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Dead or Alive
Les lettres DOA imprimées en grand sur l?affiche pourraient faire penser à un remake du remake de Dead On Arrival, célèbre thriller de 1950 (repris en 1969, puis en 1988 ; la première version est la meilleure). Dead Or Alive, film sino-germano-américain réalisé par Corey Yuen, est en fait une adaptation d?un jeu vidéo apparemment populaire. Ce film a au moins le mérite d?être sincère dans son absence totale de prétention. Cela est évident dès les premières images : un palais à l?architecture chinoise tout en numérique, avec une animation d?une indigence rarement vue, même dans les plus fauchées des séries B. Mieux encore : ce palais à l?architecture d?inspiration chinoise abrite une princesse japonaise répondant au doux nom de Katsumi. Celle-ci est incarnée par une actrice qui non seulement ne ressemble pas à une Japonaise mais en plus déclame ses répliques comme l?aurait fait une écolière pas très douée. Dès le tout début, le message des auteurs de Dead Or Alive aux spectateurs est très clair : ils ne prétendent nous impressionner ni par la qualité des images ni par celle de l?interprétation. On aura rarement vu telle modestie au cinéma.
Les autres interprètes principales font, elles aussi, preuve de cette même modestie, bien qu?elles cèdent par moments à des accès d?orgueil qui font qu?elles jouent leur personnage avec quelque chose approchant le naturel. Elles se contentent d?exhiber une pastique qui ne les distingue en rien des autres interprètes que l?on voit généralement dans ce genre de production. C?est d?ailleurs par égard à leur modestie que leurs noms ne seront pas mentionnés.
On mentionnera par contre Eric Roberts dans le rôle de l?affreux de service. C?est le frère de Julia et aussi un habitué des séries télé, et le fait qu?il ait ici juste un peu plus de prétention (c?est-à-dire qu?il est juste moins mauvais) que les autres expliquerait qu?il soit moins connu que sa s?ur.
Les scénaristes affichent, eux aussi, une absence totale de prétention, à moins qu?il ne s?agisse d?un renoncement total. Un renoncement total à toute forme d?effort, cela s?entend. Il y avait, quoiqu?on en dise, une histoire dans Lara Croft, ou même quelque chose qui ressemblait à un scénario dans le premier Resident Evil. Ici, rien : suivant le plan du jeu vidéo, le film suit les étapes du concours de sports de combat jusqu?à ce que seules les quatre héroïnes demeurent. Lorsque celles-ci mettent à jour une sinistre machination, nous avons droit à un brin de science-fiction et entre deux séances de castagne, nous avons droit à des moments sortis tout droit de La Croisière s?amuse(excusez la référence). C?est à peu près tout.
DOA est un film qui lorgne manifestement du côté de Drôles de Dames, mais sans jamais arriver à cette désinvolture qui finissait par charmer. En plus d?un quatuor d?héroïnes dotées d?un certain charisme, il aurait fallu à ce film une certaine légèreté et une certaine grâce. On s?en approche plus ou moins dans une ou deux scènes de combat, mais celles-ci finissent vite par devenir lassantes et c?est peut-être la raison pour laquelle nous avons droit à un match de volley-ball filmé comme un combat. Qui plus est, l?action se déroulant sur une île tropicale, ce film parvient à ne jamais nous montrer de paysage, restant confiné dans une forteresse. Certains ont parlé de Huis-Clos de Jean Paul Sartre dans une salle de musculation. En fin de compte, DOA est un film qui à force de ne prétendre à rien du tout, finit par n?arriver à rien du tout.
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