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Grand-Baie, à l?heure de la mer

30 août 2005, 00:00

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La quatrième réunion des spécialistes de la Western Indian Ocean Marine Science Association (WIOMSA) débute aujourd?hui à Grand-Baie. Le thème en est : ?La contribution de la recherche à l?amélioration du bien-être de l?humain et au soulagement de la pauvreté .? Les140 scientifiques du monde entier présenteront le fruit de leurs recherches relatives à la science marine.

? Il est difficile pour les pays en développement de faire avancer la science. La pire chose qui puisse arriver à une communauté scientifique émergente est que le résultat de ses efforts ne soit pas utilisé. Le défi des politiciens sera de créer les institutions appropriées et d?utiliser la connaissance scientifique pour le bénéfice de toute la société ?, a déclaré le Dr Patricio Bernal, assistant directeur général de l?Unesco et secrétaire exécutif de la commission océanographique intergouvernementale(COI).

Les travaux de la conférence couvriront divers domaines. Des spécialistes en crabes, dugongs, moules et des habitats de la vie marine partageront aussi leurs expériences. Maurice, organisatrice de la réunion, contribuera aux diverses présentations, dont la restauration de ces habitats et une évaluation des dangers dans le port. La présidente de la WIOMSA, le Dr Nyawira Muthiga, a elle dénoncé le fléau de la pauvreté qui frappe la majeure partie des populations de l?ouest de l?océan Indien.? Cette réunion ne servira pas seulement à l?échange de données, mais traitera aussi de nombreuses questions sociales. Elle nous permettra à apprendre les uns des autres?, devait-elle préciser.

Le troisième forum national des sciences océanographiques de la Mauritius Oceanography Insitute (MOI ) a été ouvert hier. Plusieurs présentations y ont été faites, dont ?l?éducation marine dans le curriculum scientifique? (voir encadré) par le Mauritius Institute of Education (MIE) et l?université de Maurice. ?Cet événement est reconnu comme étant le plus important rassemblement, à Maurice, de scientifiques, d?académiciens et de décideurs concernés par les questions liées à l?océan?, a fait remarquer Suresh Seebaluck, secrétaire aux Affaires intérieures. Des chercheurs mauriciens participent à ce forum pluridisciplinaire, divisé en cinq sessions : l?écologie, la conservation et la gestion marine, la chimie et la biologie marines, la gestion de la pêche, la gestion de désastres.

Pour le ministre de l?Environnement, Anil Bachoo, ce forum ?permet la coordination des efforts de nos scientifiques marins afin d?éviter toute répétition inutile et gaspillage de nos précieuses ressources?. Il a annoncé qu?il fera ?une utilisation totale des dispositions du Environment Protection Act pour assurer la protection et l?utilisation durable des ressources marines, de nos zones côtières et maritimes?. Anil Bachoo a également déclaré que la législation environnementale sera ?renforcée? et que le Integrated Coastal Zone Management (ICZM) Committee deviendra ?plus fonctionnel ? : ?La zone économique exclusive pourra jouer un rôle vital pour le bien-être des pays de la région?, devait-il conclure.

La cérémonie d?ouverture du forum et de la réunion de la WIOMSA a aussi vu le lancement de l?Atlas on Mapping of the Marine Habitats of the South East Coast of Mauritius. Compilé par Rezah Badal de la MOI et financé par l?Union européenne, cet atlas bilingue comprend des cartes de haute résolution qui classifient les habitats côtiers majeurs et leurs richesses écologiques. Il sera bientôt disponible en CD-Rom.

Questions à ? Jayantee Naugah

directrice de l?école des sciences et des maths à la MIE

● Quel est votre constat de la présentation concernant l?Education marine dans le curriculum scientifique ?

Il existe déjà des éléments de la biologie marine aux niveaux du primaire, du secondaire et de l?enseignement supérieur. Mais il faudrait que ces éléments soient plus visibles. Par exemple, la MIE emmène des enseignants et des élèves à la mer pour qu?ils y effectuent des travaux sur le terrain. Les étudiants examinent la biodiversité et la qualité de l?eau, ce qui leur donne une meilleure idée de ce qui se passe dans l?environnement marin. Cependant, il faut tout de même qu?il y ait plus de travaux pratiques.

● Pourquoi mettre autant d?accent sur la biologie marine ?

Nous sommes entourés par la mer mais les enfants ne sont pas conscients de ce qui se passe sous l?eau, comme la dégradation de l?environnement, les tsunamis?Il faut qu?ils soient impliqués dans la mer car elle touche au tourisme, à l?agro-industrie et au principe du seafood hub.

● Que préconisez-vous ?

Une approche pédagogique, un projet d?eco-school, un plus grand contenu sur la biologie marine dans le curriculum pour conscientiser les élèves et rendre ce sujet plus visible. On demande aussi qu?une task force soit mise sur pied pour étudier la question. Je pense que les sciences devraient être obligatoires jusqu?à la Form VI.

● Quelle est votre prochaine étape ?

Nous allons incessamment soumettre notre étude au ministère de l?Education et de la Recherche scientifique. Nous avons déjà les ressources humaines requises et nous n?avons pas besoin de beaucoup d?équipement. Il faut donner l?occasion aux élèves de s?intéresser à la mer. Il faut aussi former les enseignants sur différents aspects, telle la sécurité.

● Selon vous, la mer doit-elle occuper une place bien plus importante dans la vie des Mauriciens ?

Tout à fait. Surtout pour ce qui est de la protection de l?environnement. Maurice joue un rôle important au niveau de la SADC et des petits Etats insulaires en développement et elle a un devoir de partager ses expériences avec les pays de ces organisations régionales.

Propos recueillis par Nicholas RAINER

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