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Fatalement
Partout dans le monde les coûts de l?énergie sont en forte hausse. Pratiquement chaque jour, la presse étrangère rapporte que le baril de pétrole brut est en hausse et que le prix du gaz poursuit sa progression. En bonne logique, ces augmentations devaient induire des prix plus élevés pour les carburants et l?électricité chez nous. Donc, c?est sans surprise que les Mauriciens accueillent la cascade d?augmentations qui survient en ce début d?année, même si c?est avec un peu de peine.
Changement politique ou pas, rien ne peut arrêter les prix de prendre l?ascenseur. Une multitude de facteurs exogènes en est responsable. Le renchérissement des cours du pétrole sur le marché international, les fluctuations des taux de change et le fret rendu plus cher par la forte demande chinoise et indienne ont fatalement une incidence sur les prix pratiqués chez nous.
Il est maintenant évident que voter pour un parti ou l?autre ne change rien à l?affaire. La posture adoptée par les travaillistes, quand ils étaient dans l?opposition, avait produit le sentiment contraire. Soit, ils alléguaient une connivence entre l?Etat et des commerçants profiteurs ou alors ils accusaient le pouvoir de ne pas être sensible aux conditions de vie des citoyens affectés par les hausses. Or, dans une économie de marché et dans un pays qui dépend largement des importations pour ses produits de consommation, les prix ne sont pas le fait du gouvernement.
Certains persistent à vouloir attribuer à leurs adversaires politiques la responsabilité des augmentations de prix. Le président du conseil d?administration du CEB, Patrick Assirvaden, imputait la semaine dernière la hausse de 10 % de l?électricité à ?une gestion catastrophique? de l?ancienne direction. Il aurait suffi qu?il fasse confiance à l?intelligence des usagers et leur donne les vraies raisons de la hausse, sans chercher des échappatoires, pour faire avaler la présente pilule.
En ce qui concerne l?essence, l?ancien gouvernement avait, pour des raisons politiques, annulé l?exercice de révision de prix qui devait se tenir le 2 juillet dernier. Il a eu tort. Les nouveaux dirigeants auraient pu, eux, réajuster les prix aussitôt après leur installation d?autant plus que durant le mois d?août le pétrole atteignait des prix records sur le marché international. Ils ont laissé se creuser le déficit de la STC pendant trois mois, jusqu?en octobre quand l?Automatic Pricing Mechanism (APM) a été ranimé.
Pendant que le comité APM était mis en veilleuse, de juillet à octobre, le prix de l?essence était donc fortement subventionné. Il était l?un des plus bas au monde, provoquant une accumulation des dettes de la STC. Ce n?est qu?après la fermeture des bureaux de vote, le jour des municipales, que les nouveaux prix des produits pétroliers ont été annoncés. Le prix à la pompe avait une forte odeur de politique ce soir-là.
Quelle que soit leur idéologie, les dirigeants politiques doivent reconnaître qu?ils n?ont pas les moyens d?influencer durablement les prix. Ceux-ci ne peuvent pas être maintenus à un niveau artificiel pendant longtemps. Le ministre Rajesh Jeetah l?a d?ailleurs appris à ses dépens. Il a été contraint d?augmenter la marge des importateurs de lait en poudre après un terrible cafouillage et après le licenciement de plusieurs dizaines d?ouvriers affectés à l?ensachage du produit.
La conséquence la plus grave du numéro de Rajesh Jeetah a été de créer l?impression que le gouvernement peut contrôler les prix. Son comportement a pu accréditer l?idée que les prix ne sont pas déterminés par le marché mais qu?ils peuvent être administrés. Veut-il rendre son parti responsable de toutes les augmentations actuelles et futures ?
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