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Fermeture et licenciements
La situation dans l?industrie touristique à Rodrigues va de mal en pis. Après le groupe Mauritours qui annonce la fermeture de son hôtel, Les Cocotiers, mettant ainsi 48 personnes sur le pavé (avec paie), c?est maintenant le tour de l?hôtel Ebony Mourouk de licencier 18 de ses employés.
La situation était déjà difficile l?année dernière. La direction de l?hôtel avait annoncé à son personnel en août que les conditions financières de l?hôtel étaient difficiles et avait laissé entendre qu?il y aurait des licenciements. Or, à l?époque il y a eu une réunion entre la direction et le personnel. Et c?est en cette période que les salaires du personnel avaient été réduits de 25%. Jane Prudence, assistante directrice de l?établissement déclarait que ce sont les employés qui avaient demandé de réduire leur salaire pour aider l?entreprise.
Ce sacrifice n?a servi à rien car en fin de semaine, 18 employés ont reçu leur feuille de route. La réduction du salaire n?a pas empêché l?inéluctable de se produire L?assistante directrice explique cette situation par le fait qu?il n?y a pas eu beaucoup d?arrivées dans l?île, mais l?effet contraire : environ 7 000 touristes en moins que les précédentes années.
Jane Prudence ajoute qu?il y a aussi over staffing. Parmi les 18 licenciés, dit-elle, une dizaine d?employés avaient demandé, quand le sujet a été abordé une première fois en août dernier, de les mettre sur la liste de départ si jamais il y avait licenciement.
La fermeture de l?hôtel Les Cocotiers est également la conséquence d?une baisse dans l?arrivée des touristes. La direction a accepté de payer huit mois de salaires aux personnes licenciées jusqu?à ce que l?hôtel soit de nouveau opérationnel. Pierrot Prospère, du Rodrigues tourism industry and allied workers union, syndicat regroupant les employés du secteur du tourisme affirme que la direction de l?hôtel a donné la garantie écrite que les licenciés seront embauchés.
Revoir la stratégie
Les professionnels du tourisme sont unanimes à dire que la situation est devenue très précaire. Ils craignent que d?autres établissements renvoient leur personnel. Ils annoncent que c?est le coût du billet d?avion, qui a pratiquement doublé pendant ces trois dernières années, qui est une des causes de la régression dans le nombre d?arrivées car les principaux touristes dans l?île sont des Mauriciens. De plus, dit-il, le marché réunionnais, ciblé par les autorités, ne marche pas comme prévu.
Pierrot Prospère est aussi de ceux qui sont d?avis que le tourisme va mal. ?Nous vivons un moment de crise. Tout le secteur passe par des moments difficiles?, dit-il.
Commentant la vague de licenciements, il affirme que tout s?est passé dans la légalité. Il dit ne pas comprendre pourquoi le Chef commissaire, Serge Clair, également responsable du portefeuille du tourisme ne fait pas une déclaration officielle, d?autant plus que c?est lui qui distribue des terrains à des promoteurs pour la construction de nouveaux hôtels.
Oumesh Rummen, un étudiant à l?université en Technologies in Tourism and Hospitality Management a basé sa thèse sur Sustainable development of tourism in Rodrigues. Dans sa conclusion, il a recommandé que les autorités responsables de la promotion touristique vendent la destination Rodrigues conjointement avec Maurice. De plus, il propose que les autorités proposent plus d?activités pour inciter les touristes, plus particulièrement les étrangers, à dépenser plus dans l?île.
Le jeune homme songe à un musée culturel et un autre dans la carrière de corail. Il a recommandé une série de projets pour créer plus d?activités pour les touristes. L?étudiant a également proposé un plan pour savoir où va l?industrie touristique.
Oumesh Rummen est d?avis qu?il faut encourager les gîtes et les tables d?hôte au lieu de la construction d?hôtels.
Tout laisse croire que si les touristes ne viennent pas en nombre d?ici le deuxième semestre, l?avenir sera morose pour ce secteur. Les tours opérateurs touristiques locaux misent sur les campagnes de promotion prévues en Europe pendant l?année pour donner un nouveau souffle à un pilier de l?économie rodriguaise qui a dû mal à prendre son envol.
PACKAGES
Accès au duty-free
■ ?La fermeture des hôtels à Rodrigues est très inquiétante car le secteur touristique est un des piliers de notre économie qui a crée et pourrait encore créer des emplois? constate Claude Wong So, Chairman de Airport of Rodrigues. Pour redynamiser ce secteur, il pense qu?il faut encourager les Mauriciens à se rendre dans l?île en donnant des ?packages incentives? et en leur donnant des facilités au duty-free shop. ?Il est normal que les Mauriciens qui s?y rendent veuillent acheter une bouteille de whisky ou une cartouche de cigarettes dans l?île. Il faut donc qu?ils puissent acheter des produits hors taxe?,insiste-t-il.
Autre suggestion : baisser le prix du billet, qui coûte Rs 5 200 actuellement, pour s?aligner sur le même prix qu?offre ?Catovair?, soit Rs 500 de moins. ?Je ne suis pas de nature pessimiste. Mais il faut se serrer les coudes pour mettre en place une stratégie à long et à moyen termes pour le développement de l?île, ceci pour éviter des problèmes sociaux?.
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