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Durgahed : ?C?est dur, dur, dur !?

1 octobre 2006, 00:00

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Ce n?est pas la vie en rose en Angleterre pour notre compatriote Riaz Durgahed, qui a entamé une carrière de boxeur professionnel depuis 2004. Le 15 septembre dernier, il subissait même le premier knock-out de sa carrière face à l?Anglais Billy Corcoran. Le boxeur mauricien n?est pas du genre à baisser les bras, mais confie que « ce n?est pas facile du tout ici ».

Pas facile à tel point que le combat contre Corcoran survenait six mois après son avant-dernier, qu?il avait également perdu. La difficulté à obtenir des combats à une bonne fréquence s?expliquerait par le fait qu?il vient de l?étranger.

« En boxe professionnelle, les Anglais se déplacent pour aller voir les champions de leurs régions. Je ne suis pas un crowd puller, quoique la presse, notamment British Boxing et Sky Sports, a, à maintes fois, fait des éloges à mon égard. Je suis un Mauricien. Je ne suis pas toujours d?accord avec les décisions qui ont été prises contre moi et puis je suis prévenu d?un combat une semaine seulement avant, voire moins, tandis que mon adversaire a, lui, au moins un mois pour se préparer. Mais j?adore ce sport. La boxe c?est ma passion. C?est ce qui me fait vivre et je ne vais pas me laisser aller au découragement », raconte Riaz Durgahed.

Le médaillé d?argent des Jeux des îles de 2003 à Maurice tient à souligner qu?il n?est pas mauvais perdant. « Des six défaites que j?ai subies sur douze combats depuis mes débuts le 29 février 2004, je reste persuadé que j?en ai remporté trois. Oui, on m?a volé ces victoires-là. Je pense particulièrement à mon combat contre Rendall Munroe, le numéro 9 anglais. J?ai soi-disant perdu aux points, par un petit point. Même Boxing News a reconnu dans son rapport d?après-match que j?étais le meilleur ce jour-là.

«Je suis bon»

Ce n?est pas facile d?accepter d?évoluer dans ces conditions, mais si je persiste, c?est par amour pour la boxe. Et puis, c?est mon gagne-pain. Il faut bien que je gagne ma vie », souligne-t-il.

Douze combats en plus de deux ans dans le circuit professionnel, ce n?est pas bon du tout. Riaz « The Razor », comme il est appelé dans le milieu en Angleterre, donne une explication. « J?ai remporté mon premier combat par K.-O. technique. Puis j?ai gagné mon deuxième contre Dennis Buster, classé 12e. Depuis cette victoire, les combats se font rares. Je comprends que les managers ne veulent pas que leurs poulains se battent contre moi, car je suis bon et je ne le dis pas par arrogance. Par la suite, c?est devenu difficile, car pour la plupart de mes combats, soit j?ai été appelé à la dernière minute pour remplacer un boxeur qui a déclaré forfait, ou alors, comme je l?ai dit, je suis averti cinq jours avant le combat. La boxe professionnelle est ainsi faite, mais pour gagner, il faut aussi se préparer convenablement pour un combat. Un mois à l?avance au moins », insiste-t-il.

Aux jeunes qui aspirent à passer professionnel un jour, Riaz ne les décourage pourtant pas. « Si vous voulez vous lancer, il faut d?abord avoir de la persévérance. Il faut croire en vous et il faut avoir un mental de fer pour se battre continuellement, savoir prendre les coups, être capable d?évoluer dans un monde où on ne vous fait aucun cadeau et surtout, avoir l?amour pour la boxe. Plus important, il vous faut avoir un sponsor, ce qui fait que vous aurez alors tout le temps pour vous entraîner et ne faire que ça », conseille-t-il.

Cette capacité à évoluer dans ces conditions difficiles, Riaz Durgahed la doit à son passage au sein de la sélection nationale de Maurice. « J?ai une pensée spéciale pour Jean-Claude Nagloo, Judex Bazile et les autres. Ce sont eux qui m?ont inculqué la discipline et c?est grâce à tout ce qu?ils m?ont enseigné, que ce soit pour la boxe ou dans la vie, que j?arrive à faire face à la dure vie en Angleterre. Je dis merci à tout ce monde à l?Association mauricienne de boxe amateur et j?en profite aussi pour faire un bisou à ma mère », conclut le pugiliste.

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