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Dans l?ombre de Buckland
Août 2003. Natacha Gopaul, 30 ans, regarde les Mondiaux d?athlétisme de Paris à la télévision, et c?est alors que son attention est attirée par un Mauricien, Stéphan Buckland, qui dispute la finale du 200 mètres.
« Ce serait bien qu?on puisse travailler ensemble. Il a un potentiel fou? », se dit-elle, sans oser imaginer que, dans quelques mois, ce souhait spontané, motivé par sa passion du sport et plus particulièrement par sa profession de physiothérapeute, allait se concrétiser. Cela grâce à Nicolas Ménagé, le manager local de Stéphan Buckland, à l?origine de leur rencontre. Eh oui, le hasard fait bien les choses.
En début d?année, Natacha Gopaul, thérapeute et spécialiste en traumatologie neuro-musculaire, analyste en biomécanique et sur la dynamique des mouvements sportifs, se jette dans l?aventure Buckland.
Et là, elle travaille sur trois axes fondamentaux avec l?athlète mauricien : optimiser le potentiel de Stéphan, faciliter sa récupération et dynamiser ses forces mentales.
« Physiothérapeute est un terme générique, un peu vague. Un physio n?est pas un masseur », insiste Natacha Gopaul.
« Un physio, c?est un professionnel qui a la connaissance de l?ensemble du corps humain, surtout des données musculaires, osseuses et neuro-musculaires et qui a les compétences pour optimiser leurs fonctionnements », approfondit-elle. Impressionnant tout ça?
« Pour faire simple, le physio est un mécanicien du corps humain. L?outil de travail de l?athlète c?est son corps, et mon travail c?est d?optimiser son outil de travail », simplifie-t-elle.
Le sport, sa raison de vivre
Une boulimique du boulot, un caractère et surtout une soif d?apprendre et une curiosité à toutes épreuves, Natacha Gopaul ne laisse certainement pas insensible.
« La connaissance, ça se cultive, ça ne tombe pas du ciel ! », insiste-t-elle.
Le sport, c?est sa raison de vivre et on le sent bien lorsqu?elle en parle? Ne pas parler de sport, ne pas tenter de convertir quelqu?un au sport serait une véritable torture pour elle. Sa passion prend le dessus et il est difficile de l?écarter de ce sujet.
Ancienne triathlète de haut niveau, bien qu?ayant mis un terme à sa carrière de sportive, Natacha Gopaul ne peut s?empêcher d?aller, chaque jour, à la rencontre de l?eau. Elle nage quotidiennement : « J?ai le sport dans la peau », rigole-t-elle.
Aujourd?hui encore, alors que toute l?île Maurice reste subjuguée devant le phénomène Buckland et pense qu?il a déjà accompli l?impossible, Natacha Gopaul reste persuadée que notre spécialiste du demi-tour n?a pas encore dévoilé tout son potentiel.
« Etre un athlète, ce n?est pas seulement avoir des capacités physiques hors du commun. C?est aussi être à l?écoute, accepter d?apprendre, avoir un esprit généreux et loyal, faire des sacrifices, toujours chercher à se surpasser. J?ai retrouvé en Stéphan toutes ces qualités, je crois beaucoup en son potentiel et à ses capacités à progresser », soutient cette Française mariée à un Mauricien.
Cette dernière croit tellement en Stéphan Buckland qu?elle s?est rendue à Athènes à ses propres frais à l?occasion des Jeux olympiques.
« C?est pour le respect du travail fait ensemble que j?ai décidé de me rendre à Athènes. Pour moi, travailler en équipe, c?est être présent dans les moments les plus importants de la compétition », affirme-t-elle avant d?ajouter : « Dans la vie, on ne fait pas que des choses par rapport à l?argent. Et puis, merci à mon père pour m?avoir aidée à financer ce voyage?»
?A Maurice, on a de très grands athlètes?
Mais à Athènes, Natacha Gopaul a vécu une drôle d?aventure. Elle obtient péniblement les droits d?accès au village pour s?occuper de la préparation de Stéphan Buckland. Et c?est au petit bonheur, avec comme seule motivation la passion, que la professionnelle poursuit son travail essentiel auprès de Stéphan Buckland. Difficile, en effet, de travailler dans de bonnes conditions quand on n?a pas accès au village.
« Une grande déception autour de l?organisation du groupe », souligne-t-elle.
Mais, déterminée et fonceuse, elle a offert à Stéphan Buckland le meilleur d?elle-même alors que quelques soubresauts organisationnels, dans le camp mauricien, auraient bien pu déstabiliser l?athlète.
Outre la pression de l?échéance olympique, Stéphan Buckland a dû faire face à la démotivation engendrée par l?attitude incompréhensible et inacceptable des pseudos dirigeants mauriciens. Il faudrait, en effet, que nos dirigeants comprennent, enfin, que l?île Maurice ne va plus aux Jeux pour de la figuration mais pour des objectifs bien précis, comme la finale, voire la médaille.
Fort heureusement, Natacha Gopaul a pu compter sur certaines personnes à Athènes. « Chapeau bas à Raffick Nubee et Anand Suckraj, les vrais pros de cette mission, toujours présents, du matin au soir », confie-t-elle.
Maintenant que les Jeux sont finis, Natacha Gopaul poursuit son combat pour la promotion du sport de haut niveau à Maurice.
« Les athlètes ont soif d?apprendre, mais ils ont peu de moyens mis à leur disposition. Les thérapeutes sont privés, les séances coûteuses. L?alimentation équilibrée coûte cher à Maurice», explique-t-elle avant de conclure : « A Maurice on a de très grands athlètes. De ce fait, il faudrait mettre en place des conférences sur la santé et l?hygiène du sportif, des cours de biomécanique à la portée de tous, une prime plus élevée. Il ne faut pas oublier que, par l?intermédiaire de ces athlètes de haut niveau, Maurice a une promotion gratuite sur des chaînes à grande écoute. Ça vaut le coup de les récompenser ! »
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