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Des responsables français épinglés dans le crash du Concorde

26 août 2005, 00:00

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Un complément d?expertise dans l?enquête sur Concorde met en évidence des responsabilités françaises dans le crash du supersonique en juillet 2000, apprend-on auprès d?avocats des parties civiles.

Selon Valeurs actuelles, qui a révélé l?information, ce rapport pourrait déboucher sur de nouvelles mises en examen, notamment de responsables du groupe d?aéronautique et de défense EADS et de la Direction générale de l?aviation civile (DGAC).

Me Roland Rappaport, l?un des avocats des parties civiles, a confirmé à Reuters la remise de cette expertise au juge Christophe Regnard, qui instruit le dossier de l?accident qui a fait 113 morts. EADS n?a pas commenté cette information dans l?immédiat.

En outre, le magistrat instructeur a convoqué les parties civiles le 31 août pour faire le point de l?instruction et leur annoncer ses intentions, a précisé Me Claire Hocquet, qui représente avec Me Rappaport la famille du commandant de bord et le Syndical national des pilotes de ligne.

Selon Valeurs actuelles, un responsable d?EADS et plusieurs personnes de la DGAC risquent une mise en examen pour ?homicide involontaire?.

?Défaut important? de l?appareil

?Ensemble, exploitants, autorités et constructeurs ont failli sur le point de mettre en place un système de report d?incidents et donc de ?retour d?expérience efficace??, lit-on dans un extrait du rapport. ?Des responsabilités sont mises en évidence du côté du constructeur et de la DGAC. Il apparaît très clairement que le suivi de navigabilité n?a pas été fait de façon satisfaisante?, a déclaré Me Claire Hocquet.

Pour les parties civiles, le dossier aborde une phase cruciale après la mise en examen en mars dernier de la compagnie Continental Airlines en tant que personne morale pour ?homicides involontaires et blessures involontaires?. Il s?agissait des premières poursuites, plus de quatre ans après l?accident du Concorde F-BTSC d?Air France. La thèse de l?origine du crash reste toujours celle d?une lamelle de titane qui serait tombée sur la piste de Roissy.

Un rapport d?enquête remis aux parties civiles en décembre a mis au jour un ?lien de causalité directe? entre l?éclatement du pneu du Concorde, avant qu?il ne s?écrase, et cette lamelle tombée d?un DC-10 de la compagnie américaine Continental Airlines.

Mais les experts ont également mis en cause un ?défaut important? du Concorde, signalé depuis 1979 mais auquel ni le constructeur, ni les autorités administratives n?ont remédié.

En outre, des ?imperfections? ont été relevées en matière d?encadrement et de formation des équipages de Concorde. Le rapport des experts judiciaires de décembre dernier soulignait une série d?incidents, voire d?accidents survenus tout au long des vingt-cinq années d?exploitation du supersonique. Selon ce rapport, 67 ruptures de pneus ont été enregistrées sur des Concorde avant 2000, 24 ont provoqué des impacts sur la carlingue et dans sept cas les réservoirs de carburant ont été percés.

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