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Exploiter l?Agoa au-delà du textile
Maurice et les pays de l?Afrique subsaharienne n?exploitent pas assez les opportunités de l?Africa Growth and Opportunities Act (Agoa). La quatrième édition de l?Agoa Forum qui se tient à Dakar vise notamment à explorer de nouveaux créneaux d?exportation vers les Etats-Unis.
Beaucoup de pays bénéficiaires, dont Maurice, se sont limités au textile-habillement, alors que l?Agoa présente d?immenses opportunités d?échanges. Le ministre des Affaires étrangères, Madan Dulloo, axera son intervention sur la nécessité de mettre en place des stratégies commerciales appropriées. Il préside ce matin un atelier de travail sur la question.
L?Agoa offre un accès préférentiel au marché américain à 4 600 produits africains. L?Afrique du Sud a saisi l?aubaine en écoulant aux Etats-Unis une vaste gamme de produits industriels, y compris des voitures.
Les autres pays n?ont pas les capacités industrielles ou les moyens commerciaux pour se hisser à ce niveau. Il y a un urgent besoin de faciliter le transfert des capitaux, des technologies et des compétences vers les pays de l?Afrique subsaharienne. L?investissement US dans la région peut changer les données.
La conférence de Dakar examinera les investissements américains post-Agoa en Afrique. Le chef de la diplomatie mauricienne a eu hier un tête-à-tête avec le président sénégalais Abdoulaye Wade avec qui le sujet a été abordé. ?Les deux hommes ont évoqué la nécessité d?accroître les investissements américains en Afrique subsaharienne. Ils ont exprimé la volonté de mettre en place un mécanisme qui faciliterait l?implantation des entreprises américaines dans la région?, indique Narainduth Boodhoo, le Deputy Director de la Trade Policy Unit, qui fait partie de la délégation mauricienne.
Cause commune
Le ministre Dulloo a aussi eu une séance de travail avec des investisseurs américains. Les opportunités dans l?informatique à Maurice intéresseraient certains opérateurs.
Mais Maurice a un dossier beaucoup plus urgent à défendre à Dakar: le prolongement de la dérogation au third country fabric sous l?Agoa, touchant les produits de la confection. Cette exemption permet aux pays bénéficiaires, dont Maurice, d?importer leurs matières premières des pays tiers, hors de l?Afrique subsaharienne. L?accès à des sources d?approvisionnement d?Asie, par exemple, permet aux fabricants mauriciens de produire des vêtements à des coûts compétitifs et préserver, voire accroître, leurs parts de marché aux Etats-Unis.
Maurice fera cause commune avec ses pairs africains pour obtenir l?obtention de cette dérogation jusqu?à 2015. Le textile-habillement mauricien a grandement besoin de cette facilité. Le volume de vêtements expédiés vers les Etats-Unis a baissé, surtout avec le départ des groupes hongkongais qui desservaient principalement le marché américain.
Maurice bénéficie concrètement de cette facilité depuis février 2005, même si la décision en ce sens avait été prise en novembre 2004.
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