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Fin du calvaire pour neuf marins philippins
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Fin du calvaire pour neuf marins philippins
C?est sans regret que Sho et ses huit compagnons ont quitté Maurice jeudi soir. Voilà un mois que ces Philippins, engagés sur un navire, le Ruei Chi Fa, avaient quitté leur pays pour une campagne de pêche de trois mois.
Ils ont, disent-ils, été contraints d?y mettre fin à cause de « mauvaises » conditions de travail. Pour ce faire, ces neuf marins ont pris de force le contrôle du navire, avant de mettre le cap sur Port-Louis.
C?est en début de semaine que les neuf marins¸ exténués par les longues heures de travail, demandent au capitaine la permission de faire une pause. Ce dernier, racontent-ils, refuse, exigeant qu?ils se remettent au travail. Sho et ses compagnons n?en peuvent plus. « Le capitaine nous traitait vraiment mal. Il nous disait à chaque fois que si nous refusions de travailler, nous n?aurions pas à manger », expliquent, unanimes, les marins.
Le capitaine, d?origine taïwanaise, allèguent-ils, les obligeait à enchaîner jusqu?à vingt heures de travail sans aucune pause. Et la liste des doléances ne s?arrête pas là. Leur repas, toujours selon leurs dires, ne consistait, la plupart du temps, que d?un bol de riz avec un bouillon « dégoûtant ».
Une version contestée par le capitaine du navire qui aurait expliqué que les neuf Philippins refusaient la nourriture qui leur était servie. Pour ce qui est de leur salaire, les marins affirment ne pas avoir été payés pour le mois d?octobre.
Face à ces « mauvais traitements », ils décident de regagner Maurice coûte que coûte. Pour cela, ils prennent le contrôle du navire de pêche. Une opération, qui, assurent-ils, se serait déroulée sans heurt. « Nous nous sommes rendus dans la cabine de contrôle et nous avons demandé au capitaine de nous donner le contrôle. Ce qu?il a fait sans protester », expliquent les marins.
Ils l?ont menacé d?un couteau
Interrogés sur l?attitude des autres membres d?équipage, ces derniers expliquent qu?ils sont restés en retrait, mais ne soutenaient pas moins leurs actions. Ce qui pourrait en partie expliquer qu?ils n?aient pas tenté d?intervenir lors de la mutinerie.
Du côté du représentant de la compagnie asiatique à Maurice, l?on maintient que la version donnée par le capitaine du bateau à son arrivée à Port-Louis est sensiblement différente de celle des neuf membres d?équipage. Selon le capitaine, les neufs marins, munis d?armes blanches, auraient investi la cabine de contrôle de force, avant de prendre les commandes du bateau. Les marins philippins, aurait-il déclaré aux autorités mauriciennes, l?auraient tenu en respect pendant deux jours en le menaçant avec un couteau. Le capitaine aurait cependant choisi de ne pas porter plainte.
Les neuf membres d?équipage ont regagné leur pays jeudi. Ils sous-entendent qu?ils ne sont pas prêts de rechercher du travail comme marins pêcheurs. Originaires de provinces pauvres, ces neuf marins étaient autrefois paysans. Ils ont laissé tomber leurs champs en espérant gagner plus d?argent en travaillant sur un navire de pêche. Pour ce qui est de leur avenir professionnel, ils ont confié qu?ils ne comptent pas embarquer sur un bateau de pêche de sitôt.
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