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Deux nouveaux cas humains de grippe aviaire en Turquie

8 janvier 2006, 20:00

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Les deux nouveaux cas humains de grippe aviaire ont été diagnostiqués dans l?est de la Turquie, où trois enfants d?une même famille ont succombé ces derniers jours à la maladie, confirme la Commission européenne. A Genève, Maria Cheng, porte-parole de l?OMS, a confirmé que deux enfants, un de cinq ans et un de huit ans, étaient atteints par le virus H5N1, ajoutant qu?ils étaient hospitalisés.

La commission européenne a fait savoir que son laboratoire de Weybridge, en Angleterre, avait confirmé que la souche du virus découvert en Turquie était bien le H5N1. Une équipe de médecins de l?OMS dépêchée en Turquie pour enquêter sur ces premiers cas humains à avoir été enregistrés aux marches de l?Europe, était bloquée à Ankara par le brouillard.

Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a exhorté ses compatriotes à ne pas cacher leurs volailles, vouées à la destruction pour tenter d?endiguer une épizootie de grippe aviaire. Des habitants de l?est de la Turquie, où trois enfants ont succombé cette semaine à cette maladie, réclament davantage d?aide pour la collecte des volailles vers les lieux d?abattage.

?Nous nous sommes adressés aux autorités, mais elles ne viennent pas prendre nos poules. Je ne peux les apporter moi-même. Je n?ai pas d?argent?, confiait un homme d?âge moyen à Dogugayazit, la ville proche des frontières arménienne et iranienne où vivaient les enfants décédés.

Un journaliste de Reuters a pu voir des poules continuant de déambuler dans les rues et des volatiles tentant d?échapper au personnel chargé de les emporter dans de grands sacs pour les enterrer vivants dans des puits.

Erdogan a déclaré que le gouvernement prenait toutes les mesures nécessaires et avait alloué des fonds pour combattre la propagation de la maladie, a rapporté la télévision CNN Türk. Il a exhorté la population à ne pas cacher sa volaille, assurant que tous seraient indemnisés pour leurs pertes. Un volailler s?est, lui, plaint de ce que le gouvernement verse entre sept et neuf livres (5,25 à 6,75 dollars) d?indemnisation pour une dinde qui se vend normalement 30 livres sur le marché.

Les experts surveilleront la situation pour détecter d?éventuels signes de mutation du virus qui lui permettrait de se transmettre facilement de personne à personne. Une telle évolution pourrait déclencher une pandémie provoquant des millions de morts et causer d?énormes pertes économiques.

Evoquant les cas humains diagnostiqués en Turquie, le Dr David Nabarro, coordinateur de l?Onu pour la grippe aviaire, a déclaré à CNN : ?Jusqu?ici, nous n?avons encore aucune preuve de changement qui nous rapproche de la pandémie.?

Le ministère turc de l?Environnement et des Forêts a interdit la chasse aux oiseaux sauvages dans tout le pays et il a demandé aux chasseurs d?éviter tout contact avec eux.

En dépit des efforts du gouvernement, des habitants ont déploré que bien qu?ils aient demandé de l?aide, les volailles restent des jours sans être évacuées.

Quatre membres d?une famille de Sanliurfa, près de la frontière syrienne, tombés malades après avoir consommé la chair de poulets malades, sont en observation à l?hôpital, a dit un responsable. Une famille de sept personnes, dont cinq enfants, originaire d?Ardahan, dans l?est du pays, a, elle, été hospitalisée samedi à Istanbul.

?Pas de grippe aviaire dans la ville?

Dans plusieurs endroits, des habitants font état d?hôpitaux bondés et se plaignent de n?être pas soignés de manière adéquate par les médecins qui les renvoient chez eux après les avoir examinés sommairement. Dans d?autres régions, les ventes de volailles se poursuivent comme d?ordinaire et des habitants disent même douter de l?existence de la maladie. ?Il n?y a pas de grippe aviaire dans cette ville?, a assuré un homme qui venait d?acheter une dinde à un marchand ambulant, exhibant la volaille devant les caméramen. ?Ces rumeurs de grippe aviaire sont répandues intentionnellement pour augmenter les ventes d?agneau. Il n?y a aucun problème avec nos volailles?, assurait pour sa part un commerçant.

Un correspondant de Reuters à Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, a rapporté que l?on continuait d?y tuer des poulets dans la rue, devant des enfants.

VIRUS H5N1

Précédents cas

■ Hulya Kocyigit était âgée de onze ans. Elle était la petite soeur des deux adolescents de quatorze et quinze ans eux aussi infectés. Tous les trois ont succombé à la grippe aviaire. Leur petit frère, âgé de six ans, a lui aussi été hospitalisé pour des symptômes identiques. L?Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que trois enfants étaient bien morts de la grippe aviaire dans l?est de la Turquie, a fait savoir vendredi le ministère turc de la Santé.

Les trois enfants vivaient dans une région rurale de l?est de la Turquie, près de la frontière arménienne. Il s?agit des premiers cas mortels de la grippe aviaire chez l?homme en dehors de l?est de l?Asie. Depuis fin 2003, le virus hautement pathogène H5N1 de la grippe aviaire a tué 74 personnes en Asie du Sud-Est et en Chine. Certaines des victimes avaient joué avec les têtes coupées de volatiles contaminés, ont rapporté des médecins.

Le médecin chef de l?hôpital de Van, où les trois enfants avaient été admis, a déclaré sur ?CNN Türk? que 23 personnes au total, des enfants pour la plupart, étaient en soins dans son établissement pour présomption de grippe aviaire. ?Quinze d?entre elles sont alitées, dont une est dans un état critique. Huit sont capables de se déplacer?, a-t-il précisé.

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