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Des fonctionnaires contre la Mauritius Revenue Authority

30 juin 2004, 20:00

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Avant même son entrée en vigueur en janvier 2005, la création de la Mauritius Revenue Authority (MRA) ne fait pas l?unanimité. A la réunion de mobilisation des syndicats, hier, la tension est tangible tant le mécontentement est grand. Les fonctionnaires de la douane, de l?Income Tax, du Registrar, de la Taxe sur la valeur ajoutée et du Large Tax Payers finissent par lancer un ultimatum au gouvernement : ouvrir les négociations dans les quatorze prochains jours ou subir grèves et manifestations.

Toolsyraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil, organisation qui regroupe les départements mentionnés ci-dessus, fustige le changement prochain du statut des fonctionnaires. Il trouve inacceptable que ces derniers aient à repondre à une MRA dont les dirigeants sont nominés et gérés par le ministère des Finances et non la Public Service Commission. Celle-ci jouit d?une certaine autonomie, explique Toolsyraj Benydin. ?Nou pa kapav les gouvernment zoué ar nou. Sa kalite reform la nou pa bizin.?

Ses propos sont accueillis avec enthousiasme, surtout lorsqu?il fait ressortir que le receveur des douanes, Bert Cunningham, est canadien. Selon lui, la privatisation de leurs secteurs est une preuve que le gouvernement a cédé à la pression du Fond monétaire international et de l?Organisation mondiale du commerce.

Le gouvernement avance pour sa part que la MRA facilitera la coordination entre les départements précités. Mais pour Radhakrishna Sadien, président de la State Employees Federation, la MRA est ?une façon de réduire le nombre des fonctionnaires?. ?Ce gouvernement anti-fonctionnaires a envie de créer une structure pour mettre les gens à la porte?, déplore-t-il. Autre sujet abordé: l?incohérence entre la récente annonce de créer de nouveaux emplois à la douane alors qu?une privatisation imminente guette le secteur.

Les syndicalistes sont déterminés, les menaces de grève fusent et l?idée de descendre dans les rues fait son chemin. La solution semble bien loin...

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