Publicité

Des conteneurs dans les plantations

19 avril 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les petits planteurs de la ?Belle-Mare Water Users Cooperative Society? partent en guerre contre ceux qui empiètent sur leurs plantations d?oignons. Comme ils opèrent dans le cadre du Small Scale Irrigation Project, ils ont référé ces cas à l?Irrigation Authority. Mais jusqu?à présent, la situation n?a guère changé.

Le plus grave cas d?occupation illégale des espaces cultivés a été découvert en février dernier.

Une firme engagée dans la construction d?un hôtel dans la région de l?hôtel Ambre a mis sept conteneurs utilisés pour le stockage des matériaux de construction et comme bureaux dans des plantations.

?Cinq petits planteurs, Gauganah Gooniah, Parmawtee Uppeegadoo, Haroon Cader, Kamlawtee Ramhit et Jeenarain Jhooreea, sont directement pénalisés par cette situation. Nous demandons au ministère de l?Agriculture de faire une nouvelle délimitation des Pas géométriques et des terres de l?Etat à Belle-Mare, surtout avec la récente construction des campements et des hôtels à proximité de la plage. De cette façon, les planteurs pourront y voir plus clair?, propose Shyam Seegoolam, président de la société.

Quelque 500 petits planteurs de légumes, principalement d?oignons, exploitent une superficie de 217 hectares de terres de l?Etat à Belle-Mare. Ils paient une location allant de Rs 1 600 à Rs 1 700 l?arpent à l?Irrigation Authority. ?En 2004, des petits planteurs ont déjà renouvelé leur contrat pour sept ans. Une partie des terres est sous culture de légumes depuis plus de 50 ans alors que le reste a été redistribué en 1986-87?, précise Shyam Seegoolam.

Dans une correspondance adressée au ministère de l?Agriculture en date du 14 février 2004, l?Irrigation Authority fait état des plaintes des planteurs contre la firme de construction qui abattait des arbres et créait une voie d?accès en vue de la construction de l?hôtel. Elle précise qu?au cours d?une visite des lieux le 8 février, le site agent l?a informée que le promoteur avait obtenu un bail et une voie d?accès de 12 mètres sur la plage du ministère de l?Agriculture. Les plantations de cinq planteurs sont affectées, dont deux tiers de la plantation de Jeenarain Jhoreea.

Le 1er mars, l?Irrigation Authority écrit au promoteur pour l?informer que la firme de construction a empiété sur des plantations et de faire enlever immédiatement les sept conteneurs. ?Plus d?un mois après, nous attendons toujours que la firme de construction enlève ces conteneurs. Plusieurs planteurs sont pénalisés par cette situation?, explique Shyam Seegoolam.

Des taxis dans des plantations

Ces planteurs, dont Naushad Jahalia, Deonarain Ishwaraj, Bhaktadas Munoruth Bissessur et Jagoo Chuturgoon, accusent des chauffeurs de taxi opérant aux abords des établissements hôteliers d?utiliser des plantations comme aire de stationnement. A deux endroits spécifiques en face des établissements hôteliers, des taxis sont garés dans des plantations.

?Nous demandons à la National Transport Authority de vérifier s?il y a d?abord des espaces pour le parking avant d?accorder des patentes de taxi. Un problème d?hygiène se pose aussi. Car ces chauffeurs n?hésitent pas à uriner dans nos plantations de piments et de bringelles. Ils ont souvent un langage ordurier et ne respectent pas les femmes qui travaillent dans les plantations?, déplore Shyam Seegoolam.

Aussi loin qu?en avril 2002, l?Irrigation Authority avait rejeté une demande d?une association de taxis pour la construction d?un abri en face d?un établissement hôtelier de la région.

Les coopérateurs produisent 1 000 à 1 500 tonnes d?oignons par an. Mais ils ont beaucoup souffert des récentes pluies. ?Nous aurions dû planter les semences d?oignons en mars, mais jusqu?en avril nous n?avons pu le faire. Etant donné que ce condiment est saisonnier, nous prévoyons une chute conséquente du rendement et des risques de maladie jusqu?à la prochaine récolte en septembre-octobre?, affirme le président de la société.

IRRIGATION

Les nouvelles pompes insuffisantes

■ Les coopérateurs déplorent que les travaux de réhabilitation à la station de pompage de Poste-de-Flacq sous le programme de diversification rurale de l?IFAD, n?aient toujours pas été complétés. Cette station date de 1986 et tombait souvent en panne.

?Les travaux ont démarré en septembre 2004 et auraient dû être achevés en un mois. Mais nous sommes en avril 2005 et ils n?ont toujours pas été complétés?, déplorent Shyam Seegoolam.

Les trois anciennes pompes ont cédé la place à deux nouvelles, mais les planteurs estiment qu?elles sont insuffisantes. ?Nous sommes pénalisés parce que la plupart du temps, nous n?arrivons pas à arroser les plantations?, se plaint le président de la coopérative. Autre problème : le disjoncteur installé par le CEB déclenche tous les jours après seulement 90 minutes de pompage. ?Entre-temps, les planteurs souffrent. Après le récent cyclone, nous devront mettre les semences en terre, mais nous nous retrouverons à court d?eau. Un kilo de semences d?oignons coûte Rs 2 500, mais s?il n?y a pas suffisamment d?eau, nous allons tout perdre avec la chaleur qui prévaut?, explique-t-il.

Publicité