faire produire leurs albums. Que faire ? Révolutionner le système, en permettant, par exemple, au public de s?impliquer directement et financièrement dans la production de l?album d?un artiste de son choix. Voici en tout cas ce que proposent Spidart.com, dont le slogan «You are the label» (Vous êtes le label) résume assez bien le principe, et Nomajormusik.com qui entend placer l?artiste et le public «au coeur de la création artistique».
Sur la page d?accueil de Spidart, on découvre la photo de Lucette Royal, une grand-mère un brin ébouriffée et à l?allure plutôt rock?n?roll. Lucette existe-elle vraiment ou n?est-elle qu?un personnage virtuel créé pour faire la promotion du site ? Le mystère demeure. Toujours est-il qu?en cliquant sur son profil, on apprend que la vieille dame a pris des parts dans la production des albums de quatre artistes. Elle invite les visiteurs à faire comme elle en donnant un peu (ou beaucoup) d?argent pour permettre «aux petits jeunes de montrer leur talent».
Aux musiciens, Spidart et Nomajormusik permettent de créer une page de présentation avec biographies, informations diverses, concerts, liens, mp3... Les visiteurs ont ainsi la possibilité de choisir le ou les artistes qu?ils souhaitent aider en prenant des parts de production. Lorsque les investissements réunis atteignent une somme minimale, les partenaires professionnels des deux sites (arrangeurs, ingénieurs du son, producteurs...) entrent en jeu pour donner vie au projet.
Le partage des gains réalisés par la vente de l?album s?effectue ensuite entre les internautes coproducteurs (35 %), l?artiste financé (35 %) et le site Spidart (30 %). Sur Nomajormusik, les parts respectives sont de 40 % pour l?artiste et les internautes et 20 % pour le site.
Pour les visiteurs tentés par l?aventure, l?idée consiste donc à lancer de nouveaux groupes et musiciens mais aussi à récupérer une partie de l?investissement grâce au succès de l?album ou du titre. Nomajormusik invite ainsi les internautes à participer à la promotion de «leurs» artistes
A ce jour, aucun artiste inscrit sur le site Spidart ne semble avoir encore eu la chance d?atteindre les 50 000 euros de sponsors nécessaires. Avec quelque 3 080 euros d?investissements, le chanteur folk Naosol fait figure de grand favori. La route est donc encore longue, mais tous les espoirs sont permis.
La Sacem pourra identifier les ordinateurs des pirates
La Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), chargée de la collecte des droits d?auteur, a annoncé début décembre 2007 avoir reçu l?autorisation de la Commission nationale de l?informatique et des libertés (CNIL) d?identifier les «pirates» sur Internet.
La Sacem pourra désormais constater, sur Internet, les infractions aux droits d?auteur. Mais surtout, elle est en droit de relever les adresses IP des internautes qui s?adonneraient à la transmission illégale de fichiers protégés. Le but ? Monter des dossiers contre les «pirates», puis les transmettre à un juge. A lui, en dernier recours, de décider s?il y a matière à poursuivre les fraudeurs en justice. Quoi qu?il en soit, c?est encore le juge, et non la Sacem ou un autre ayant droit, qui pourra demander à un fournisseur d?accès à Internet l?identité de l?internaute cachée derrière l?adresse IP.
Dans le cadre de la mission Olivennes sur la lutte contre le téléchargement illicite, fin novembre 2007, les ayants droit de la musique et du cinéma, les fournisseurs d?accès à Internet (FAI), les télévisions et les pouvoirs publics avaient signé à l?Elysée un accord sur l?offre culturelle sur Internet et la lutte contre le piratage. Au moment de la signature du texte, la Sacem s?était félicitée «de cette perspective ainsi offerte d?un retour à un cercle plus vertueux».
Le texte de l?accord prévoit la création d?une autorité administrative chargée de superviser la lutte contre le téléchargement pirate. Elle aura la possibilité d?envoyer des messages d?avertissement aux internautes fautifs. En cas de récidive, les fraudeurs encourront une suspension, voire une résiliation de leur abonnement Internet.
© Le Monde
Distribué par The New York Times Syndicate
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