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Des mentors pour les PME

26 mai 2006, 00:00

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Il aura fallu 19 ans pour qu?Iraja Ramsamy prenne son courage à deux mains et fonde son entreprise. ICS Limited existe depuis un an seulement, mais ce professionnel de l?électricité se heurte déjà à plusieurs problèmes. A commencer par la gestion d?un fonds de roulement qui ne dépendrait plus des caprices des clients.

?Certains clients prennent des mois avant d?honorer leurs engagements mais entre-temps, je suis obligé de payer mes employés et mes fournisseurs?, explique le patron de cette entreprise spécialisée notamment dans l?électricité, la climatisation et l?installation de systèmes d?alarmes.

Souvent lâchées comme des gladiateurs dans l?arène, les petites et moyennes entreprises (PME)ont désormais un soutien. Depuis hier, la Mauritius Employers Federation (MEF) et le Human Resources Development Council (HRDC) leur proposent d?avoir recours à des mentors.

Une douzaine de professionnels expérimentés leur serviront ainsi de guides. L?objectif est d?aider les PME à surmonter des limites communes par rapport à la gestion, au marketing, aux finances et l?accès à l?information entre autres.

?J?essaie de me libérer autant que possible pour suivre les cours ou séminaires de formation. Avoir un mentor est différent car cette personne pourra me guider tout en me faisant profiter de son expérience?, soutient Iraja Ramsamy.

L?initiative de la MEF et du HRDC vise à améliorer les compétences des chefs d?entreprises afin de transformer les PME en un moteur de croissance. Maurice veut suivre la tendance mondiale mais sait qu?elle a encore des efforts à faire. Les PME ont créé environ 45 000 emplois durant la dernière décennie. Elles emploient 43 % de la main-d??uvre.

?Les PME ne peuvent plus opérer en isolation. Elles sont appelées à créer encore plus d?emplois et générer davantage de croissance économique à l?avenir?, souligne Mookheshwarsing Gopal, président de la MEF.

Réticence des banquiers

Pour avoir accès au Mentoring Scheme, on n?est pas obligé d?être affilié à la MEF. Il suffit de se présenter à la fédération pour obtenir le soutien nécessaire. L?aide peut varier d?un simple conseil par téléphone ou e-mail jusqu?à une analyse complète de ce qu?il faut faire pour mieux gérer ses finances, améliorer son marketing ou réorienter son entreprise. Encore faut-il que les PME prennent la perche tendue.

?Il est impératif de savoir pourquoi les entreprises ne semblent pas intéressées à profiter du training levy. L?an dernier, seulement 5 % des petites sociétés en ont profité?, affirme Dharam Gokhool, ministre de l?Education et des Ressources humaines.

Alors que l?Union européenne financera une étude du HRDC sur l?utilisation du training levy, Iraja Ramsamy a une partie de la réponse. Il est au four et au moulin car son entreprise ne peut employer que sept personnes et un personnel payé à la tâche.

Il s?occupe également de la gestion et fait souvent face à la réticence des banquiers pour le financement. Sans compter que la paperasse administrative ne fait que l?embêter.

?Il y a une habitante de Bois-des-Amourettes qui a attendu deux ans avant d?avoir un permis pour lancer son business. C?est inacceptable. Un homme d?affaires doit pouvoir démarrer son business un jour après avoir demandé son permis. Après tout, c?est lui qui prend les risques. D?ailleurs, si les fonctionnaires qui révisent son dossier étaient de tels connaisseurs, ce sont eux qui auraient dû être des businessmen?, lâche Rajesh Jeetah, ministre de l?Industrie.

Le Mentoring Scheme permettra d?affûter les compétences des chefs d?entreprises. L?Etat mise beaucoup sur les PME mais sait qu?il y a encore des obstacles à aplanir. Le succès dépendra de la volonté des entrepreneurs. Comme Iraja, ils n?ont pas l?intention de reculer une fois qu?ils se seront jetés à l?eau.

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