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Des étudiants racontent le SRAS
Virginie Chung Tak Mew, depuis trois ans à Singapour, vient tout juste de terminer ses études en Business and IT. Elle obtient son diplôme en août, mais ce ne n?est pas de sitôt qu?elle quitte le pays. Car elle doit maintenant y travailler, comme l?exige le gouvernement singapourien qui verse un subside d?environ 20 % aux étudiants.2001. Virginie, fraîchement débarquée à Singapour, est vite assaillie par le mal du pays. Et les doutes... « Je savais ce que je voulais faire de ma vie, mais je me demandais si j?avais pris la bonne décision. Au fur et à mesure que le temps passait, je me suis fait des amis. Ainsi je me suis sentie moins seule. »
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu?à mars 2002. Un matin, en allumant sa radio, Virginie apprend que le Syndrome respiratoire aigu et sévère (SRAS) a commencé à toucher Singapour. « Ma première question a été de savoir s?il fallait porter un masque. Puis j?ai décidé de ne pas en porter. Je savais que la maladie était dangereuse, mais je considérais qu?on dramatisait la situation. »
Virginie et les autres étudiants mauriciens prennent leurs précautions. Ils évitent les lieux publics, foyers de propagation de l?épidémie. Ils prennent leurs repas à domicile et ils bannissent le cinéma.
Aux restrictions qu?ils s?imposent, s?ajoute une augmentation du coût des légumes. C?est la pénurie. Mais à Maurice, leurs familles s?inquiètent. « Mes parents m?ont appelé pour me recommander de ne pas sortir. Il fallait les rassurer », raconte Wilfrid Lan Chew Wing. A l?université, des mesures spéciales sont prises. Chaque matin, on prend la température des étudiants. Ceux qui viennent de Chine ou d?un récent voyage, sont mis en quarantaine. Les échanges d?étudiants se font moins longs et les voyages non prioritaires sont déconseillés.
« A l?église, au lieu de se donner la main pour le signe de paix, on se regardait et on se courbait comme les Chinois pour éviter les contacts. A la communion on prenait l?hostie dans la main» explique Virginie. Les jeunes Mauriciens suivent attentivement les émissions sur le SRAS. « Si l?un d?entre nous était malade, on lui recommandait de voir un médecin. Nous ne sortions pas beaucoup car nous étions en révision. Lorsqu?un étudiant sortait du campus, il devait déposer une somme de mille roupies qui lui était restituée après qu?il avait subi les examens habituels pour détecter des symptômes du SRAS », explique Alister Lam Kam Cheung. « Les examens ont été repoussés et le nombre de candidats avait diminué. Là aussi, on a pris des précautions », ajoute Virginie.
Cela dure jusqu?en mai. A la fin du mois, Singapour, ayant rapidement maîtrisé et isolé la maladie, est enlevé de la liste des pays contaminés par le SARS. La vie reprend alors son cours même si des traces subsistent tout de même. Les escalators sont nettoyés plus souvent de même que les centres commerciaux. La propreté, qui fait la fierté du pays est aussi une arme?
Nos cinq étudiants sont tout heureux de recommencer une vie normale. Ils se disent convaincus qu?il n?y a pas de risque d?infection. D?ailleurs les parents de Virginie et la mère d?Alister seront présents en août pour la remise de diplômes. « Si nous avions le moindre doute, nous n?aurions certainement pas accepté qu?ils viennent. » Parole d?Alister !
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