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Drogue : le vibrant récit d?Anneline Mouton

15 juin 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Je suis innocente. On m?a piégée.? Lors de sa comparution en cour d?assises hier, la Sud-Africaine Anneline Mouton n?a pu contenir son émotion. Tout en plaidant coupable d?avoir importé à Maurice 674,6 g d?héroïne dans ses chaussures, elle a éclaté en sanglots. Elle a présenté ses excuses à la juge Ah Foon Cheong.

A son arrivée en cour hier matin, Anneline Mouton est pourtant tout sourire. Et pour cause. Elle rencontre ses proches qu?elle n?a pas revus depuis son arrestation à l?aéroport SSR, le 30 juin 2002. Ces derniers ont fait le déplacement pour suivre le procès et la soutenir. Avant le début du procès, la Sud-Africaine paraît détendue et discute avec ses parents.

Une fois dans le box des accusés, elle se crispe. A l?appel de son nom, elle se lève et plaide coupable. Non pour trafic de drogue, motif pour lequel elle est poursuivie, mais pour importation d?héroïne. Le parquet, représenté par Me Rajesh Ramloll, Principal State Counsel, accepte. La prévenue écoute ensuite, une demi-heure durant, sa déposition lue par l?inspecteur Goonraj de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu).

Anneline Mouton, 28 ans, est Information Technology Clerk. Elle rencontre, en juin 2002, un dénommé M. Tee dans un café où elle se rend souvent. Ils se lient d?amitié. La jeune femme projette alors de venir en vacances à Maurice. La voyant consulter des brochures, Tee lui confie qu?il connaît bien l?île et qu?il y compte de nombreux amis. Il lui donne l?adresse d?hôtels sur le littoral Ouest.

Tee va même plus loin. Il lui donne son numéro et lui demande de l?appeler si son projet de se rendre à Maurice se confirme. Deux semaines avant son départ, elle le contacte et l?informe de la date du vo-yage. Il lui donne rendez-vous au restaurant Nando, à Cape Town. Elle accepte.

<B>De l?héroïne dans les chaussures</B>

Tee prévoit de venir la rejoindre à l?aéroport afin de lui remettre une paire de chaussures pour un ami mauricien. Une nouvelle rencontre est prévue pour le 26 juin 2002 au coffee shop habituel. Anneline ne peut s?attarder car elle doit aller s?acheter des chaussures. Tee propose de l?accompagner. Elle n?y voit aucune objection. N?ayant pas sa pointure en magasin, le gérant lui demande de passer une commande. Ce qu?elle fait.

Galanterie ou bonté sans bornes ? Tee passera prendre les chaussures et les lui apportera à l?aéroport, en même temps que celles de son ami mauricien. Le jour du départ, il arrive à l?aéroport 15 minutes après Anneline et lui remet un sac contenant deux bouteilles de liqueur. Un colis que son ami devrait passer prendre.

Tee lui donne ensuite les chaussures qu?elle a commandées mais lui demande de les porter à la place de celles qu?elle a déjà. Elle s?exécute, voulant lui faire plaisir. Tee lui demande alors, en lui promettant de lui en acheter une autre paire dès son retour, de remettre les nouvelles chaussures à son ami. A son arrivée à Maurice, elle est cueillie par des membres de l?Adsu. On découvre de l?héroïne dans ses chaussures.

La juge Cheong fera connaître son jugement ce matin. L?accusée est défendue par Me Raouf Gulbul.

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