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Echange à trois
Ils ont la gueule de l?emploi et l?ambition qui va avec. Ce sont des jeunes gens avec des c?urs grands comme ça, des garçons bien dans l?air du temps, même si, (chut !), Patrice d?Avrincourt va c?ur battant vers ses quarante ans. Impressionnant, quand on connaît sa fougue derrière les platines, et parallèlement, sa joie de taper (encore), dans le ballon rond.
A ses côtés, David Jay, 27 ans et Henri Fleurant, 29 ans, deux figures de proue du nitelife local. Deux hommes sans extravagance aucune, qui sont les précurseurs de cette vague locale de DJs qui enflamment chaque week-end les boîtes de nuit du pays.
Des soirées comme celles de ce soir, ils en raffolent. C?est l?occasion d?un partage. Entre traditions du deejaying, house, R?n?B, ils proposent également leurs cocktails personnels.
DJ débutant il y a dix ans, voire plus, ils ont chacun, fait leurs premières armes dans les fêtes de copains ou de famille. A chaque fois, la même sensation de bien-être, la même envie de faire bouger la salle. A chaque fois, ils font des miracles sur le dancefloor.
«Cette sensation est unique et indescriptible. Le courant qui passe entre le DJ et ceux qui sont sur le dancefloor ne s?explique pas,» explique David Jay.
«Faire une école apporte un petit plus, mais pour être un bon DJ, il faut être créatif.»
Seul DJ à avoir fait une école, celle de la School of Audio Engineering, en Angleterre, il a étudié pour devenir ingénieur du son. «Faire une école apporte un petit plus, mais pour être un bon DJ, il faut être créatif. Chaque DJ créé son genre, sa musique, à sa manière,» explique David Jay.
Chacun d?entre eux compose leurs propres recettes, ont leur propre secret de fabrication, sans pour autant maîtriser un instrument de musique. Mais dans le fond, ils sont tous à la recherche d?une seule et même chose : la fête à tout casser.
Pour cela, il faut mixer, et encore mixer jusqu?au bout de la nuit. Et chez nous, contrairement à d?autres professionnels d?ailleurs, il vaut mieux ne pas se cantonner à un genre.
Comme les soirées à thèmes sont plutôt rares, nos DJs doivent composer avec tous les genres. «C?est plutôt une bonne chose parce que ça nous permet d?avoir une plus grande ouverture,» explique Henri Fleurant. Mais en même temps, l?absence de spécialisation fait que, par exemple, ils ne sont pas forcément en mesure de composer des morceaux à eux, alors que les DJs à l?étranger, ont cette possibilité.
«Nous avons infiniment de retard sur l?étranger. En même temps, avoir Tom Snare, David Guetta, et bientôt Laurent Wolf, prouve qu?il y a définitivement un pas en avant. Nous avons encore du chemin à faire. Je ne compose pas parce que j?estime ne pas avoir suffisamment de connaissances musicales et surtout parce que je n?ai pas encore l?expérience qu?il faut pour cela,» explique Patrice d?Avrincourt.
Nos DJs veulent pourtant creuser d?autres sillons, malgré l?absence de vraies perspectives dans le domaine du deejaying. «Pourquoi les Beach Parties se font dans les boîtes de nuit ? Alors que nous sommes entourés de belles plages ? » s?interroge avec raison Patrice d?Avrincourt. Si leur métier se popularise de plus en plus, ils restent persuadés que l?on peut faire encore mieux dans la valorisation du métier de deejaying.
«Longtemps on nous a regardés de haut, nous considérant comme des êtres à part ou des noctambules invétérés. Si nous aimons l?ambiance des boîtes de nuit, nous faisons un métier comme un autre. Aujourd?hui les choses bougent, heureusement. On sait qu?il n?y a pas de soirée sans musique et pas de musique pour clubbers avertis, sans Djs,» explique David Jay. «La venue de ces DJs internationaux valorise enfin notre métier,» ajoute Henri Fleurant. «Etre DJ c?est une partie intégrante de ma vie et de ce que je suis. Lorsque je termine une soirée, j?ai besoin de rentrer chez moi pour me poser, comme tout le monde qui revient de son travail,» rétorque Patrice d?Avrincourt.
«On est souvent déphasé par rapport aux emplois du temps des autres.»
Et la vie de famille dans tout cela ? «S?il y a un regret à avoir, c?est de ne pas être libre le week-end, de ne pas avoir une vie sociale en même temps que tout le monde. C?est un peu pour cela que j?ai levé le pied,» précise David Jay. «On est souvent déphasé par rapport aux emplois du temps des autres,» ajoute en riant Henri Fleurant. Mais pas de panique. Chacun d?entre eux a une vie plutôt bien réglée. Stéphanie, une épouse, aux côtés d?Henri, une petite amie pour David Jay et Patrice d?Avrincourt et deux enfants, pour celui-ci : Sean, quinze ans et Laëticia, sa petite princesse de cinq ans.
Parallèlement, Patrice d?Avrincourt est également animateur sur Radio One. « J?ai une vie bien remplie, mais une belle vie. Je n?ai pas à me plaindre.» Idem pour David Jay et Henri Fleurant. Chez eux, il y a souvent une alternance entre calme et excitation des week-ends surchargés et des lundis ternes. Ces DJs, connus pour leur capacité à fédérer les clubbers sur le dancefloor, vont se relayer aux platines, avant de faire des «back to back», des échanges à deux, ou à trois. Ils vont donc tenter de nouveaux mélanges, mais à chaque fois, ils vont proposer des cocktails détonants.
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