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Hausse probable des prix des carburants: Les opérateurs s?inquiètent
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Hausse probable des prix des carburants: Les opérateurs s?inquiètent
Quelle surprise, agréable ou désagréable, nous réserve encore le prochain exercice de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) sur l?essence, le diesel et l?huile lourde ? Les automobilistes et industriels seront fixés à l?issue de la réunion du comité de l?APM prévue demain.
Mais en attendant, les opérateurs du privé, tous secteurs confondus, cachent difficilement leur anxiété. Car une hausse des prix des carburants ne ferait qu?augmenter les coûts de leurs opérations.
Pour Patrick Assirvaden, président du Central Electricity Board (CEB), la situation s?aggrave. «C?est certain qu?à 142 dollars (Rs 3 976) le baril du brut, ça a un impact sur les finances du CEB. Nous achetons 200 000 tonnes d?huile lourde par an. Pour chaque dollar qui monte, sur une tonne d?huile lourde, ça représente un coût additionnel de Rs 6 millions pour nous», dit-il.
C?est le même langage que tient Ahmed Parkar. Le président de la Chambre de commerce et d?industrie et Managing Director du groupe Star Knitwear fait ressortir que «la flambée des prix des produits pétroliers a un impact direct sur les opérations de son entreprise».
«Le coût de l?approvisionnement en huile lourde a augmenté considérablement, pour nous, comme pour d?autres entreprises aussi. Nous avons utilisé des produits, notamment des accélérateurs, pour améliorer l?efficience de la production.» Malgré cela, dit Ahmed Parkar, son entreprise n?a pu baisser les coûts d?opération. Et de faire ressortir que le coût de transport des employés augmente. «Avec le ralentissement des activités économiques en Europe et aux Etats-Unis, ajoute-t-il, il nous est difficile de faire passer cette hausse des coûts de production à nos clients.»
«Attendre que le cyclone passe»</B>
Le secteur du bâtiment est également affecté par la flambée des prix des produits pétroliers. «Nous avons les poids lourds, les véhicules et les excavateurs à faire fonctionner. Les coûts des matériaux de construction augmentent et les fournisseurs nous passent la note. Les produits pétroliers représentent 5 % de nos coûts d?opération», précise Avinash Gopee, directeur de Gopee and Co. Ltd.
Georges Chung Tick Kan, président de la Mauritius Export Association ajoute que «toutes les entreprises sont unanimes à dire que la flambée des prix des produits pétroliers est un problème pour elles».
«Cette flambée est un facteur externe. On n?y échappe pas. Il faut attendre que le cyclone passe. Pour certaines entreprises, ça représente une hausse de plus de 100 % de la note d?électricité», dit-il. En effet, en raison de la hausse du prix de l?huile lourde, le CEB avait, il y a quelques mois, introduit de nouveaux tarifs d?électricité pour le secteur industriel. Tarifs qui ont fait doubler leur note d?électricité.
<B>Variations d?une entreprise à l?autre</B>
Georges Chung Tick Kan fait ressortir que le prix des produits pétroliers représente une part significative de leurs coûts de production, notamment en raison du fret et du transport. Mais à son avis, il est difficile de dire quel a été l?impact total sur les coûts d?opération depuis le début de l?année. Car cela varie d?une entreprise à l?autre.
Lors du dernier exercice de l?APM en avril, le prix de l?essence est resté à Rs 41,50 le litre. Ce prix date d?octobre de l?année dernière. Le prix du diesel n?a pas changé depuis janvier, à Rs 35,60 le litre.
C?est surtout l?appréciation de la roupie mauricienne qui a permis aux prix de l?essence et du diesel de demeurer inchangés lors du dernier exercice de l?APM, même si les prix des produits pétroliers sur le marché international subissaient alors une hausse considérable.
En revanche, celui de l?huile lourde, utilisée généralement par le CEB, les usines de textile et d?autres encore, a baissé, passant de Rs 16,47 à Rs 13,18 le litre au cours du dernier exercice de l?APM.
