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En dépit du revers électoral, le couple
Schröder-Chirac maintient le cap des réformes MM. Schröder et Chirac n?ont pas éludé la désillusion à l?égard de l?Europe et des réformes qui, ont-ils expliqué lors d?une conférence de presse commune lundi soir, suscitent craintes et mécontentements, comme en ont témoigné les déroutes des partis au pouvoir dans leurs deux nations.
Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, et le président français, Jacques Chirac, ont déclaré lundi 14 juin au soir à Aix-La-Chapelle, lors d?une conférence de presse commune après un entretien d?une heure, vouloir tout faire pour obtenir un accord au sommet de Bruxelles pour une Europe ?efficace?, réaffirmant leur volonté de poursuivre les réformes impopulaires de leurs gouvernements malgré l?affaiblissement de leur gouvernement après les élections européennes. Tant la droite française que la gauche allemande ont été largement battues lors du scrutin européen de dimanche. Avec un peu plus de 23 % des suffrages, le SPD perd 9 points par rapport au scrutin de 1999. En France, l?UMP est très largement devancée par le Parti socialiste, qui obtient 28,89 % des suffrages (contre 16,6 % à l?UMP).
Les deux dirigeants, qui se retrouvaient pour une 19e rencontre informelle, sans ordre du jour préétabli, instituée début 2001 dans le cadre du processus franco-allemand dit de Blaesheim, n?ont pas éludé la désillusion à l?égard de l?Europe et des réformes qui, ont-ils expliqué, suscitent craintes et mécontentements, comme en ont témoigné les déroutes des partis au pouvoir dans leurs deux nations, et plus généralement, ont-ils observé, dans la plupart des autres pays européens, quelles que soient leurs couleurs politiques.
?Il y a un décalage entre le temps de l?effort et celui où l?on en récolte les fruits?, a observé le chancelier au sujet des réformes de l?Etat providence engagées en Allemagne. Il a réaffirmé par ailleurs le caractère historique de l?élargissement aux pays de l?est de l?Europe, qui suscite des peurs d?une partie de l?électorat dans les anciens pays membres.
Le résultat des élections est ?pour moi douloureux?, mais ?cela ne va pas me conduire à remettre en cause la nécessité historique de l?élargissement?, a-t-il martelé.
Le chancelier a confirmé que le cours de ses réformes serait poursuivi, tout comme Jacques Chirac a affirmé que le gouvernement Raffarin devrait poursuivre les siennes avec son soutien.
Jacques Chirac a en effet réaffirmé hier que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ?doit continuer et continuera sa tâche? pour poursuivre les réformes en cours, en dépit du désaveu infligé à l?UMP. Venu à Aix-La-Chapelle rencontrer le chancelier allemand Gerhard Schröder, lui aussi mis à mal par le scrutin européen, Jacques Chirac a affirmé que ces réformes ont été engagées ?dans l?intérêt de la France et de tous les Français. Elles doivent se poursuivre?, a-t-il fait valoir. ?Pour avoir des résultats, l?action gouvernementale doit naturellement bénéficier d?une certaine continuité et s?inscrire dans la durée?, a-t-il ajouté.
Il a souligné qu?au G8 de Sea Island, aux Etats-Unis, ?l?Allemagne avait été citée en exemple pour sa capa-cité à se préparer au monde de demain?.
Sur un autre dossier, celui d?Alstom, après des semaines de frictions entre leurs gouvernements sur les stratégies industrielles à suivre, Chirac et Schröder ont exprimé leur credo en faveur d?une politique industrielle européenne digne de ce nom. Ils ont confirmé qu?une rencontre entre les deux gouvernements aurait bien lieu et annoncé qu?un groupe d?industriels serait formé pour rencontrer informellement et régulièrement les deux gouvernements.
Dans la conférence de presse qui a suivi leur entretien d?une heure, Jacques Chirac et Gerhard Schröder se sont dits confiants que la présidence irlandaise puisse ?parvenir à un résultat positif? pour l?adoption de la Constitution, lors du conseil européen de Bruxelles, jeudi et vendredi.
?L?Allemagne et la France marcheront la main dans la main sur la route européenne?, a dit Jacques Chirac, les deux hommes d?Etat plaidant pour une Europe ?efficace?, reposant pour ses votes sur le système de la double majorité ? Etats et population.
Par ailleurs, le chancelier a expliqué que les élections européennes ?ne faciliteraient ni ne rendraient plus difficile? le choix d?un futur président de la Commission européenne, qui sera l?un des thèmes abordés lors du prochain conseil européen. Il s?est dit convaincu qu?une ?bonne proposition? serait faite par la présidence irlandaise à cet égard, et que le tandem franco-allemand s?efforcerait de la soutenir. Aucun nom n?a cependant été cité.
@ Le Monde News Service
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