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Fondation Radio One : Pour qu’on s’intéresse enfin aux plus pauvres d’entre les pauvres

2 octobre 2010, 20:00

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Fondation Radio One : Pour qu’on s’intéresse enfin aux plus pauvres d’entre les pauvres

Le jeudi 16 septembre, étaient désignées après tirage au sort les huit familles bénéficiaires de maisons qui seront construites avec l’argent recueilli dans le cadre du projet «La Petite Maison du Bonheur». Pour la Fondation Radio One, il s’agit de combattre la pauvreté en commençant par les plus pauvres. Aux autres entreprises et à l’Etat de lui emboîter le pas maintenant.

Yolande Telcide ne cesse de remercier Dieu. A chaque fois qu’Aurore et Elié, ses deux enfants de 3 et 5 ans trébuchaient sur les graviers, en guise de sol, dans leur bicoque en tôle et en bois brut, cette cleaner de 28 ans leur répétait : «Dir Jesus fer maman gagn enn Sali.»

Vendredi, 13 h 30. C’est une maman toute pétillante de joie, que lexpress.mu a retrouvée sous le soleil de Cité-La-Cure, dans la banlieue de Port-Louis. «C’est une grâce de Dieu. Je le remercie ainsi que Radio One car mes enfants pourront enfin avoir une maison avec un sol et un toit», raconte, émue, Yolande Telcide.

Toujours à Cité-La-Cure, sur une petite parcelle de terre que lui a donnée l’Etat, Idranee Guihanchang, une jeune mère célibataire de 23 ans, se dit comblée. Avec l’opération «Petite Maison du Bonheur», celle-ci a vu se réaliser son rêve d’avoir une vraie maison aménagée.
«Quand j’ai entendu mon nom à la radio, je n’ai pas cru mes oreilles. Je suis très heureuse car mes deux enfants, Gwan et Samuel, ne subiront pas le même sort que moi», déclare celle qui dit toucher une maigre pension sociale mensuelle de Rs 1 704.

Pour rappel, Louis Eddy Latio et Pierre Perrine, de Belle-Mare Assikumar Goodur, de Poste-La-Fayette Marie Yolande Telcide, Idranee Guihanchang et Jessica Catherine Tiatouche, de la Cité-La-Cure Marie Dominique Moussa Guillaume, de Cotteau-Raffi et Iqbal Caunhye de Vallée-Pitot, vivent un tournant de leur vie.

Ces huit familles vulnérables bénéficieront d’ici à début janvier 2011, d’une maison à moindre coût suite à une levée de fonds et de matériaux entreprise par la Fondation Radio One en février dernier.

Les Rs 2, 7 millions et les dons des matériaux de construction, estimés à Rs 2, 4 millions, serviront à la construction de huit maisons, sur une superficie de 81,84 m², chacune.
Pour Jean-Claude de l’Estrac, président du conseil d’administration de La Sentinelle et de Viva Voce, société propriétaire de Radio One, il s’agit là d’une forme d’aide à ces Mauriciens, vivant dans un tel état de précarité, qu’ils sont incapables de profiter des programmes mis en place par l’Etat pour aider les plus démunis. Des personnes, souligne-t-il, qui ne peuvent même pas accéder à la propriété.

«Pourtant, 90% des Mauriciens sont propriétaires de leur maison, qui est un taux plus élevé que dans les pays riches, où ce pourcentage tourne autour de 60 et 70%. Mais peut-on dire qu’elles soient de bonne qualité ? Et malgré tout ça, il existe un grave problème de pauvreté à Maurice», indique notre interlocuteur.

C’est la raison pour laquelle la Fondation Radio One a décidé de «montrer une voie et nous souhaitons maintenant que d’autres entreprises ainsi que l’Etat fasse de même, mais sans que nous ayons la prétention de résoudre ce problème. C’est par dessus tout, un moyen de braquer les projecteurs sur ces gens extrêmement pauvres et qui ont besoin d’aide», souligne Jean-Claude de l’Estrac.

Il existe, toujours selon ce dernier, deux axes de soutien pour venir en aide à ces personnes vivant dans une pauvreté saisissante. D’une part, la préscolarisation - d’où la première initiative de la Fondation Radio One «Prendre un enfant par la main», une action que la Fondation Radio One compte poursuivre – et, d’autre part, le logement.

Cassam Uteem, le président de la Fondation Radio One partage aussi ce point de vue. «C’est une goutte d’eau dans l’océan, comme l’a dit Jean-Claude de l’Estrac, mais c’est toujours une contribution, au nom de la population mauricienne à travers la Fondation Radio One. J’espère maintenant que d’autres suivront pour résoudre le problème de la pauvreté et des gens mal logés.»
Sollicité par lexpress.mu, Yannick Rose, le Project Manager de cette action sociale de la Fondation Radio One, nous apprend que les constructions démarreront à Cité-La-Cure, avant d’enchaîner avec Vallée-Pitot, puis les autres régions.

«D’après le planning, la construction d’une maison devrait prendre trois mois. On a effectué une visite des lieux à Cité-La-Cure en début de semaine et on attend que le contracteur finalise le plan pour pouvoir entamer les procédures auprès de la municipalité. Je demande aux familles d’être patientes car il y a tout un plan de travail à respecter», fait ressortir Yannick Rose.
Chaque petite maison du bonheur comprendra trois chambres à coucher, une cuisine, une salle de bains, toilettes et sanitaires ainsi qu’une varangue. Le tout dans un confort et une qualité assurés par Design Bois Océan Indien, le contracteur.

Petit rappel. 16 familles avaient été identifiées, au début, grâce à un travail de la National Empowerment Foundation (NEF) et du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups. Celles-ci devaient répondre aux critères suivants : être propriétaire d’un terrain, percevoir un revenu mensuel de moins de Rs 5 000 et avoir deux enfants ou plus.

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