Publicité
Dev Hurnam admis à l?hôpital
CETTE journée pas comme les autres au tribunal aura été une dure épreuve. Après les débats sur sa motion de remise en liberté conditionnelle, Dev Hurnam s?est senti mal. Il a été admis dans l?après-midi aux soins intensifs de l?hôpital du Nord, à Pamplemousses, après avoir été examiné à l?hôpital Jeetoo à Port-Louis. L?avocat parlementaire souffre d?une poussée de tension artérielle et les médecins ont décidé de le garder en observation.
C?est vendredi que l?avocat parlementaire Dev Hurnam saura s?il sera remis en liberté conditionnelle ou non. Les débats sur la motion présentée par la défense ont pris fin hier. Le magistrat Lutchmee Parsad Aujayeb, qui a présidé aux débats, fera connaître sa décision dans deux jours.
Alors qu?il quittait l?enceinte de la New Court House, Dev Hurnam a été pris d?un malaise subit. Il a demandé aux policiers qui l?escortaient de l?emmener à l?hôpital car il ne sentait pas bien et ressentait de fortes douleurs. Les enquêteurs l?ont emmené sur-le-champ à l?hôpital Jeetoo.
Une fois sur place, toujours sous forte escorte policière, Dev Hurnam a subi un électrocardiogramme. Après cet examen, les médecins ont décidé de le transférer au centre de cardiologie de l?hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam pour d?autres soins. Dev Hurnam y a été admis et a subi d?autres examens.
Etat stable
Vers 18 h 30, on pouvait noter une forte présence d?éléments de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) et de la Special Supporting Unit dans l?enceinte du centre de cardiologie. Ces derniers observaient les moindres faits et gestes de ceux qui entraient dans le centre sous la supervision du surintendant Vinod Appadoo de l?Adsu.
Peu avant 19 h 45, le parlementaire Jyaneshwar Jhurry, colistier de Dev Hurnam, est venu lui rendre une visite. Il devait passer une quinzaine de minutes à l?intérieur. A sa sortie, Jyaneshwar Jhurry a déclaré qu?il avait vu Dev Hurnam et que ce dernier était mal en point. ?Hurnam a actuellement besoin de repos. Je ne saurais vous dire si son état de santé est grave ou non. Je ne peux que souhaiter qu?il se rétablisse au plus vite?, nous a-t-il déclaré.
Un des avocats de Dev Hurnam, Me Sanjeev Teeluckdharry était également sur les lieux. L?express a appris, de sources médicales du centre, que l?état de santé de l?avocat parlementaire est stable. Mais, comme il est admis à l?unité des soins intensifs il n?est pas autorisé à recevoir des visites. Il est placé sous la surveillance de policiers de l?Adsu.
?La cour ne peut se fier à un complice?
Dev Hurnam est provisoirement accusé d?avoir comploté pour agresser le Senior Puisne Judge (SPJ) Bernard Sik Yuen et d?avoir donné des instructions pour assassiner l?inspecteur Hemandass Ghoorah et un autre officier de police. Le suspect a été arrêté vendredi dernier à la suite des allégations faites contre lui par Antoine Chetty, le chauffeur du notaire Vinay Deelchand.
Me Désiré Basset, Senior Counsel, qui assure la défense de Dev Hurnam avec Mes Sanjeev Teeluckdharry et Viren Ramchurn, a plaidé pour que son client bénéficie de la présomption d?innocence. Il a argué que la cour ne peut se fier à la version d?un complice, en l?occurrence Antoine Chetty, pour refuser de libérer son client sous caution.
Me Basset a repris hier le contre-interrogatoire de l?assistant surintendant de police (ASP) Pierre Murugan de l?Adsu). Répondant à ses questions, l?ASP Murugan a expliqué qu?il n?avait pas été en mesure d?obtenir d?Air Mauritius des informations sur la réservation faite par le SPJ Sik Yuen pour Rodrigues.
Avez-vous essayé d?avoir ces informations d?une autre source ?
? Non. Selon le manager d?Air Mauritius, ces informations ne pourront être communiquées à la police que dans deux ou trois semaines étant donné que les archives de la compagnie d?aviation nationale se trouvent en France.
Me Basset : C?est formidable.
? Toutefois je peux confirmer que la réservation du billet du SPJ a été faite le 4 avril 2001.
Donc c?est le 4 avril 2001 que le SPJ a confirmé son ticket pour Rodrigues ?
? Il y avait une réservation à cette date.
Y a-t-il une distinction entre réservation et confirmation d?un billet ?
? Oui.
A la question de l?avocat qui voulait savoir si le SPJ Sik Yuen a confirmé son billet pour Rodrigues le 4 avril 2001, Me Bobby Madhub, Acting Assistant Parliamentary Counsel, y a objecté. Il a fait remarquer que l?enquête de la police n?a pas encore été bouclée et que son confrère est en train de faire des déductions (inferences).
Me Basset n?est pas de cet avis et ajoute que son client est détenu à la suite des allégations de Chetty. Selon ce dernier, Dev Hurnam connaissait à l?avance le départ du SPJ Sik Yuen pour Rodrigues. L?avocat indique que son client a quitté Maurice le 23 mars 2001 et a regagné le pays le 16 avril 2001. Me Basset ajoute que le témoignage de l?accusation n?est pas fiable (unreliable).
Le magistrat tranche en faveur de la poursuite en rejetant la question de la défense.
Selon l?enquête et la version de Chetty, les instructions pour assassiner les deux officiers de police ont été données avant le voyage du SPJ Sik Yuen à Rodrigues ?
? Oui.
C?est-à-dire avant le 10 avril 2001 ?
? Oui.
