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Fallait-il réintégrer Prem Raddhoa ?
<B>Oui
Rudy Chedembrum secrétaire administrative de la Ligue contre le crime</B>
<B>Pourquoi êtes-vous en faveur de la réintégration de Prem Raddhoa ? </B>
Il a de très longues années d?expérience dans la police. Il a du flair. S?il a fait la démonstration qu?il peut apporter une contribution dans la lutte contre la criminalité, il est normal que sa compétence soit utilisée à bon escient.
<B>Sa réintégration n?est-elle pas une manière de cautionner un mode d?investigation sévèrement critiqué ? </B>
Tout policier devrait réaliser ses investigations selon les procédures établies. Prem Raddhoa ne fait pas exception à la règle. Le non-respect des procédures peut compromettre le bon fonctionnement de la justice. Notre association dénoncera tout abus de pouvoir. Cependant, la situation actuelle n?est pas la même qu?il y a quatre ans. Il existe un Complaints Bureau, où le public peut consigner des plaintes pour abus.
<B>L?importance accordée à Prem Raddhoa ne risque-t-elle pas de démotiver les autres ? </B>
Il ne faut pas limiter l?action de la police à Prem Raddhoa. La police compte de nombreux limiers qui font un excellent travail dans l?ombre. Prem Raddhoa est plus médiatisé que ses collègues. Cela ne diminue pas le mérite de ces derniers. En tant que fonctionnaire de police, il a un devoir de réserve.
<B>La situation est-elle si désespérée au point de faire appel à un super policier ? </B>
L?absence de statistiques compilées par un organisme indépendant rend difficile une évaluation scientifique de la situation de law and order. Cependant de toute évidence, il y un changement du comportement criminel et également une banalisation de la violence qui est dangereux pour notre société. Le traitement des faits divers par les radios privées, le retard dans la résolution de certains crimes et l?audace des criminels ont certainement accentué le sentiment d'insécurité.
<B>Quels sont les objectifs de votre organisation ? </B>
Notre devise, c?est de sensibiliser et de responsabiliser la population par rapport à la criminalité.En septembre, nous publierons un rapport sur la délinquance juvénile. Puis nous démarrerons une étude pour élaborer une politique de prévention avec l?aide des organisations locales.
<B>Non
Rajni Lallah porte-parole de Justice, association contre la violence par des officiers de l?État</B>
<B>Pourquoi Prem Raddhoa ne devrait-il pas être réintégré ? </B>
Les raisons sont nombreuses. Le transfert de Raddhoa est une décision du commissaire de police en attendant « que les affaires contre lui soient cleared ». Il y a aussi eu la réaction du public. En 2001, dans une pétition remise au maire de Curepipe, plus de 500 personnes ont dénoncé ses méthodes. Ce dernier a systématiquement refusé de participer à une parade d?identification après que des allégations de torture contre Cehl Meeah ont été formulées contre lui. Sa crédibilité a été sérieusement entamée. La Commission nationale des droits humains a référé le cas de Martine Desmarais au Directeur des poursuites publiques pour violation de ses droits constitutionnels et traitements inhumains. Et il y a d?autres cas.
<B>Face à certains suspects, les aveux peuvent-ils être obtenus autrement que par des méthodes musclées ? </B>
La recherche d?indices et de preuves scientifiques sont les meilleurs moyens de résoudre une affaire. Les aveux forcés sont inacceptables et d?ailleurs irrecevables devant une cour. Le recours à des méthodes musclées présuppose qu?il existe deux catégories de citoyens : ceux contre lesquels ces méthodes doivent être utilisées et les autres. C?est une atteinte à la présomption d?innocence.
<B>Les garde-fous n?ont-ils pas réduits ce type de comportement des policiers ? </B>
C?est une honte pour le pays que des actes de violence par un fonctionnaire se perpétuent et restent impunis. Le Bureau des plaintes a été discrédité. La Commission souffre de carences structurelles bien connues. Il n?y a pas eu de poursuites même dans les cas de brutalité policière référés au DPP par la Commission. Le Comité des droits humains des Nations unies l?a d?ailleurs souligné dans son rapport de mars 2005. Il a demandé au gouvernement de faire état des sanctions prises contre les fonctionnaires qui ont violé les droits humains des victimes.
<B>Prem Raddhoa ne symboliserait-il pas davantage la sécurité ? </B>
Il symbolise plutôt l?impunité. Les actes de brutalité constituent un délit criminel. C?est à la cour et non à la police d?établir la culpabilité d?un suspect.
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