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Date d?expiration : quelle fiabilité ?
RAMA achète un paquet de pistaches salées chez un marchand ambulant opérant à la gare d?autobus. En les goûtant, il leur découvre une odeur rance. Pourtant, la date d?utilisation optimale de ce produit n?a pas expiré. De nombreux consommateurs ont certainement vécu cette expérience désagréable d?avoir été floués. Ils se demandent de plus en plus s?ils peuvent se fier aux dates d?expiration indiquées sur les étiquettes.
Le sens de la débrouillardise des Mauriciens a permis de nombreuses initiatives dans la production de produits alimentaires. Utilisant les moyens de bord, des petits producteurs ?maison? mettent sur le marché les traditionnels moulkous, les pistaches salées, grillées, les grammes kaboulies, les achards de fruits et de légumes? la liste est inépuisable. Si de plus en plus de commerçants se conforment aux dispositions du Food Act en apposant une étiquette sur leurs produits, cette dernière néanmoins ne porte pas toutes les indications requises par la loi. Même si certains négligent parfois, qui la liste d?ingrédients, qui le nom du fabricant, qui l?adresse du fabricant, la date d?expiration, elle, n?est généralement pas oubliée. Mais le constat est indiscutable : aucune autorité ne dispose de la compétence voulue pour vérifier si un produit peut vraiment préserver ses qualités organoleptiques jusqu'à la date indiquée. Les producteurs eux-mêmes ne semblent pas disposer de moyens fiables pour déterminer la période pendant laquelle un produit alimentaire est propre à la consommation.
Selon une nutritionniste que le Porte-Monnaie a interrogé, il existe un moyen simple pour déterminer la date d?utilisation optimale d?un produit. Le fabricant devrait conserver dans des conditions normales quelques échantillons de son produit; à intervalles réguliers, disons chaque trois mois, il fait goûter une petite partie des échantillons et évaluent les qualités organoleptiques du produit. Cet exercice répété à intervalles réguliers permet de déterminer jusqu?à quand le produit conserve sa saveur. Si le produit est préservé, disons au-delà d?un an, la date d?expiration peut être fixée à un an de la date de production. Mais, peut-on attendre de commerçants pressés de voir fructifier leurs investissements qu?ils s?embarrassent d?un tel exercice ?
Dans un autre domaine, l?ICP a relevé une nouvelle stratégie adoptée par certaines grandes surfaces pour écouler sans se faire épingler des produits dont la date de péremption a expiré.
Des dattes sans date
En effet, contrairement à la tendance de tout vendre en préemballé, modifiant ainsi le comportement des consommateurs, certains grands commerçants ont adopté une stratégie à rebours. Il s?agit de débarrasser les produits dont la date a expiré de leur emballage et de les écouler en vrac dans des bacs disposés autour d?un kiosque destiné à regrouper ces produits, le tout visant à confier un cachet rustique au coin. Cette pratique, pour le moins malhonnête, a été relevée par l?ICP dans un hypermarché des Plaines-Wilhems. Lors d?une tournée dans cette grande surface, nous avons relevé des paquets de dattes préemballés avec des larves à l?intérieur du paquet. Dans d?autres, des insectes morts étaient collés aux dattes. Les dattes d?autres paquets contenaient une sorte de sciure brune identique à celle qui dégouline du bois pourri. Cela concernait un lot d?une cinquantaine de paquets importés de France et proposés en promotion. Nous avons attiré l?attention du chef de rayon sur cette anomalie. Il a immédiatement retiré les produits des rayons. Pris d?un doute, nous l?avons interrogé sur la provenance des dattes vendues en vrac quelques mètres plus loin. Décontenancé, il a confirmé que ces dattes provenaient de barquettes dont la date avait expiré antérieurement...
Interrogé a ce sujet, l?Acting Principal Consumer Protection Officer du ministère du Commerce nous confirme que cette pratique est illégale. ?Tout produit dont la date a expiré doit être retiré du rayon et détruit?, précise-t-il. Il nous a aussi confirmé que la Consumer Protection Unit y veillera de près.
Pour ne pas être en reste, un autre hypermarché de la même région aurait inventé la pratique de vendre en vrac des biscuits déballés et mis en vente promotionnelle en barquettes, ainsi que des confiseries à la cuiller.
Dans un autre ordre d?idées, les consommateurs s?interrogent sur la qualité des mets préparés dans certaines grandes surfaces. Nombreuses sont celles qui aujourd?hui vendent des mines frites, du riz frit, des caris et autres vindayes. Les mets restés la veille sont-ils remis en vente le lendemain ? C?est la question que le Porte-Monnaie se pose depuis qu?on a trouvé, à une dizaine de minutes de la fermeture du magasin, du riz frit de la valeur d?une dizaine de plats toujours en vente. L?ICP soutient que les hypermarchés devraient se limiter aux produits préemballés ou précuits. La vente de mets préparés sur place devrait être interdite.
Finalement, dans l?intérêt des consommateurs, les autorités sanitaires devraient instituer un système de certification pour déterminer le shelf life d?un produit, ainsi qu?un système de traçabilité permettant de vérifier si un aliment est conforme aux conditions requises pour la certification.
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