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Il était une fois Maniglier?

7 janvier 2008, 00:00

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Elle appartient désormais à la légende. Partie à la fin de l?année 2007, Yvette Maniglier ? peintre français qui a fini sa vie chez nous ? est de ces pinceaux qui ont su esquisser les contours exquis de leur propre personnage. Imaginez un peu. Etre la dernière élève de Henri Matisse, maître du fauvisme. Lui porter un jour des fleurs, n?être qu?une jeune et plutôt jolie messagère du bonheur et se voir proposer par un peintre renommé bien que sur le déclin, de se voir donner des cours. Dans le Paris de 1950.

C?en était fait. En un trait. Car dans son ?uvre plus qu?abondante voire titanesque, Yvette Maniglier a avant tout cultivé l?art du trait. Tout dire, ou plutôt aller à l?essentiel sans fioriture. Véritable discipline artistique auquel un hommage devrait être rendu ?en 2009 à Paris. Un an donc pour préparer cette rétrospective. Pour déménager la tonne d??uvres laissée par l?artiste aux bons soins de son fils Jocelyn Gonzalès, artiste de c?ur, détenant les clés de la Fondation Maniglier.

Le book, nous devrons dire les book avec dossier de presse de Maniglier sont impressionnants. Il faut des muscles pour les porter tous ensembles. Les photos parlent d?elles-mêmes. Les expositions régulières de Maniglier lui ont valu de côtoyer le tout-Paris. Sur quelques clichés, pris il y a de cela quelques années déjà, se tient le jeune maire de Neuilly. Un certain Nicolas Sarkozy. Carte maîtresse, selon Jocelyn Gonzalès dans l?organisation de la rétrospective Maniglier.

Et s?il nous venait de douter de l?envergure du projet, il n?y a pour cela qu?à aller se ressourcer du côté de la Fondation. Qui a pris ses quartiers dans le vieux moulin Victoria 1840 à Trou- d?Eau-Douce.

Là, dans un décor de pierre, de bois et de toiles, la Fondation Maniglier, regorge d?exemples triomphants de la patte du maître. Un véritable trésor accroché sur plusieurs niveaux aux hautes murailles de basalte de la sucrerie désaffectée.

Dès l?entrée, il vous prendra comme un vertige. Celui de vouloir tout voir d?un seul coup. Tout ces grand formats suspendus comme des lianes. Erreur. Ne même pas y penser. Car Maniglier ne peut être résumée. Il faudra alors discipliner son regard, le forcer à se détacher d?une ?uvre pour entrer dans telle autre. Et y retrouver successivement l?influence de Matisse, de Chagall, de Buffet.

Peinture architecturale

Suivre des yeux cette peinture qui s?apparente à l?architecture. Qui ne cherche pas tant à imiter qu?à dépasser. Pour se jeter à corps perdus dans les étreintes. Des Nus ou de la série musicale. Et passés de l?ombre à la lumière comme on sort de l?architecture Maniglier pour entrer dans le destructuré façon Maniglier.

Les couleurs sont vives et chaudes, mélange de rouge, de fuchsia et de jaune, qui laissent à chaque fois des éblouissements au fond des yeux. Le trait, lui, virevolte, valse, de la douceur d?un visage ou sur une chute de reins.

Plus loin, des acryliques à thème pieux baignent dans une odeur de sainteté. A l?étage, au bout de l?escalier à rampe en fer forgé, un enchaînement de corps de femmes nues finit sur une baignoire immaculée qui n?attend plus que les invités.

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