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Dissolution de l?Assemblée et ?Demain l?espoir? du RPL

25 décembre 2006, 00:00

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Le 17 décembre 1981, le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, dissout l?Assemblée législative, élue par le scrutin du 20 décembre 1976. On savait cette dissolution imminente et certains journaux pronostiquaient même un rappel de ses membres pour que cette dissolution puisse se faire. Il ne se fait pas car le GM est de nouveau minoritaire en raison de l?absence du pays de trois ministres.L?annonce d?une simple dissolution par le gouverneur général prend plusieurs députés à contre-pied.

Celui-ci procède, bien sûr, à cette dissolution sur recommandation du Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Le chef de l?opposition, Anerood Jugnauth, fait partie des premières personnes à être averties de cette dissolution.

Le leader du Parti travailliste convoque une réunion des membres de sa défunte et fragile majorité parlementaire. Il leur annonce la dissolution de l?Assemblée législative et la fin de leurs mandats parlementaires. Bien sûr, les ministres demeurent en fonction jusqu?aux prochaines élections législatives, tout comme les secrétaires parlementaires. D?où la mine réjouie des uns, malgré la gravité de la nouvelle de la dissolution, et celle dépitée des simples députés.

?L?express? note que le gouverneur général a 55 jours pour publier le ?writ of elections?, soit jusqu?au 10 février 1982. Il devra par la même occasion fixer le jour des prochaines élections législatives.

Paul Bérenger invoque la section 56 de la Constitution, prévoyant qu?il n?est pas permis de laisser passer un laps d?un an sans convoquer les membres de l?Assemblée législative. Celle-ci s?est réunie pour la dernière fois le 16 juin 1981. Il se fonde sur cet article constitutionnel pour prédire que les prochaines législatives auront lieu avant le 16 juin 1982. Le PSM d?Harish Boodhoo se réjouit de la fin de la situation d?incertitude qui prévalait à ce jour.

L?annonce de la dissolution de l?Assemblée législative, issue du scrutin du 20 juin 1982, coïncide avec la date à laquelle son secrétaire, M. Guy Tursan d?Espaignet, fait valoir ses droits à la retraite. Il sera remplacé par son adjoint, M. Maurice Bru.

La dissolution de notre Assemblée législative marque aussi l?entrée en chômage de certains députés, qui ont démissionné de leur précédent poste professionnel, avant de se porter candidats aux élections législatives du 21 décembre 1976. Elus, ils se sont contentés de leurs rémunérations parlementaires qui tarissent toutefois à la fin de décembre 1981. Ce tarissement est d?autant plus inopportun qu?ils ont devant eux un semestre de campagne électorale, synonyme de multiplications quotidiennes de dépenses imprévues et inévitables si le candidat désigné ne veut pas passer pour le dernier des pingres aux yeux des agents politiques et autres militants ?coaltar?.

Le Parti travailliste récupère, bien sûr, l?annonce de la dissolution de l?Assemblée législative, pour tenter un énième effet d?annonce, du genre ?le parti est déjà en campagne, occupe depuis des mois le terrain, sur lequel il compte une avance décisive sur ses adversaires?. L?homme de la rue traduit plus prosaïquement :? Le PTr ne peut plus remettre à demain la nécessité de se mettre au boulot s?il veut rattraper son retard sur le MMM/PSM? Mais un politicien n?a que faire de l?opinion d?une population sur son parti et sur son invincibilité.

En revanche, cette dissolution parlementaire ne prend pas au dépourvu le RPL (Rassemblement pour le Progrès et la Liberté) de Philo Blackburn qui publie ?Demain l?espoir?, son manifeste électoral. Il s?agit d?un document de 140 pages d?une densité certaine. Trois volets distincts analysent la situation mauricienne : la décentralisation et la régionalisation, l?économie mixte et la réalité quotidienne que le RPL s?engage à remodeler si l?électorat veut bien lui confier le gouvernement de l?île Maurice. Le RPL refuse de croire que l?île Maurice soit devenue un royaume d?aveugles où les borgnes sont rois. ?Demain l?espoir? se base sur les réalités et le potentiel mauriciens. Le RPL veut construire un socialisme aux couleurs mauriciennes. Il souhaite que la responsabilité, la compétence, l?imagination et le bon sens dirigent notre pays.

?Demain l?espoir? a nécessité des centaines d?heures de travail de la part de toute une équipe de collaborateurs. Ce document servira de base à toute action du RPL. Il organisera, à partir de janvier 1982, des congrès et des séminaires pour faire connaître la richesse de son programme d?action. ?Demain l?espoir? se veut la réponse du RPL à la méfiance prévalant à Maurice, en 1981, à l?égard de la classe politique traditionnelle. Son incompétence et son incohérence ont fini par mettre le doute et la méfiance dans l?esprit des Mauriciens.

Le RPL souhaite que davantage de pouvoirs et de responsabilités soient confiés aux collectivités locales afin de briser l?étau de la centralisation abusive. Le drame du gouvernement travailliste sortant est d?avoir perdu contact avec la population mauricienne, conclut-il.

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