L?ASP Murugan explique que, selon Chetty, il n?a pu identifier les deux officiers de police. Le plan n?a donc pu être exécuté.
Selon Chetty, le plan était d?abattre les deux policiers avant et d?agresser ensuite le SPJ Sik Yuen ?
? Initialement, oui.
Comment se fait-il que Chetty ait rencontré Dev Hurnam après le 22 mars alors que ce dernier n?était pas au pays ?
? Selon Chetty, il aurait rencontré Hurnam quelques jours avant de se rendre à Rodrigues.
D?après le registre de la réception au bureau de l?avocat, Chetty est venu le voir le 22 mars 2001 ?
? Oui.
Quand est-ce que l?enquête concernant Dev Hurnam sera bouclée ?
? Il y a plusieurs choses à vérifier.
Le témoin a confirmé l?appréhension de la police que, si Dev Hurnam est libéré, il pourrait s?en prendre à des témoins. La raison est qu?un témoin a déjà reçu des menaces de mort. Il ajoute qu?il n?y a aucune preuve que ces menaces proviennent de Dev Hurnam mais que la CID enquête sur cet incident. Il déclare également que le casier judiciaire d?Antoine Chetty est vierge.
Appelé à la barre, Dev Hurnam indique qu?il a consigné quatre dépositions pour réfuter les allégations d?Antoine Chetty. Il dit avoir coopéré avec les enquêteurs. Il donne la garantie que, s?il est libéré sous caution, il respectera toutes les conditions imposées par la Cour. L?avocat explique que les allégations contre lui sont vagues, injustes, gratuites et non fondées.
L?affaire Maigrot cité
Dans sa plaidoirie, Me Basset invite le magistrat à accorder la liberté provisoire à son client en invoquant la présomption d?innocence. Il réitère sa conviction que le témoignage de la poursuite est ?unreliable? car c?est la version d?un complice. Dev Hurnam, dit-il, a nié en bloc les accusations portées contre lui par Antoine Chetty
L?avocat de la défense cite l?affaire Bernard Maigrot pour soutenir la thèse que son client doit être remis en liberté sous caution. L?argument de la police selon laquelle l?enquête n?est pas encore bouclée ne tient pas et ne peut justifier la détention prolongée de son client. L?accusation qui pèse sur ce dernier est vague et la police se fie à la version d?un complice pour objecter à sa libération, soutient-il.
Dev Hurnam avait été libéré sous caution dans l?affaire de hold-up de la State Commercial Bank de Grand-Bois. L?avocat a respecté toutes les conditions imposées et s?est présenté régulièrement en cour, a soutenu Me Basset.
Me Madhub argue que les charges portées contre le suspect sont cette fois très graves. A ce stade, il ne faut pas entrer dans les ?merits? de l?affaire car il ne s?agit que d?une caution. La nature des témoignages dessert le suspect, dit-il. Il ajoute que la cour peut agir sur la version d?un complice. Il invite donc le magistrat à rejeter la demande de Dev Hurnam. Il se prononcera vendrerdi.
AFFAIRE DEELCHAND
La motion de remise en liberté du notaire renvoyée
Il est fort possible que la motion de remise en liberté du notaire Vinay Deelchand qui devait être débattue au tribunal de Curepipe aujourd?hui soit renvoyée. La raison est que sa déposition n?est pas encore terminée. Il devra encore être interrogé sur les allégations d?Antoine Chetty sur des tentatives de meurtre dans lesquelles il serait impliqué.
Le notaire Deelchand a été arrêté le dimanche 28 mars à son retour de Madagascar suite aux allégations d?Antoine Chetty concernant un trafic de drogue. Le notaire Deelchand a nié y être impliqué. Selon lui, c?est un coup monté d?Antoine Chetty, qui n?est plus en bons termes avec lui. Il a expliqué aux enquêteurs de l?Adsu qu?il s?était rendu dans la Grande-Ile pour des transactions foncières.
Poursuivant leur enquête, les limiers de l?Adsu abordent chaque volet des allégations d?Antoine Chetty séparément. Hier c?était au tour d?Anwar Toorabally de donner une déposition sur l?incendie impliquant sa voiture en août 2000 à la rue Shakespeare, à Port Louis. Cette déposition s?est effectuée en présence de son avocate, Me Heema Dawoonauth.
Trois personnes, soupçonnées d?avoir mis le feu au 4x4 d?Anwar Toorabally, ont été arrêtées au début d?avril par l?Adsu. Il s?agit de Sandip Appadoo, Dharmanaden Sambon et Mahendra Choonea. Ils sont les directeurs d?Agnis Property Co Ltd, une compagnie engagée dans des transactions immobilières, et les partenaires d?affaires de Vinay Deelchand. Ils ont été arrêtés après qu?Antoine Chetty a allégué qu?ils lui avaient donné des instructions pour mettre le feu au garage d?Anwar Toorabally en août 2000.
La raison de ces représailles serait, selon Antoine Chetty, qu?Anwar Toorabally avait manifesté son mécontentement au notaire Deelchand après avoir constaté des irrégularités dans la vente de son terrain à Bois-Pignolet, à Terre Rouge, en 1994.
Anwar Toorabally n?aurait encaissé qu?une partie du prix de la vente, soit Rs 1,6 million sur un total de Rs 3 millions. Il avait exprimé son intention de porter l?affaire en justice pour réclamer réparation de Vinay Deelchand.
D?autre part, la requête de Vinay Deelchand d?interdire à la presse de faire état de l?évolution de l?enquête le concernant a été entendue hier. La juge Premila Balgobin a renvoyé les débats au 6 mai.
Publicité
Publicité
Les plus récents