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Fils de pub

28 juillet 2007, 00:00

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Fils de pub

«L?art, je suis fait pour ça. Je ne me vois pas faire autre chose,» explique Juno Gentil. L?heureux récipiendaire du Best Student Final Project sourit jusqu?aux dents de cette victoire au tournant. La surprise était aussi au rendez-vous.

Après des résultats satisfaisants et un diplôme en poche en Fine Arts de l?Université de Maurice en affiliation avec le Mahatma Gandhi Institute (MGI), il ne pouvait rêver mieux. A moins d?un emploi dans la pub le plus vite possible.

Tout a commencé par un projet de fin d?année. Grande interrogation pour Juno Gentil à ce moment-là. Quel thème abordé ? L?avortement ? Un camarade de classe a déjà opté pour le sujet. Et pourquoi pas la violence dans les écoles ? Un sujet qui a interpellé ce jeune homme de 23 ans alors qu?il parcourt l?actualité de notre pays et d?ailleurs.

Un professeur agressé, un autre empoisonné. Il se décide : teaser ad, billboard, poster, stickers? les différents composants de son projet seront frappés de son slogan : «Pa laiss to lavi dechirer avek violens.» Juno Gentil interroge les gens aux alentours pour mieux comprendre ce problème de société : professeurs du cycle primaire et secondaire, parents de différents milieux?

Pour bien cerner le problème. Juno aborde les causes et les conséquences de cette violence. Cinq mois de travail qui aboutissent à ce projet qui lui rapporte des notes «satisfaisantes» pour son diplôme en Fine Arts.

Puis un jour, toujours en feuilletant les journaux, Juno Gentil tombe sur une annonce pour participer aux AAA Design Awards 2007. Avec un groupe d?amis, il décide d?y participer. Mais avant en bon élève, il demande la permission à ses chargés de cours pour soumettre son projet de fin d?année à cette compétition. Et le samedi 21 juillet, Juno reçoit un appel annonçant qu?il a gagné. Bonne surprise.

L?Award du Best Student Final Project attribué par l?Association of Advertising Agencies (AAA) sera le deuxième prix à ajouter à son c.v. Le premier est un trophée reçu pour un concours de poster organisé par l?Independent Commission Against Corruption en septembre 2006.

Et à la question : Qu?est-ce qui le pousse à participer aux concours ? Juno Gentil répond d?emblée : «L?art est fait pour être vu. J?aime m?exprimer par le dessin. C?est ma passion. Mais j?ai une préférence pour le design. Et je ferais de ma passion, mon métier,» souligne Juno Gentil.

Baigné dans un monde artistique grâce à son père tombaliste-sculpteur, influencé par son frère graphic designer, Juno Gentil a toujours su que son métier sera d?ordre artistique. Plus particulièrement la pub. Les études terminées, le voilà sur le marché, prêt à travailler. Pour acquérir très tôt de l?expérience.

«J?ai conscience que j?ai des lacunes et je veux apprendre le plus vite. Lors de mes stages, je me suis rendu compte que dans les agences de pub, les choses se passent de façon plus directe. Et que le métier est de plus en plus exigeant.»

Mais d?un boulot, il en a aussi besoin aussi pour soutenir sa famille. Sa mère, surtout, qui a fait d?énormes sacrifices pour lui permettre d?étudier. Son papa étant décédé.

Les entretiens d?embauches se multiplient mais toujours pas de réponses positives. Mais Juno Gentil ne baisse pas les bras. Optimiste et motivé, il est déterminé et croit en sa bonne étoile.

<B>Parole d?artiste</B>

« A cause de certaines mentalités, sensibilités, tabous à Maurice, la pub se trouve être parfois coincée. Elle doit faire des pirouettes, emprunter des contours pour aborder certains sujets alors que dans le contexte européen, ils peuvent se permettre d?être plus direct. Un état d?esprit qu?il faut changer. Car à Maurice, il y a beaucoup de créativité et de talent au niveau de la pub mais ce blocage met desbarrières à la libre créativité. De plus le monde de la pub est restreint et il est très difficile d?intégrer cet univers.»

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