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Geoff Hurst : “J’ai changé la vie des Anglais”
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Geoff Hurst : “J’ai changé la vie des Anglais”
Il n’avait ni le talent de Stanley Matthews, ni la polyvalence de Bobby Charlton, ni le caractère de Paul Gascoigne et encore moins le côté glamour de David Beckham. Pourtant, sir Geoff Hurst, 64 ans cette année, est certainement le footballeur qui a le plus marqué l’esprit des Anglais.
Pour cause, celui qui n’était, à ses débuts, qu’un attaquant efficace, certes, mais terriblement discret et effacé, a, en un match, changé l’histoire de l’Angleterre. Ce match, est-il vraiment nécessaire de le rappeler, c’est la fameuse finale de la Coupe du monde 1966, à Wembley, qui a vu la Blonde et perfide Albion dompter dans la plus grande controverse l’Allemagne, 4 buts à 2 après prolongations, pour s’offrir l’unique titre majeur de son histoire. Et dire que Geoff Hurst ne devait même pas participer à cette Coupe du monde, ne devant finalement sa sélection qu’à la blessure de Jimmy Greaves. Toute une histoire...
Ce 30 juillet 1966, à vrai dire, Hurst était en état de grâce, se signalant par un mémorable hat-trick, exploit qui, depuis, attend toujours d’être renouvelé en finale d’une Coupe du monde, exploit qui, en outre, lui a valu d’être anobli par la Reine en 1998.
Des trois buts de Hurst, un fait encore parler de lui. Le deuxième, inscrit à la 101e minute d’une prolongation démentielle. Un but qui, trente-neuf ans après, suscite encore de bien belles polémiques, alimente encore les conversations. Le ballon a-t-il franchi la ligne après avoir heurté la transversale ? That’s the question…
Sir Geoff Hurst, lui, a sa petite idée, mais il le garde pour lui. “Ce qui je crois n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est que l’arbitre l’a accordé”, nous a-t-il confié lors d’un entretien exclusif à l’hotêl Saint-Géran.
Son sourire gêné, pourtant, en dit long. Et les technologies ne plaident pas non plus en sa faveur. De récentes séquences d’images retravaillées montrent, en effet, que le ballon n’est jamais entré, que ce but n’aurait pas dû être accordé par le fameux monsieur Dienst, l’arbitre suisse du match. Mais Geoff Hurst n’en est toujours pas convaincu. “Vous savez, les technologies se contredisent. D’ailleurs, d’autres séquences d’images montrent clairement qu’il y a but. A ce jour, rien n’est définitif. En réalité, on ne saura jamais”.
Si ce but controversé fait, aujourd’hui, partie du folklore du football, c’est pourtant le quatrième, inscrit en toute fin de match, qui a été le plus montré à la télévision. Pour cause, il est associé à une phrase devenue célèbre, prononcé par Kenneth Wolstenholme, qui commentait le match sur la BBC. “They think it's all over… it is now”, avait-il dit au moment où Geoff Hurst parachevait le triomphe de l’Angleterre, faisant ainsi référence aux 94 000 spectateurs présents dans les gradins de Wembley, dont certains avaient entrepris de pénétrer sur le terrain avant le coup de sifflet de l’arbitre, alors que le tableau d’affichage indiquait toujours 3-2.
Le temps a fait son oeuvre et, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Mais Geoff Hurst n’a, pourtant, rien oublié de son brillant récital du 30 juillet 1966. Parce que, dit-il, les souvenirs font vivre l’homme. “Quarante ans après, on en parle toujours, vous vous rendez-compte ? Ce triplé, cette victoire contre l’Allemagne, c’est probablement le plus grand moment de l’histoire du sport anglais. Alors, forcément, je n’en suis pas peu fier”, témoigne-t-il, le regard aussi trouble et perçant qu’autrefois.
Le récital de Geoff Hurst a, de son propre aveu, “changé la vie des Anglais”, a rendu à l’Angleterre sa fierté et sa dignité. Le bonhomme en est pleinement conscient même si, insiste-t-il, l’épopée de 1966 reste, avant tout, celle d’un brillant collectif où se distinguaient, entre autres, Banks, Cohen, Charlton, Moore, Wilson, Stiles, Peters, Ball ou encore Hunt, pour ne citer qu’eux. “C’est la victoire d’une équipe, d’une famille. Disons que j’ai joué un rôle primordial dans ce groupe-là”, dit-il. Et d’ajouter, tout sourire : “Il m’arrive de temps à autre, comme tout le monde, de revoir des extraits de cette finale à la télévision. Parfois, je me dis : Ô mon Dieu, c’est moi !”
On a peine à le croire, c’est dans un modeste club, West Ham en l’occurrence, que Geoff Hurst s’est révélé à son pays. Sous le maillot grenat des Hammers, qu’il a porté de 1958 à 1972, il a joué 499 matches pour 248 buts, remportant au passage la Coupe d’Europe des vainqueurs de Coupe en 1965, cela un an après avoir décroché la FA Cup. Au cours de sa carrière, Hurst a été plébiscité trois fois par ses pairs meilleur joueur de l’année.
“West Ham, c’est le club de mon coeur. Petit, je rêvais de jouer à Upton Park. Je crois, aujourd’hui, pouvoir dire que je me suis bien tiré d’affaire”, plaisante-t-il. “J’étais vraiment heureux à West Ham, où je me suis épanoui, où j’ai relevé plein de défis. Je n’ai jamais voulu quitter les Hammers”.
Pourtant, Geoff Hurst aurait pu légitimement aspirer à mieux. En 1968, l’année où Manchester United remportait, à Wembley, la Coupe d’Europe des clubs champions au détriment du grand Benfica Libonne, Hurst avait été approché par le légendaire Matt Busby, le Alex Ferguson de l’époque. “Mais l’expérience ne m’a pas tenté. J’étais bien à West Ham et, franchement, je ne me voyais pas jouer à Manchester”, explique-t-il.
En ce temps-là, il est vrai, les mercenaires du football n’existaient pas.
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