Publicité
Des élections législatives, vraiment ?
Le deuxième tour des élections législatives a eu lieu hier. On ne le croirait pas à regarder les journaux télévisés. Sur France 2, David Pujadas énumérait, la semaine dernière encore, les grands sujets du jour : l?alerte aux orages dans l?est de la France, l?accident d?un autocar transportant des enfants sur l?autoroute A 4, le suicide au pistolet en plein tribunal d?un homme qui venait d?être condamné pour le viol de sa fille, la visite de Nicolas Sarkozy en Pologne, la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, la liste des joueurs français sélectionnés pour la Coupe du monde de rugby... Il fallait attendre un quart d?heure pour en venir aux législatives. On voyait François Fillon à la tribune du meeting de l? Union pour un Mouvement Populaire (UMP), porte de Versailles, à Paris. ?Est-ce la faute des citoyens si du parti de la rose ne restent que les épines, les luttes de clans, les règlements de comptes et les couteaux tirés ??, s?interrogeait le Premier ministre.
C?était ensuite le tour de Ségolène Royal en déplacement à Toulouse. On la voyait, munie d?un haut-parleur, apporter son soutien aux salariés grévistes de la société de téléphonie mobile SFR. On la voyait, mais on ne l?entendait pas. Histoire sans doute de l?ancrer un peu plus dans sa conviction que les médias la traitent cavalièrement.
C?était un peu mieux sur TF 1. Les législatives arrivaient au bout de douze minutes. Après les images du meeting UMP de la porte de Versailles, non seulement on voyait Ségolène Royal, mais on l?entendait. Elle était dans le petit avion qui lui sert pour ses ultimes étapes de campagne. ?J?essaye d?en faire le maximum, en fait, surtout dans les circonscriptions dans lesquelles certains candidats qui m?ont beaucoup aidée, beaucoup soutenue, sont dans des perspectives assez serrées?, disait-elle. Et cette fois, on entendait ce qu?elle disait aux grévistes de SFR. ?Vous avez raison de vous mobiliser. Finalement, il n?y a aucun coup de pouce pour le pouvoir d?achat des salaires. En revanche, dès que les élections seront passées, on sait ce qu?ils préparent : c?est une augmentation de 5 % des impôts sur la consommation?, disait-elle.
La principale information de cette fin de campagne avait lieu hors du champ des caméras. C?était un communiqué écrit de l?Elysée. Le président Sarkozy ?n?acceptera aucune augmentation de la TVA dans sa forme actuelle qui aurait pour effet de réduire le pouvoir d?achat des Français?, disait ce texte. Le projet de TVA ?sociale? commençait à devenir le seul et unique cheval de bataille des socialistes. On le leur retire au dernier moment. L?élection présidentielle a passionné les Français. C?est peu dire que les législatives ne les ont guère intéressés. Les journaux télévisés n?y ont rien changé. Au contraire.
Dominique DHOMBRES
Publicité
Publicité
Les plus récents