<B>ALAIN BARBÉ</B>
<B>Kasenally : «Il faut plus de transparence»</B>
Vendredi, à Londres, le prix du baril de pétrole, le Brent crude, a atteint le chiffre record, en termes réels, de 142,13 dollars, avant de redescendre, à la clôture, à 140,16. Face à une telle explosion du prix de l?or noir, l?on se demande quelles seront les répercussions de cette folle flambée sur la décision de l?Automatic Pricing Mechanism (APM) demain.
Selon toute vraisemblance, l?impact de cette inflation sur la décision de l?APM serait important. Déjà, selon Swalay Kasenally, ancien ministre de l?Energie, et ancien président du CEB le simple fait que Maurice s?aligne sur le Platts Singapore (puisque le fournisseur de Maurice, qui est l?Inde, s?aligne sur Platts Singapore) plutôt que sur le Platts de l?Arabian Gulf, entraîne pour le pays, des charges supplémentaires de? dix à 15 dollars par tonne de produit raffiné acheté. Ce qui, selon Swalay Kasenally, est énorme. «Je ne comprends pas pourquoi Maurice, qui est plus proche du Golfe que de Singapour, achète son carburant 10 à 15 dollars plus cher, par tonne de produit raffiné sur le prix de Singapour. Je renonce à comprendre la logique derrière tout cela».
Autre anomalie, la prime. Selon Swalay Kasenally, elle constitue un élément déterminant car elle comprend, entre autres, le coût de l?assurance et du fret. «La prime fait la différence. C?est compte tenu du montant de celle-ci que les contrats sont octroyés. A Maurice, l?on entretient une opacité totale à ce sujet car l?on ignore le montant de la prime des produits pétroliers achetés. Ce montant est gardé bien secret» soutient Swalay Kasenally.
Si le prix de base de l?essence (basic value) est, de Rs 30,24 par litre, selon les chiffres officiels, ce produit parvient à Maurice au prix de Rs 18,90 le litre, soit une différence de près de Rs 12 par litre, selon Swalay Kasenally. «Les Rs 12 représentent certainement les taxes douanières, les profits réalisés par la STC et d?autres commissions,» révèle-t-il. «Depuis qu?on achète du pétrole chez la compagnie indienne Mangalore Refinery & Petrochemicals Ltd (MRPL), le ministre dit que le pays réalise un bénéfice de Rs 350 millions l?année. Je souhaiterais savoir comment nous sommes arrivés à ce chiffre, afin de le comparer à d?autres propositions. Je n?ai rien contre MRPL ni contre les autres raffineries indiennes qui sont très performantes pour la qualité de leurs produits, exportés partout, y compris vers l?Europe et l?Asie», a expliqué Swalay Kasenally. Indépendamment de tout cela, la STC, selon lui, perçoit Rs1,86/l au titre des charges d?importation, Rs1,55/l au titre de la Road Transport Authority (RTA) et enfin Rs 5,41/l pour la TVA, ce qui propulse le litre d?essence à la pompe à Rs 41,5 soit une différence de Rs 22,6 pour chaque litre d?essence vendu.
«Etant donné que l?Etat importe 90 000 tonnes de gazoline (essence) l?année, soit 122 580 000 litres, et en prenant en compte les Rs 22,6 que j?ai précédemment mentionnés, cela lui permet d?encaisser chaque année, près de Rs 2,77 milliards rien que sur l?essence. La contribution à la RTA pour l?essence et le diesel cumulés représente Rs 800 millions. Je me demande si ce n?est pas de ces Rs 800 millions que parle le ministre des Finances quand il dit consacrer Rs 1 milliard pour alimenter le road fund» s?interroge Swalay Kasenally. «A mon avis, la population ne bénéficie d?aucune subvention sur le carburant. Au contraire, c?est grâce aux diverses taxes que l?on perçoit d?elle sur chaque litre de carburant qu?elle consomme que l?Etat renfloue ses caisses», affirme Swalay Kasenally.
Nico PANOU</B>
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