Publicité
Fêtes sous les tropiques
Une fois n?est pas coutume. C?est en catamaran que le père Noël a choisi de distribuer leurs cadeaux aux enfants des clients de l?hôtel Le Canonnier. A 11 heures hier matin, environ 70 de ces petits sont allés à sa rencontre sur la jetée de l?hôtel pour recevoir leurs présents, étiquetés à leur nom respectif. Déjà la veille, la plus grosse partie de la distribution s?était faite aux parents, directement dans les chambres.
Pour ces touristes qui ont choisi de passer leurs vacances sous les tropiques, il fallait quand même célébrer ce soir du 24 décembre, même s?il fallait le faire différemment, en dérogeant aux traditions. Là était le défi que devaient relever les hôtels mauriciens : organiser un programme de Noël digne de ce nom pour plaire à tous les clients, en tenant compte des différentes coutumes des cultures et origines de chacun.
Cocotier en guise de sapin
En ce 24 décembre, l?hôtel Le Canonnier est plein à 70 %. La majorité de la clientèle est française. Il n?est pas question d?offrir à ces visiteurs, qui ont choisi ce long déplacement vers l?océan Indien, une soirée de Noël comme ils en connaissent chez eux. C?est ainsi qu?est né le concept du ?contemporain exotique.? Jimmy Lan, manager de l?hôtel, sourit devant notre étonnement. Il explique qu?il ne s?agit pas que d?un concept théorique. A l?hôtel Le Canonnier, le ?contemporain exotique? se traduit par de grandes branches de cocotiers en guise d?arbres de Noël, sobrement habillées de lumières et de quelques décorations. A la place des guirlandes traditionnelles, d?autres feuilles de palmiers teintées de rouge sont accrochées aux murs?
Les quelques 200 clients de l?hôtel ont été informés par le dépliant ?programme de Noël? placé dans les chambres que les enfants sont invités à un buffet spécial et à une crèche animée sous le grand banian. Quatre b?ufs et quelques chèvres ont permis de recréer l?ambiance de la Nativité bien que, à 10 heures, toute ?l?étable? dormait profondément, indifférente au véritable branle-bas alentour. Pour l?occasion, un bébé d?un an, client de l?hôtel, assurait la présence de l?enfant Jésus.
La dinde était absente du menu du réveillon. Hors-d??uvre, huîtres, langoustes, fois gras, sushi, saumon fumé, terrine de lièvre avoisinaient l?autre buffet, celui de la charcuterie avec son jambon de parme, salami et autre saucisson sec. Camarons au tandoori, brochettes de poisson et de calamar, sanglier rôti, b?uf grillé ou encore gigot d?agneau rôti étaient quelques-uns des plats chauds proposés. Les végétariens n?étaient pas oubliés, les cuisiniers concoctant le choix du client, dans le souci de l?offre d?un service spécialisé.
Côté spectacle qui suit le dîner, il faut avouer que le programme offert ne crée pas une ambiance spécialement Noël. Aucun de ces groupes qui se produisent dans les hôtels n?a un tel programme spécial, sa préparation n?étant, semble-t-il, pas rentable. C?est donc un spectacle ?latino? que présente le groupe Corame, dans une ambiance résolument festive, à en juger par les déhanchements sur la piste de danse. L?important, c?est de s?amuser. Mais la journée ayant sans doute été bien remplie, à 23 heures, la plupart des clients-parents sont dans leurs chambres. Pour les couche-tard, un bar spécialement aménagé leur permet de continuer à faire la fête jusqu?aux petites heures du matin.
A minuit, les chanteurs du groupe Corame chantent ?Petit Papa Noël.? Certains clients de l?hôtel sont allés à la messe, d?autres ont déjà oublié l?avènement de Jésus. Ce qui importe, c?est de passer un bon réveillon de Noël. A une heure du matin, on sert des samoussas chauds pour accompagner le vin qui coule à flots. Depuis longtemps, les petits dorment à poings fermés.
Publicité
Publicité
Les plus récents