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Elle déclare avoir été malmenée par des policiers
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Elle déclare avoir été malmenée par des policiers
Il est 14 heures hier à la New Court House. Des cris percent le silence de la cour. Incompréhension et panique flottent pendant un moment. Puis tout le monde court dans la direction des cris.
Martine Baptiste, une femme de 30 ans, domiciliée à Terre-Rouge et marchande ambulante à la gare de Port-Louis, est assise près des toilettes. Recroquevillée et en larmes. Autour d’elle, deux policières essayent de la calmer. “Mo pa enn vender ladrog, mo enn bon dimoun ! Zot pa gagn droi fer sa ek mwa ! ”, clame-t-elle. A une des policières qui essaye de lui parler, elle crie : “ Les moi trankil ! Zot fouy mwa san permision, mo ena mo travay, mo enn bon fam ! ” Une troupe de badauds s’est approchée de la femme hystérique.
“Kot li ? Kot sa zom kinn fouy moi la? Mo pou b… li ! ” Les deux policières ne parviennent pas à la calmer. Elles décident tout bonnement de la laisser à elle-même. Martine Baptiste recommence à se lamenter : “Ayo, ayo mo pe gagn ner ! Kifer zot fer koumsa ek moi .” Elle finit par se lever. Elle se met à la recherche de celui qui l’a malmenée. Elle court, monte et descend les escaliers. Elle pleure, elle hurle. Alentour, des policiers la regardent. Impassibles. Aucun n’ose l’aborder. De guerre lasse, Martine Baptiste s’accroupit sur les marches. Elle recommence à pleurer.
On finit par apprendre qu’elle devait comparaître en cour la veille mais qu’elle ne s’y est pas rendue. Un mandat d’arrêt a donc été émis contre elle. C’est ce qui explique la raison de sa présence en cour hier. Dans l’enceinte du tribunal, elle se confie à un policier. Le matin, elle est allée à l’hôpital Brown-Sequard pour des soins. “Parski mo latet fatige.” Elle ajoute qu’on lui a donné des comprimés. Une femme assise à côté d’elle entend ces confidences et alerte l’assistant surintendant de police (ASP) Pierre Murugan.
Ce dernier ordonne qu’on emmène Martine Baptiste dans les toilettes pour la fouiller. Quand elle demande la raison d’un tel ordre, on lui répond sans ménagement : “Parski ou ena ladrog lor ou.” Elle proteste mais on en fait peu de cas. La marchande ambulante dit avoir été forcée de suivre l’ASP Murugan jusqu’au quatrième étage. Là-bas, ils sont rejoints par deux policières qui procédent à la fouille. “Zot inn tromatiz mwa, zot inn fouy partou mem dan mo kilot.”
L’ASP Murugan affirme, pour sa part, qu’il n’était pas présent lors de la fouille de Martine Baptiste. Pour lui, ce n’est “qu’une procédure”. “Nous avons eu des informations qu’elle avait de la drogue en sa possession. Nous l’avons fouillée mais pas malmenée.” Mais cette dernière insiste qu’elle lui a reproché de la “traumatiser.” Elle ajoute que l’ASP lui aurait alors répondu “Pou mwa pa nanrien sa si ou mor. Lakour la pa pou kraze”. N’ayant rien trouvé sur elle, l’ASP Murugan serait reparti, la laissant avec les deux policières. C’est à ce moment que la jeune femme craque.
“Demann misie Dev Hurnam sipa mo droge, li konn mwa ! ” En même temps, ce dernier sort du tribunal en compagnie de ses hommes de loi. Elle court vers Hurnam. Il s’arrête, l’écoute et se met en colère. “Vini, dit-il, nou al donn depozision mazistra.”
La troupe retourne dans le tribunal. “Dan mo circonskripsion sa”, lance Hurnam à ses avocats. “I am taking over as counsel.” Martine Baptiste fait sa déposition devant la magistrate avant de se rendre au poste de police Pope- Hennessy, accompagnée de Sanjeev Teeluckdarry et Viren Ramchurn, pour une déclaration formelle.
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