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Homme au volant, mort au tournant

1 octobre 2006, 00:00

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Les différences de comportement des automobilistes se traduisent chaque année par une très forte surmortalité masculine. En 2005, 75 % des personnes tuées sur la route en France étaient des hommes, une proportion stable par rapport aux années précédentes. Pour chaque kilomètre parcouru, les femmes ont statistiquement 2,8 fois moins de risque d?être tuées que leurs congénères masculins.

En plus d?être de bonnes conductrices, ces dames sont modestes : elles ne sont que 57 % à estimer mieux conduire que les hommes, selon un sondage. L?étude décrit des comportements et un rapport aux voitures radicalement différents selon le sexe.

Ainsi, 7 % des femmes interrogées associent la voiture à la notion de plaisir, contre 14 % chez les hommes, et à peine 1 % d?entre elles voient dans leur véhicule un signe de réussite sociale, contre 5 % de ces messieurs. Pour 45 % des conductrices, la voiture est d?abord un facteur d?autonomie et d?indépendance, qui leur sert prioritairement à effectuer les trajets entre le domicile et le lieu de travail.

Ces différences entre sexes se retrouvent dans le partage des véhicules au sein d?un couple. Les hommes conduisent généralement la berline familiale, alors que les femmes empruntent la plus petite et la plus ancienne des voitures : 76 % d?entre elles roulent ainsi dans des véhicules de plus de huit ans. Lors-qu?elles achètent une voiture, les conductrices privilégient le prix, la marque et le niveau de consommation. « La puissance est le dernier critère d?achat », indique Axa-prévention.

Le respect des règles ancré chez les femmes

Le respect des règles est totalement ancré dans le public féminin. Ainsi, 91 % des femmes disent respecter scrupuleusement les arrêts aux stops et 84 % ne jamais franchir les lignes continues. Pour la vitesse, elles pourraient mieux faire : 74 % d?entre elles déclarent dépasser parfois la vitesse autorisée (83 % pour les hommes).

Les résultats du sondage sont corroborés par les bilans chiffrés de la police et de la justice en matière d?infractions au code de la route où les hommes sont largement surreprésentés. Et les infractions masculines sont souvent plus graves : en 2005, 95 % des 54 242 permis de conduire invalidés appartenaient à des hommes.

Dans l?hypothèse très improbable où les hommes apprendraient à se conduire comme les femmes, on peut estimer que le nombre annuel de morts sur les routes chuterait en dessous de 3 000, contre 5 543 décès en 2005. Fermez le ban.

@ 2 006 Le Monde ? Luc BRONNET (Distribué par The New York Times Syndicate)

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